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28 Février : Un soleil mourant pour un soleil naissant


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10 réponses à ce sujet

#1 Posté 09 February 2018 - 07:14 PM Par Arcturus

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Arcturus avait été prévenu, le message lui avait été transmis avec un peu de retard mais cette information l'avait dévasté...Les choses avaient pris une tournure qu'il ne souhaitait pas et la situation commençait à lui échapper...L’échec de ces deux entreprises eurent des effets retentissants pour le Mécène et ses machinations. Le français se sentait perdu, il disposait de plus de ressources et de moyens que ses ennemis mais il n'était pas plus avancé...la situation devait rapidement revenir à son avantage et malgré la pression, Arcturus se devait de rester calme et de maintenir sa mascarade intacte, un détail qui flanche et sa couverture pourrait être compromise...Hors de question, autant d’erreurs cumulées pousserait le Mécène à prendre des décisions mauvaises pour tout le monde...Enragé par l’échec, il choisit à la fin de la journée, de sortir une de ses bouteilles de vin et une petite boite d'une de ses valises et de descendre à la cafétéria. Il était un peu plus de 18h, le soleil se couchait lentement, illuminant la salle d'un reflet oranger, Arcturus y était seul : D'habitude, la porte est fermée à clé entre les heures de repas mais ayant commencé à payer la cuisinière depuis son arrivée à l'école, il avait obtenu plusieurs avantages, comme un double de la clé de la cafétéria. Arcturus s'y rendait pour travailler au calme, pour gérer ses affaires ou pour profiter d'un peu de silence et de tranquillité. Mais cette fois, il fût moins prévoyant que d'habitude et oublia de fermer la porte la clé, heureusement, la majorité des élèves étaient à l’extérieur des bâtiments, à faire des duels, leurs devoirs ou à se promener, profitant de toutes les subtilités de l'école et de son campus. Arcturus posa sa bouteille de vin sur une table, se rendit dans la cuisine, alla chercher un seau à glace, enfonçant une rangée de glaçons et d'eau froide dans ce dernier et retourna dans la salle. Il s'installa, ouvrit sa petite boîte qui contenait tout le nécessaire de sommelier : Thermomètre, ouvre-cachet et tire-bouchon et deux verres à vins. Il prit la bouteille et l'ouvre-cachet qu'il utilisa pour découper le sceau de la bouteille, il prit ensuite le tire-bouchon et retira le petit cylindre de liège imprégné de l'arôme du vin et en respira l'odeur, savourant le parfum puissant, soyeux et gouleyant de ce Château Lafite 2001...Il glissa le thermomètre dans la bouteille avant de glisser la bouteille dans le seau pour laisser le vin rafraîchir pour arriver à la température idéale pour ce vin. Une fois que tout fût mis en place, Arcturus s'assit face à l'immense baie vitrée donnant sur le soleil couchant, admirant silencieusement son vin et le dernier soleil de Février se coucher sur Thôjo...Quelques secondes de rêveries et une silhouette féminine prend place dans le champ de vision du français, le soleil illuminant le dos de son interlocutrice, impossible pour lui de la reconnaître à première vue...de plus...il y a fort à parier, vu son état, qu'il n'en a aucune envie...

- Vous êtes là depuis combien de temps, professeur ?



#2 Posté 09 February 2018 - 10:15 PM Par Yüki

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Le soleil couchant, les rayons orangés percent les grandes baies vitrées de la cafétéria, un soupçon de mystère et de secret englobe la pièce, cherchant vraisemblablement un moyen pour déstabiliser la nouvelle personne qui vient de prendre place dans le décors immobile, figé dans le temps, vide de tout sens et intérêt, sans vie. La jeune femme était là, à contempler cet étudiant perdu dans ses pensées bien sombres, ne remarquant qu'à peine son interlocutrice qui est là depuis quelques temps. Elle se demande ce qu'elle doit faire, discuter ou gronder. L'alcool étant interdit aux étudiants et le fait de rentrer dans une pièce censée être fermée à tous, sauf pendant les heures d'ouverture, ravivent ce penchant de mère en colère. Elle semble septique le temps d'un instant imperceptible aux yeux des autres, cet instant où elle a fait un choix conventionnel selon sa propre vision du monde. Ce nouveau chapitre offrait un beau tableau, celui d'une femme éblouie de dos par la lumière divine rendant un côté presque mystique de la personne, et ce jeune homme dans l'ombre des ténèbres, se plongeant dans ses songes les plus obscures qui soient. La lumière et les ténèbres, la pureté et la monstruosité. Tous deux sont là, surement à se repentir de leur dernier pêché autour du fruit interdit qui a pris l'apparence d'une bouteille de vin. Mais les apparences sont parfois trompeuses, ce n'est pas une déesse qui se dresse devant ce jeune homme, ce n'est pas non plus une professeure.

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Une lueur de surprise scintille dans les yeux de Nozomi. "Olala... Je ne m'attendais pas à me faire confondre avec ma collègue !" Elle s'esclaffe, brisant ce côté morbide et froid que donne les meubles inanimés de la cafétéria. "Je suis là depuis quelque temps, une minute voire deux ou même peut être depuis le début. Mais toi que fais-tu là ?" Joyeux est sa voix, fougueux sont ses mots. Nozomi ne peut s'empêcher d'être ce qu'elle est depuis toujours, une charmeuse de haut niveau. Même si ce terme gonfle les chevilles de mademoiselle, elle en reste persuadée de l'être et de ne pas l'être. Sa façon d'être est quelque chose qui lui dépasse quelque peu. Ai-je voulu être comme ça, ou suis-je comme ça de naissance ? Se questionne-t-elle. Elle ne connait pas la réponse. Cependant, elle sait qu'elle aime être ce qu'elle est car c'est son destin qui lui en a voulu ainsi.

La tête de l'étudiant se tourne, arquant ainsi un sourcil signifiant apparemment une surprise accrue. "Oh...Madame la Secrétaire, pardonnez-moi." Un sourire bienveillant se dessine lentement sur le visage de la jeune cartomancienne, pensant surement que discuter est la meilleure solution ; Pour ne pas dire qu'elle adore ça. Après tout, la parole est une arme qui peut renverser une armée entière : Comme pour cet homme cité dans les légendes des plus fantastique. Celui qui, avec la seule force de sa parole, a arrêté deux armées qui était prête à combattre, ce geste des plus anodin et qu'on peut résumer d'inutile, a réussi à renverser le destin d'un pays entier. "Appelle-moi Nozomi, les 'madame' me frustre terriblement." Dit-elle en balançant sa main légèrement, faisant faussement mine d'être gênée accentuant ainsi son côté espiègle envers son nouveau partenaire de jeu.

"Simple notion de courtoisie française" Réplique-t-il tout en se levant de son trône et tirant élégamment la chaise qui se trouve en face de lui, invitant ainsi galamment la secrétaire à s'asseoir. Nozomi ne peut s'empêcher de sourire face à ce geste devenu habituel pour elle repensant à l'élan de galanterie du déchu ; A croire que tout homme essaye de montrer la même image. Ce qui ne lui déplait pas, au contraire, elle en joue terriblement pour ceux qui ont la fâcheuse tendance à oublier, créant ainsi des têtes plus rouges que des tomates, gênés d'avoir oubliés ce geste devenu presque obligatoire. Nozomi chercha un surnom pour ce jeune homme plein de bonté extérieure. Le français pense-t-elle simplement ; Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ? Une phrase que Nozomi garde toujours sous le coude, c'est sa marque de fabrique.

La jeune femme prend place sereinement sur la chaise tirée, mettant à la seconde qui suit une jambe sur l'autre. "Tu ne m'as toujours pas répondu à ma première question" En effet, il ne lui a pas répondu. Gare à ceux qui essaye de détourner les questions et de donner d'autres réponses inappropriées car elle a le moyen de vous faire retourner ça contre vous, tel un croche pied tendu dans l'ombre du couloir, invisible et pourtant bien présent. La jeune secrétaire se demande surtout, comment ? Comment avait-il fait pour avoir les clefs de la cafétéria ? "Je viens siroter un bon verre de vin devant un magnifique couché de soleil, j'ai l'autorisation de la cuisinière, elle m'a donnée une clé, je viens souvent seul à la cafétéria pour travailler en paix ou tout simplement pour réfléchir" Une autorisation ? Se demande troublée. Elle chercha les multiples moyens d'obtenir ces clefs, passant par le vol de celles-ci au chantage… Au final elle abandonna l'idée de chercher et préféra reprendre la conversation sur l'une de ses manières préférées. "Ah bon ? Je ne savais pas qu'elle était de ce bord" La malice embellit son joyaux appelé sourire, comme à son habitude, elle cherche à déstabiliser.

"De ce bord ? Je ne vois pas tellement le rapport mais bon...si vous le dites..." Aucune gêne, aucune réaction quelque peu déplacée, rien. Nozomi fut vite déçue car son stratagème ne marche pas comme elle le veut. Pour une première, la jeune secrétaire se trouve devant un mur sans émotion ; Qui a le don de parole cela-dit. "Hmmm... Tu n'es pas mal à l'aise dès le début, tu me plais toi !" Dit-elle accompagné de ce qui la suis depuis toujours, son sourire et ses couettes violettes. Cependant, son sérieux revient vite au galop avec pour destrier un tueur de mensonge, prêt à balayer les moindres erreurs commises par son adversaire : Les règles. "Et... Qu'est-ce qu'un élève fait avec de l'alcool dans l'académie ? C'est censé être interdit n'est-ce pas ?" Le jeune français répondit au tac au tac, comme des phrases pré-enregistrées qui sont conçues pour sortir au bon moment au bon endroit. "Je pense que moralement parlant, ce n'est pas très responsable mais sur le plan purement administratif, ce n'est pas dans le règlement. De plus, je n'en fais pas commerce, j'en consomme hors des heures de cours, j'ai plus que l'âge requis pour en acheter et pour en boire, je suis toujours modéré, les occasions sont rares et pour finir... j'en ai vraiment besoin ce soir..."

Une réflexion intense parcours une nouvelle fois l'esprit de la secrétaire. Gronder ou parler ? Une nouvelle fois, elle devait faire un choix sans réel impact sur sa vie intime mais qui en avait sur le professionnel. Un deal Pense-t-elle d'un coup d'un seul, comme une idée éclair prête à l'emploie et qu'il fallait mettre tout de suite sur le tapis afin de ne pas l'oublier. Dans un claquement de main elle annonce ce qui peut être le début d'une grande conversation. "Si tu me dis ce qu'il t'arrive alors je fermerais les yeux cette fois-ci !" Un deal entre un démon et un ange. Un pacte autour du Graal interdit tandis que les ombres dansantes du destin se jouent de leur ignorance.



#3 Posté 09 February 2018 - 11:42 PM Par Arcturus

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En règle générale, Arcturus n'est pas quelqu'un qui s'ouvre facilement, honnêtement, totalement et sans arrière pensée...Il n'a jamais été vraiment franc, ni vraiment rassuré car il vit de mensonges, de tromperies, de manipulations et de vices. Nozomi était une femme étrange et le français n'avait jamais vraiment compris par où commencer avec elle...Peut-être tout simplement, ne voulait-il pas savoir ou peut-être qu'il n'a jamais su comment faire. Ce ne sont pas des questions qu'il se pose, sans oublier qu'il ne se reproche jamais rien, qu'il ne regrette jamais ses choix et ses décisions, bonnes ou mauvaises...Mais comment arrivait-il à se pardonner ce qui était advenu à Jeremiah ? Le Mécène était responsable du Nuage, responsable de sa sûreté et il avait échoué. Ce constat était on ne peut plus douloureux pour le français qu'il ne pouvait l'admettre et fidèle à sa réputation, il devrait faire avec et vivre avec le fait qu'il a consciemment chargé son ami de cette mission, pensant qu'il serait à la hauteur...Alors quand Nozomi posa sa question...

- Mon meilleur ami est dans la merde jusqu'au cou. Dit-il en sortant délicatement le thermomètre de la bouteille.

- 11.4, parfait.

Il essuya délicatement le thermomètre et le rangea dans la boîte à l'emplacement qui lui était destiné et servit deux verres de vin, reposant la bouteille dans le seau avant de pousser l'un des deux verres à sa base vers la secrétaire.

- Château Lafitte 2001, un vin rouge bordelais de haute cuvée.

La jeune femme prit le verre par le ballon, le tenant par la paume, faisant tournoyer le liquide noir-rouget et admirant sa robe sombre, jouant de la lumière pour observer son éclat.

- Il n'est pas dans cette académie j'imagine... C'est un problème de quel niveau ? Dit-elle en regardant Arthur.

Le Mécène tenait son verre au dessus de sa tête, le soleil offrait un reflet vermeille et clair au visage du Français qui s'efforçait de ne pas craquer.

- Médical.

- Oulà... Je comprends ton état actuel alors... Que lui arrive t-il à ton ami ? Dit-elle en posant le verre et regardant le Slifer d'un air passionné et investi.

- Il souffre d'une maladie de peau, si on le sort au soleil, il brûle, et son frère aîné, cet idiot, a profité d'une sieste pour le mettre dans une machine à U.V...J'ai vu ses photos, on le croirait brûlé au troisième degré...

Les mots sortent d'eux-mêmes, ils peuvent convaincre autant qu'Arthur est lui-même convaincu de son propre mensonge, il se cache derrière son mur de terreur et de secrets, convaincu et souffrant de ses propres chimères. Sa finesse et son choix de mots sont ceux d'un homme perdu, désorienté, isolé...


Seul...



#4 Posté 10 February 2018 - 04:10 PM Par Yüki

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La vie, la mort, les maladies, les fantômes, les démons, les damnées, la lune, la terre, le monde… Notre monde. Tant de choses qui créent ce que nous sommes et ce que nous allons devenir. Le passé, le présent et le futur sont des variables qui avancent à l'unisson des vibrations de notre propre monde. Mais que se passerait-il si ce monde s'écroule ? Démon, damnées, fantômes… Mort. Le mystère sur la suite des événements embelli cette pensée si morbide. Qu'arrivera-t-il le jour où un monde allié tombe emportant avec nous une partie du nôtre ? Le monde d'Arthur est souffrant aujourd'hui, il se désagrège petit à petit à cause de celui de son ami qui se meurt dans les geôles de l'enfer. Les pensées de Nozomi se sont vite retrouvées perturbées par cette nouvelle, qui n'est anodine et pourtant qui peut détruire une personne incapable de faire quoi que ce soit pour aider son précieux allié. Cela attriste notre cartomancienne qui traduit cela une petite moue de compréhension arborant son visage presque juvénile. "Un enfant de la lune donc..." Derrière cette expression poétique se cache une terrible maladie, elle le sait mais elle préfère rester dans la beauté du monde et l'égayement de chacun au lieu de le voir ronger par les mains froides des morts déjà présents dans l'académie. Inconsciemment elle sait que l'heure du changement va arriver à grands pas, peut-être que ce seront ses derniers mois en tant que secrétaire… Le destin nous réserve bien des surprises, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Songe Nozomi.

"Les petits frères toujours à faire des idioties les plus sordides. Avec la médecine de pointe qu'on a je suis sûre qu'il s'en sortira. Tu..." Nozomi hésite, ne sachant que faire réellement dans ces moments-là. Est-ce une bonne idée ? Se questionne-t-elle. La réponse pour elle est évidente car toutes ses idées sont guidées par la lame du destin, mais quel destin ? Tragique ? Heureux ? Elle ne le sait pas tant qu'elle n'aura pas tiré cette fameuse lame, guidant ses pas vers la voie la plus sûr et sans encombre ; et pas une voie sans issue. Arthur profite de cet instant de réflexion pour prendre une gorgée de son vin rouge, rouge… Sang. Tout en regardant la jeune secrétaire hésitante sur ses prochaines paroles. "Mmh ?"

Elle n'a pas à hésiter en réalité, l'inquiétude qui s'est immiscé tranquillement dans son esprit s'est fait balayer par une bourrasque d'exaltation et de joie de vivre cassant ainsi ce côté morbide de ses premières pensées et ouvrant ainsi une porte scellée par une serrure représentant la vie. "Tu veux savoir ce qu'il adviendra de ton ami ?" Le moment opportun pour sortir du côté réaliste et entrevoir les songes divins que proposes ses cartes. Le temps de cet instant, elle en profita pour prendre à son tour une gorgée de ce vin unique en son genre ; l'amertume du rouge en fin de soirée passe au-dessus de l'enthousiasme de Nozomi. "Il s'en sortira, je serai là pour lui." Le jeune français n'a pas compris le sens premier de la phrase de Nozomi, peut être et surement que l'utilisation de cet art magique lui est inconnu. La japonaise pure souche, traduit cette incompréhension par un sourire derrière ses yeux turquoise légèrement bridés par son ethnie. "En quelque sorte... Tu ne peux pas être avec lui car tu es ici... A boire du vin.... Je peux t'aider à connaitre son avenir... Je parle de savoir divinatoire. A moins que les Français soient trop rationnels ?" La secrétaire a visitée quelques pays durant ses fameux shows mais jamais la France à son grand désarroi. Un jour peut-être. Pense-t-elle avec conviction.

"La bonne aventure...Allons-y" La bonne aventure, nom donné pour caractériser ce savoir ancestral de la divination. Est-ce une forme utilisée qu'on utilise pour se mentir à nous-mêmes ? Peut-être que le jeune français se cache derrière ses mots pour éviter de croire au côté spirituel des cartes. Pourtant… Dans ce monde… Des cartes sont bien plus que spirituelle et deviennent dans certain cas, de vrai monstre détruisant le destin à coup de griffe, arrachant la jugulaire de l'espoir avec leurs crocs acérés et piétinant le peu de vie qu'il nous reste réduisant ainsi à néant l'Homme et hurlant comme un loup le fait au clair de lune… Cependant, il n'hurle pas pour faire appel à ses camarades. Non. Il hurle le Chaos, leur seul et vrai maitre qui s'étend perfidement comme la peste noire, invisible et terriblement dangereux. Le monde vaut-il la peine d'être sauvé si tout espoir est définitivement perdu ? Une question que le jeune secrétaire se pose inconsciemment et pourtant elle y pense très fort. Ce tic-tac du compte à rebours final a commencé depuis le début du mois, le gong va bientôt sonner… Alors que pour ce tableau entre le pacte avec le démon et l'ange, il n'y a que le tic-tac de l'horloge qui se fait percevoir. Nozomi semble satisfaite de la réponse du français. Elle pose son verre délicatement sur la table tout en prenant le temps de déclipser son petit étui à sa gauche, regroupant son savoir presque divin faisant abstraction de l'étui à droite contenant un autre jeu de carte plus… Agressif et dangereux. Après tout jouer avec le destin est moins dangereux que de jouer avec de vrai monstre ?

Elle pose subtilement les deux paquets sur la table, un à sa droite représentant les arcanes mineurs et un à sa gauche représentant la force d'une vie ; les arcanes majeurs. "Tu veux savoir s'il va s'en sortir c'est bien ça ?"

"Oui"

La cartomancienne se repose cette question dans sa tête et tire finalement trois cartes entre les deux paquets face cachées du paquet de droite et une carte du paquet de gauche qu'elle place au-dessus de la carte central, formant ainsi un triangle presque sectaire. Petit à petit les cartes se retournent, petit à petit le destin de son ami se dévoile devant les yeux hébétés de Nozomi… Elle ne peut qu'être surprise, car ce que lui montre ses cartes est un destin à double facette. Comme si celui-ci était voilé par un tissu de mensonge et une part de vérité. Le temps d'un instant la cartomancienne se demande quelque chose qu'elle ne s'est jamais posée. Les cartes se trompent-elle de cible ? Me suis-je trompé de personne ? Hésite-t-elle. La représentation et la sens des lames montre en effet plusieurs choses que Nozomi ne peut deviner, elle est bien loin de savoir si elle parle à Arthur, Arcturus ou le Mécène. Elle ne se pose pas ce genre de question et pourtant ses cartes semblent lui en dire autrement, comme un avertissement arrivé aux oreilles des mortels. Elle fit abstraction à sa propre question et continuera à faire ce que le français a demandé. Après tout, elle a tiré ses lames juste pour savoir si son ami va s'en sortir et rien de plus. C'est dans un tissu de mensonge créer par le français qu'un destin presque lié va être énoncés par Nozomi.



#5 Posté 15 February 2018 - 04:09 PM Par Arcturus

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Arcturus buvait son vin, les yeux rivés sur les cartes de la secrétaire, il s'attendait à voir un deck Force Arcane mais à l'inverse, c'est un véritable jeu de tarot divinatoire que la jeune femme avait sortit de sa veste. Il venait de remettre son destin entre les voies mystiques des cartes...Aucun doute, il était réellement mal, le vin y était un peu pour quelque chose aussi, peut-être. Le français observait patiemment, attendant le courroux du destin s'abattre sur lui, réfléchissant âprement au sort de Cloud. Nozomi fît alors son tirage dans un silence religieux avant de commencer son interprétation...

- Ton ami s'en sortira indemne de son hospitalisation, cependant quelque chose semble perturber son avenir mettant un doute réel sur ce qu'il va en ressortir. Je vois une personne très avide et qui sera capable tout pour réussir sa nouvelle quête par la suite... Et je vais être franche, ton meilleur ami semble être quelqu'un de très douteux... Cette carte... Dit-elle en tapotant la carte désignant la Lune.

...est une mise en garde contre les apparences souvent trompeuses... Il risque de faire quelque chose qu'il va regretter, je ne sais pas quoi mais après ce cours moment de bonheur, les ténèbres l'emporteront dans une ambition illusoire, mettant peut-être fin à votre amitié.

Arcturus la fixait avec des yeux ronds, seul le tic-tac de l'horloge de la cafétéria brisait le silence tendu qui y régnait avant que Madame Irma termine sa petite séance.

- Cependant… Le destin peut être renversé si on a la force de passer ce mur inviolable.

Le destin n'existe pas, mourrait de lui répondre Arcturus, le destin est le mot choisi par les pauvres d'esprit qui n'ont pas le courage de s'opposer à une quelconque adversité et le seul destin qui attend les ennemis du Mécène ne peut-être que funeste, ils l'apprendront vite à leur dépend, ils l'apprendront tous. Il se contenta de boire une nouvelle gorgée avec un air désinvolte.

- Quelle est ma place dans tout ça ?

Nozomi tira une nouvelle carte et la posa parmi les autres, représentant l'Empereur mais la carte était à l'envers, présentant le seigneur la tête en bas.

- Tu ne vas pas le comprendre ce qui entraînera des problèmes relationnels et une situation instable entre vous...

- Et...il y a autre-chose ?

- Tu es vraiment curieux...

Une nouvelle carte rejoignit l'Empereur : Le 3 de Coupes dans le sens positif.

- Bizarrement, cela aboutira sur un succès sur vos démons qui vous ont créer cette discorde...

Arcturus eût un petit soufflement du nez moqueur.

- C'est bien pour ça que peu de personnes prêtent attention à la cartomancie...

- Effectivement mais la conclusion... C'est que peut-importe la difficulté que vous aurez entre vous, vous allez réussir ensemble à la surpasser et... Ehmmm... La dominer ? Quelque chose comme ça...


- Peut-être...

La conversion partait sur un fil difficile...Selon elle, Cloud ne lui pardonnerait pas ou peut-être difficilement...Pourrait-il le trahir ? Non, très peu de chances que ça arrive...Probabilité proche de zéro...Le Nuage est le Nuage grâce au Mécène mais de l'autre part, le Mécène est le Mécène grâce au Nuage...Ils ont besoin l'un de l'autre et leur alliance leur permet de soulever l'Europe et le reste du monde...

- Outre ça... Je suis trèèèèèèèèèèèèèèèèèsss curieuse ! Comment c'est la vie dans ton pays ?

Le brusque changement de ton de la diseuse de bonne aventure surprend le français qui se fait violemment arraché à ses souvenirs. Le vin dans sa bouche manque d'être recraché mais il l'avale en urgence, ce qui le fait étouffer quelques instants. Une fois que le vin est finalement descendu, il peut enfin parler.

- En toute honnêteté, je ne suis plus en France depuis...au moins deux ans. Ce qui fit rire la jeune femme.

- Ooooh et tu été où ? Au Japon ?

- Chine, Japon, USA, Allemagne, Royaume-Uni, Mexique, Cuba, Grèce, Emirats Arabes, Russie, Brésil, Chilli...

Et quelques autres destinations nettement moins intéressantes...Nozomi manqua à son tour d'étouffer, Arthur se dressa déjà pour lui venir en aide mais la jeune femme lui fit signe de la main, l'informant que tout allait bien.

- Oula !!! Mais tu voyages beaucoup ! Je t'envie tu sais ? Dit-elle en pouffant de rire.

Le vin commençait à lui monter à la tête à elle aussi...



#6 Posté 18 February 2018 - 10:58 PM Par Yüki

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Tic… Tac… Tic… Tac… L'heure tourne lentement autour de cette discussion à double tranchant, ils le savent, une erreur et l'autre se fait bouffer par son interlocuteur. Ils jouent un rôle, un jeu… D'un côté, la secrétaire suspicieuse mais silencieuse dans ses soupçons et de l'autre un masque qui en cache un autre. Un Arthur devant le Mécène. Ils jouaient et ils aimaient ça jouer, mais ce n'est pas avec un jeu de carte ou bien même des dés… Non c'est avec leurs propre identité qu'ils jouent, après tout… C'est plus marrant de jouer au chat et à la souris quand on sait qu'au bout se trouve un piège à ours ? On ne sait pas qui l'activera… Par contre… On sait ce qu'il adviendra du malheureux qui appuiera sur la détente. Nozomi s'amuse à discuter, toujours en apprendre plus sur son entourage est l'un de ses maîtres mots… Elle se dit que si jamais il n'arrivait malheurs, elle en garderait un bon souvenir de ces longues tirades et élocutions des comédiens sur la pièce de théâtre. Mais aujourd'hui elle se dit autre chose… Quelque chose d'un peu plus profond qu'une simple discussion entre élève et secrétaire. Peut-être, bien plus sombre que les pensées d'Arthur… Qui sait ? Pour l'heure, elle en apprend plus sur le français et a même fait part de son 'envie' à Arthur, même si celui-là est très paradoxale. "C'est le yacht qui mouille dans la baie qui alimente cette jalousie ?"

A ses souvenirs, elle n'a jamais été jalouse de quelqu'un ou quelque chose. Elle trouve ça plutôt ennuyant de se lamenter de ce que les autres ont que de ce que nous n'avons pas. Et comme on le sait si bien, la secrétaire n'aime pas s'ennuyer. "Je ne suis pas jalouse, loin de là cette idée ! Tu me fais juste rêver. J'ai déjà été aux Etats-Unis il a quelques années, pour la musique vois-tu" L'envie d'en dévoiler beaucoup plus la démange au plus haut point, cela dit, son interlocuteur ne semble pas réceptif à son passée et centre son attention sur son verre de vin à moitié vide. "Quel bonheur." Sort-il surement enfoui dans ses pensées bien sombres et toujours dans l'inquiétude pour son ami enfermé loin de lui, loin de sa portée.

"Et... Désoler d'être curieuse... Comment tu en es arrivé à avoir ce majestueux yacht. Tu es jeune je trouve." La jeune femme préfère donc s'intéresser à la vie du jeune milliardaire plutôt que de raconter la sienne. Une autre fois. Pense-t-elle avec beaucoup de conviction.

"Le Baroudeur ?" Dit-il dans un français des plus correct, toujours en train de fixer son verre. Une certaine mélancolie se lie à travers ses yeux… Mais est-ce un sentiment réel ? Ou alors, une création de sa part ? Seul le français le sait… Aux oreilles de Nozomi, c'était du charabia. Elle traduit son incompréhension de ce terme par un simple "Eeeee ...Nani ?" Restant toujours dans sa langue maternelle, embellis par un petit accent qui se différencie des autres japonais lambda.

Arthur fini par sortir de sa plongée dans le liquide rougeâtre et repose ses yeux bleu clair vers ceux de Nozomi tout en traduisant le nom de son bateau dans un terme plus japonais. "Le Voyageur, C'est un magnifique navire, n'est-ce pas ?"

"Oui très chic en effet !" S'exclame la secrétaire tout en se redressant sur sa chaise, guettant une nouvelle fois l'heure sur la pendule. Non pas par impatience mais par curiosité, elle sait que dès qu'elle rentre dans une conversation cela peut durer des heures alors que pour les protagoniste… Il se sera écoulé que dix minutes. La jeune Nozomi replonge littéralement dans l'un de ses souvenirs, un visage, une pièce, une cuisine… C'était chez elle et elle était encore-là, à discuter avec l'une de ses meilleures amies. Le décor est légèrement flou, voir incertains. On n'arrive pas à distinguer le bar américain à un simple mur, seule la petite table au centre de la pièce était totalement visible et à ses bords deux jeunes filles… On leurs donnerait peut-être vingt-ans, un peu moins. Des cartes sur la table, flouté à cause de l'incertitude… Surement de duel de monstre à en croire la taille. Il n'y avait pas de bruit, c'était le silence plat… Pourtant… On entendait clairement, inconsciemment, presque imperceptible aux oreilles des mortels… Ce Tic-Tac infini. L'heure tourne… L'heure tourne… Le destin se renverse lentement sans que personne ne puisse l'arrêter… L'heure tourne et les minutes passent sans que personne ne puisse l'arrêter. Vous le sentez n'est-ce pas ? Cette aura derrière-vous ? Celle que nous avons tous ressenti un jour mais qu'on ne voit jamais… C'est simplement l'heure qui tourne… Peut-être que le temps est déjà compté, mais pour qui ? Tic… Tac…

"Il m'a coûté 500 millions..." Reprit le jeune français, sortant Nozomi de ses songes heureux. Elle traduit cette surprise par un simple sourire, plus rien ne la surprend réellement, Le destin est tracé, il n'y a pas à être surpris d'un évènement presque prévisible. Affirme Nozomi avant de reprendre le pli sur la conversation avec le jeune homme. "C'est une sacrée somme... Et tu vas me dire que tu gères... Ce monstre des mers... Tout seul ?"

"Non, j'ai un équipage, des mécaniciens, des agents de maintenance, des pilotes..." La fin de sa phrase ne sera jamais dévoilée, en effet le jeune français ne peut dire que sur son bateau se trouve aussi des hommes de mains, hackeur et bien d'autres choses caractérisant la puissance économique d'une seule personne et qui d'autre part… Sert de passe-temps à notre Mécène favori. L'ennuie est quelque chose qui le touche très rapidement et quand un jouet l'ennui, il fait comme tous les enfants, ils s'en débarrassent pour en trouver un meilleur… Mais pour l'instant, on lui a piqué son jouet favori sans qu'il puisse le récupérer. L'enfant boude et pleure intérieurement celui-ci, réfléchissant maintenant avec quel jouet il va utiliser pour s'amuser.  

"Tes parents dans tout ça ? Ils ne sont pas sur le yacht ?" Nozomi sait qu'elle monte une falaise infranchissable, cependant son entrain et sa curiosité à toute épreuve la pousse à aller plus loin, peut-être arrivera-t-elle à voir au-dessus de la falaise ? Dans un geste machinal, elle prend son verre et siffle la dernière gorgée de celui-ci avant de le reposer délicatement sur la petite table.  

"Ils sont décédés..." Trancha froidement Arthur sans s'en rendre compte. En fin de compte Nozomi n'a pas réussi à voir la belle prairie au-dessus. Les assauts répétés des imprévus la fait chuter à chaque prise. "Ah... Excuse-moi je ne pensais pas que..." S'excuse-t-elle. Au fond, elle s'en veut de parler de ses parents mais le jeune français lui fit comprendre que ça ne le dérange pas plus que ça de parler de son passé. "Un accident stupide de randonnée..."

Cette fois-ci elle avait réussi à avoir une prise, elle commence à grimper la falaise tout en esquivant les imprévus. "Je vois... Ça s'est passé il y a longtemps ?"

Tic… Tac… Les démons se réveillent, les anges se rendorment… Le temps passe… Tout va très vite… Et rien ne peut arrêter ce soleil mourant à petit feu, laissant apparaitre les premiers pantins des ombres dans la pièce. L'ambiance change. Pourtant, les deux interlocuteurs ne semblent pas terrifiés et continue leur discussion, entouré de ces monstres oniriques. Quelque chose se profile dans cette ombre, un souvenir de l'ancien temps ?



#7 Posté 19 February 2018 - 10:45 PM Par Arcturus

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La secrétaire était fort curieuse...Et Arcturus avait des cauchemars plein sa besace pour la maintenir au fond de ses plus profondes interrogations. Le Mécène n'appréciait pas de devoir parler de son passé car ses mots ouvraient la voix à une multitude de souvenirs...Un passé surgissant, malfaisant, des rêves et des actions au combien répréhensibles. Le meurtre de ses parents, il se voit encore donner l'enveloppe à cet homme, l'homme qui fût son père, l'homme qui l'éleva, qui le nourrit...mais ne lui donna ni amour, ni pitié, ni réconfort...Arcturus était un jeune garçon insouciant, jouant aux cartes avec sa jeune sœur, se faisant battre à plate couture à de nombreuses reprises...Il revoyait le sourire de sa mère...non pas pour le border au lit ou pour le regarder jouer...mais pour l'argent qu'Arcturus avait obtenu sur un exercice pratique auprès de leur compagnie...Il se revoit aux soirées d'affaires, subissant les brimades de d'autres enfants de riches...il se souvient du jeune Baptiste Moncault...un jeune fils de PDG qui se moquait de lui à de multiples reprises...Il se revoit...oui...il le revoit...

Pitié, Arcturus...Pitié, je t'en supplie ! NE ME FAIS PAS DE MAL...Te faire du mal ? Non...non...ce n'est pas mon intention, je vais te tuer, je n'ai jamais dit que ce serait douloureux, cela ne le sera que si tu résistes...Je t'en prie, je vais le dire à mon père, il en parlera au tien, on peut s'arranger, je suis riche !...Je crains fort que ce ne soit au dessus de tes moyens, pourquoi accepter de l'argent pour des petits plaisirs futiles alors que ta mort sera un divertissement tellement plus...marquant...Non..Arcturus...Non..NON..NOOOOOOAAAAAAAAAAAAAAH !!!!!!

Il le revoit sombrer...il le revoit faire une chute mortelle du haut du penthouse...C'était sa première fois...Nombreux fûrent ceux qui suivirent...Puis ce fût ses parents...Il se revoit avec Alésia...Il revoit la guerrière borgne déviser les anneaux de la barrière...Il la revoit...Il voit ses parents bousculés " accidentellement "depuis l'autre versant de la fôret...Il les revoit faire une chute fatale...Il se revoit lui-même sombrer dans la haine et l'appêtit sans fin pour le pouvoir...Oui...c'était ce temps là...

- Il y a...4 ans, je crois...oui c'est ça, j'avais 20 ans...

- Et tu as dû reprendre le flambeau familial dans un deuil atroce... Tu es fils unique ?

L'évocation de son ligneage l'amena à une nouvelle introspection...Une introspection beaucoup plus profonde...Une introspection bien plus importante....
C'était un soir d'automne...Un soir d'orage, la soirée avait pourtant si bien débutée, Le vent avait commencée à souffler et la pluie martelait les vitres de l'immense salle de réunion au sommet du building. Arcturus était déja là...Il était assis seul en tête de cette grande tablée qui réunirait bientôt les principaux directeurs de la compagnie a qui il rendait visite, derrière lui...La vieille Nelly, une petite secrétaire, sous-payée et sous-traitée par des employeurs vicieux et détestables...Arcturus était venu, il était là avec son avocat et le représentant de sa banque..Nelly, sur le meuble derrière lui faisait couler le café destiné aux grands patrons, ces derniers firent leur entrée dans le bureau, le premier d'entre eux, leva les bras au ciel et s'écria.

- Nous acceptons ! C'est une offre plus que généreuse et entre nous, nous sommes ravies de vous céder nos parts de marchés. Je suis sûr qu'avec les autres actionnaires, vous trouverez un terrain d'entente propice au développement de nouvelles énergies pour votre Consortium, Monsieur Valmont de Saint-Clair.

Arcturus eût un petit sourire satisfait.

- Parfait alors il ne vous reste plus qu'à signer ces quelques contrats de passation de parts de marché. Votre compagnie est entre de bonnes mains, je vous avais dit que votre compagnie brillerait si elle rejoignait ma multinationale et maintenant, je suis on ne peut plus ravi de pouvoir commencer une nouvelle collaboration avec vous tous, mes amis.

L'avocat d'Arcturus passa de patrons en patrons, chacun reçut un exemplaire du contrat avec la passation, ils signaient les contrats, quelques uns avec des rictus mauvais, échangeant des regards les uns les autres, Arcturus faisant mine de ne pas les voir tandis que la vieille femme servait le café sur un petit plateau, chacun des hommes présents demandaient plus de sucre, pas assez de crème, demandait un biscuit, certains les trouvaient trop sucrés, d'autres trop secs, certains se plaignaient même que le café n'était pas à la température qu'ils désiraient...Le pauvre femme était accablée d'insultes, de fatigue et pourtant, elle se tuait à la tâche pour le confort de ces hommes sans morale...Une fois les contrats signés, levèrent leur tasse et avalèrent leur café, Arcturus également, celui-çi l'avait demandé bien noir, sans ajout ou artifice d'aucune sorte. Un des hommes se leva et s'adressa à Arcturus.

- Bien...Monsieur de Valmont de Saint-Clair...Vous avez accepté de nous prendre au sein de votre compagnie mais vous n'êtes pas sans savoir que chacun de nous ici possédons des parts plus importantes dans diverses autres compagnies qui se trouvent dans votre Consortium...Par conséquent, à nous tous, nous disposons de suffisemment d'actions pour nous permettre de nous nommer Conseil d'Administration et vous êtes devenus, en achetant les parts de notre société, un simple actionnaire minoritaire. Alors...Gamin...Fiche le camp de notre immeuble, tu n'es pas le bienvenue à cette table.

Chacun des hommes présents se mirent à rire aux éclats mais quelque chose n'allait pas dans cette cacophonie de rires...Ils cessaient tous de rire et au final, un seul rire, forcé et bruyant se faisait entendre...celui du blond en tête de table.

- Oh pardon, je ne devais pas rire ? Pourtant je croyais que nous étions en train de nous moquer...Mais je pense que...le seul ici qui puisse rire, c'est moi. Vous avez réellement cru que j'avais fait tout ce chemin pour dix-huit misérables pour cent de votre compagnie ? Vous parliez d'actionnaires tout à l'heure, permettez-moi alors de vous faire savoir que tous vos actionnaires...sont des membres actifs de ma propre compagnie...Et en me cédant vos dernières parts...Vous venez de me vendre votre société sous une pluie de fous rires ! Dit-il avant de recommencer à rire.

- Et..et pour m'assurer qu'aucune tâche de merde ne subsistera sur votre petite compagnie, sachez que le sucre et la crème pour votre café...a été mélangé à de la digitaline, un extrait de plante fort toxique qui provoque un arrêt cardiaque en quelques minutes, plus rapide encore si vous avez des problèmes respiratoires comme de l'asthme, par exemple...



Et tel un prophète, Arcturus fût témoin de la mise à mort de ses partenaires, rampant sur le sol, luttant pour respirer, cherchant vainement à s'aérer. Lentement...ils moururent...le visage convulsé, de l'écume autour de leurs bouches, les yeux révulsés...les corps resteraient là jusqu'à ce qu'ils soient découverts par l'équipe du matin...En sortant de la salle, les dossiers signés bien à l'abri dans sa mallette, Arcturus salua de la tête, la vieille Nelly, employée de longue date et véhémente qui venait d'obtenir sa vengeance sur des années d'exploitation...Quelle misère d'apprendre qu'elle serait retrouvée une heure plus tard, pendue dans la blanchisserie avec une lettre de suicide et une confession complète de la mise à mort de tout le conseil administratif...Mais quoiqu'il en soit...la compagnie était entre de bonnes mains...Les bons souvenirs s'effaçaient pour rappeler à Arcturus ce qui l'avait surtout marqué ce soir-là, ce qui avait réellement marqué cette nuit...Il était dans sa limousine, il retournait à son hôtel lorsqu'il reçut l'appel...Lentement son visage souriant se mit à fondre en une face déconfite et abasourdie, ses jambes ne le soutenaient plus, son corps s'enfonça dans son siège et sa main tremblante serrait le téléphone si brutalement que l'écran se fissura et finit par casser, Arcturus ordonna à son chauffeur d'arrêter la voiture, sous la pluie, il sortit et se mit à courir, Alésia fût la seconde à sortir du véhicule, courant après lui, lui qui avait maintenant quitter la route pour un chemin boueux, il courrait à en perdre haleine, il courrait avec rage, il courrait avec haine, il ne voulait pas s'arrêter, il ne POUVAIT PAS s'arrêter, il fallait qu'il continue, il s'enfonçait plus loin dans les bois, peu importe l'orage, peu importe la nuit, peu importe les morts, peu importe le sang, peu importe le monde, il courrait...Jusqu'à ce qu'il glisse et termine sa course parmi la glaise et l'eau...Et cette fois-çi, il s'arrêta, s'effondrant dans le sol, Alésia qui l'avait suivi de près s'approcha lentement, sans savoir ce qui avait provoqué cette soudaine crise de panique psychotique, Arcturus se redressa... et la jeune femme aux cheveux d'améthyste s'arrêta net en voyant son patron, elle le regardait d'un œil nouveau, un œil neuf, un œil profond et de grande incompréhension....il pleurait...Arcturus pleurait..De lourdes larmes s'effondraient sur son visage alors que la pluie écrasait sa chevelure vers l'arrière, formant une longue cascade d'eau et de larmes..Il fixait le ciel, le regard noyé, la bouche ouverte, le cauchemar dans les yeux, la peur au ventre, la douleur dans son cœur, la mort dans l'âme. Il fallut plusieurs minutes à Alésia pour se remettre de ce qu'elle voyait...Elle avait toujours vu son employeur comme un homme de fer et le voici plongé dans la tourmente, elle s'approcha autant que possible et tomba à ses côtés. Et comme un enfant, Arcturus tomba dans les bras de sa garde du corps qui fît de son mieux pour le réconforter...

Ce soir-là...Arcturus apprit la disparition de sa soeur...Ce soir-là...Le Mécène était né....

- Oui. Dit-il pour répondre à la question de la secrétaire.

Il était de retour à l'académie, un an dans le futur, le soleil disparaissait lentement et la jeune femme lui souriait, le verre vide à son côté, face à Arthur, le regard vide mais pourtant si profond...



#8 Posté 21 February 2018 - 03:24 AM Par Yüki

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Tic… Tac… Les aiguilles s'enclenchent une nouvelle fois sur l'horloge mais laquelle ? Il n'y a pas à résigner, c'est l'horloge du passé qui tourne… Le passé n'a jamais cessé d'être dans nos mémoires et il subsiste encore aujourd'hui et à jamais. Un destin tragique de revoir indéfiniment ses erreurs, ses échecs, ses morts… Le bonheur ? Il existe, il est là… Mais quand le couteau du tourment se plante dans celui-ci, ce n'est que tristesse et colère qui coule comme du sang, un sang de couleur noir, noir de rancœur et de rancune. Sur le jeune français, ce n'était plus un couteau mais une faux entière qui l'a déchiré ce jour bien sombre de l'école tragique. Il l'avait retiré au fil des années, mais la partie qu'est le bonheur ne s'arrêtait pas de couler… C'était une plaie ouverte et béante, aucun lien ne pouvait la refermer. Il n'y avait plus rien pour ce jeune étudiant… Mise à part une vengeance accrue envers l'unique fautif de cette disparition. Il en rit actuellement, ce fautif, son sourire se dessine sur les murs du théâtre du tourment. Il se joue de sa nouvelle marionnette de paille et il la fait danser autour d'un feu animé que par les rires du fautif et virevoltant sa flamme rougeoyante au fil des pas de sa marionnette. Tôt ou tard, l'un des deux se brûlera dans cette flamme. Tic… Tac… Le présent appelle doucement les deux pantins de la cafétéria à reprendre place sur la scène silencieuse. Le rideau s'ouvre de nouveau, les acteurs désarticulés ne bougent pas de leurs places, comme happé par la crainte de la prochaine question.

"..." La secrétaire, plonge une nouvelle fois dans ce qu'on appelle un gouffre. Ce gouffre qui vous fait tomber indéfiniment sans paroi pour vous rattraper. Elle tombe dans le silence, voilà ce qu'est ce gouffre. Elle n'est pas la seule… Le jeune français est un peu plus haut, à tomber aussi.

Le silence s'éternise, il prend de la place et cela gêne la secrétaire. Elle n'aime pas le silence… Car ça l'ennuie au plus profond de son âme. Pourtant, elle sait que si elle continue sur ce sujet ce n'est plus un gouffre mais des chaînes… Qui l'entraînera en enfer, l'enfer des mots, l'enfer des souvenirs. Cependant, Nozomi n'a qu'une vision positive de la vie… Elle n'a jamais connu ce qu'on appelle : La mort ; La haine ; La rancœur ou même le regret. Elle est bien loin, très loin de ce que vit actuellement le jeune français mais elle peut s'avérer utile. Car même à son âge, elle est de bon conseil. "Si tu as besoin d'en parler... Je suis une oreille muette, tu peux me faire confiance."

"Je n'ai pas vraiment besoin d'en parler, mais j'apprécie." Arthur met un mur, infranchissable, inviolable. Il est posé devant Nozomi, elle le sait. Elle ne peut aller plus loin que ce que le premier masque montre. Un faciès, désintéressé et vide, un visage totalement neutre… Celui du jeune français. "Changeons de sujet !" S'exclame Nozomi en claquant des mains et lançant un sourire habituellement aguicheur, celui qui la caractérise si bien. Elle ne reste pas devant ce mur. S'il ne tombe pas, autant faire le tour Pense la secrétaire. "Comment se passe ton année dans l'académie ?"

"Je travaille avec soin." Répond simplement Arthur. Trop simple pour la curieuse qui se trouve en face de lui. Les dernières lueurs du soleil illuminent le regard turquoise de la secrétaire, reflétant ainsi, une envie folle de découvrir la suite de cette embarcation sur les rives de l'inconnue. L'inconnue peut faire peur mais pour Nozomi, il est une principale source de motivation pour avancer et continuer à franchir les différents caps de la vie… "Tu ne développes pas assez je trouve ! Je parle en terme relationnel, tu as des filles en vue ?" Elle joue une nouvelle fois à ce jeu qu'elle aime tant. Celui de déstabiliser son interlocuteur. "Ouuuuu des hommes je connais pas tes orientations !" Un rire délicat sort de sa fine bouche qui fini par se faire absorber par les ombres grandissantes dans la salle. La lumière automatique s'active dans la cafétaria, éblouissant pendant quelque seconde les deux âmes vivantes et bannissant les démons oniriques qui longent les parois et le sol froid. "Ce n'est pas mon genre, je suis marié à mon travail"

"Ohhh c'est une relation étrange..." Nozomi passa en revu dans sa tête, toutes les possibilités d'être en couple avec son travail. Ce qui lui fit tirer un sourire légèrement malsain, en effet ses pensées le sont tout autant. Mais elle préférera garder tout pour elle, ce qu'elle pense ne doit jamais ressortir de sa tête. "Ça va être compliqué d'avoir des enfants." Dans le timbre de sa voix se cache un ton humoristique, presque farceur. Il met en confiance et il met mal à l'aise. Dans le cas d'Arthur, cette phrase le fit sourire. Un sourire. C'est le premier de cette discussion étrange. La secrétaire est surprise et en même temps contente. Elle avait réussi à faire sourire un masque neutre. Ai-je réussi ? Se questionne-t-elle. "Je n'ai pas la fibre paternelle." Affirme-t-il.

"Olala, ça viendra avec le temps, tôt ou tard !" Rétorque-t-elle avec beaucoup d'engouement. La secrétaire prend un air sérieux, celui qu'on ne voit que rarement. Dans certains cas, elle savait que le moment n'était pas à la plaisanterie et elle l'avait très vite compris avec les dires de son interlocuteur. Elle est triste. Triste de voir qu'à l'âge du français, il est déjà attaché par les liens du travail et de l'obligation sans pouvoir s'y défaire. "Je sais que divorcer c'est un moment compliqué mais parfois il faut trouver meilleur ailleurs qui apportera un vrai bonheur à notre courte vie." Un silence. Celui qui fait réfléchir mais aussi qui permet de faire comprendre, que les mots ne sont pas toujours le bienvenu dans une conversation. Nozomi préfère le briser et continuer sur sa lancée. Après tout, elle n'a jamais suivi les codes… Elle suit son destin. "Le travail n'est pas une vie mon petit"

"C'est une vie qui me suffit."

"Tu es jeune c'est normal de penser cela, tu changeras d'avis quand tu t'en lasseras ! A moins que ce soit vraiment un amour profond mais je trouverais ça... Etrange !" Elle ne peut garder son sérieux trop longtemps. Cela la rend trop morose et sans intérêt. Le sérieux est un synonyme d'ennui pour elle… Et à trop le côtoyer, on s'y brûle. "M'enfin bref, je vais te laisser avec ta femme immatérielle pour l'instant pour passer à autre chose ! Qu'écoutes-tu comme musique ?" L'ancienne idole refait surface, sa soif musicale ne s'est jamais arrêtée et continue à s'abreuver de toutes les notes de ce monde. Après tout, le monde entier est un orchestre jouant à chacun des notes différentes, créant ainsi une musique harmonieuse entre les ouvriers aux PDG. Tout était réglé, comme une boite à musique. "Très peu, voire jamais..."

Elle se retrouve vite déçue face à ce manque d'intérêt pour la musique. Pour elle, c'est sa vie entière qui se base sur cette unique variable. "Hmmmmm... Tu n'as pas d'autre passe-temps ? Hors les cours et ton travail ?"

"Un peu de temps pour le violon, de temps en temps..." Balance simplement Arthur, ravivant ainsi la flamme de la curiosité chez notre secrétaire. Sa déception disparait aussitôt, balayé par un torrent d'exaltation qui se traduit par un sourire. "Très joli instrument, si un jour tu en fais, préviens-moi ! Une certaine âme de chanteuse a envie d'entendre notre musicien violoniste"

"Eh bien je pense que je vais pouvoir faire ce qu'il faut pour... Ça…"

"Tu m'en vois ravie ! Dis-moi, dis-moi ! Tu es venu pour quoi faire ici ? Sachant que tu as un travail qui a l'air de prendre beaucoup de temps... L'organisation doit être catastrophiquement désastreux pour ta santé si tu rajoutes les cours." Comme un coup de couteau inattendu, la question se posa. Celle qu'Arthur évite de répondre avec franchise. Pourtant elle est là, planté sur la table à attendre sa réponse.

"Ironiquement, je suis beaucoup plus disponible qu'auparavant et... Je m'ennuie très facilement" Réponse qui ne sera jamais évoquée. Subtilement, le jeune français a réussi à détourner celle-ci en répondant à moitié. Le masque tient fermement au visage du français. Les pantins dansent actuellement, ils dansent autours de l'inconnue, priant leur marionnettiste de leur donner la réponse. Qui est Arthur ? Qui a tué ma sœur ? La marionnettiste sourit et continue à faire danser ses jouets autour de cette inconnue à l'équation. "Rien faire est synonyme d'ennuie, je vois. Tu as délaissé une partie de tes charges à tes employés si tu arrives à être plus disponible c'est bien ça ?" Essaye de comprendre la secrétaire, légèrement dans le flou sur la situation actuelle du français. Elle connait les grandes lignes, grâce à la fiche d'inscription mais pas les détails et quand bien même, si elle avait les détails, elle ne les lirait pas afin d'en avoir la surprise.

"On peut dire ça."

"Olala tu n'es pas très bavard, je mange pas tu sais ?" Ironise-t-elle.

"C'est juste très technique et je pense que les termes sont différents en japonais"

Soudain les idées lui reviennent. Il n'est pas natif du japon… "Ahhhhhhhh possible ! Apprendre toutes les variations des mots et des kanjis est complexe pour un étranger." Le jeune français approuve simplement en mimant une moue désolée. Enfin c'est ce que ça laisse paraitre. Malgré le bon apprentissage de la langue, il y a toujours cette part d'ombre qui n'est pas encore apprise. Qui a déjà pu dire qu'il connait tout d'une langue ? Personne. On en apprend chaque jour et ça, les deux pantins le savent. "Grosso modo... " Arthur mouvait ses mains, laissant apparaitre une recherche de ses prochains mots dans sa fine gestuelle. "Je suis... Un gestionnaire de plusieurs groupes industriels, que ce soit dans la technologie, l'informatique, la finance, l'immobilier, l'industrie et surtout le divertissement"

"Ha bah tu vois quand tu veux !" Se réjouit-elle avant de reprendre tout aussi enjouée. "Donc tu fais pleiiiins de choses différentes, d'où tes responsabilités multiples, et tu arrives à t'ennuyer avec tout ça ?" Nozomi semble étonnée. Les bras croisés, le sourcil arqué, elle attend patiemment la réponse du français. "Je m'ennuie très rapidement..." Sort-il tout en se levant, servant ainsi deux verres de vin élégamment. D'une manière très professionnelle, comme les grands serveurs de grand restaurant culinaire. "Ça implique aussi que je m'ennuie rapidement d'une situation."

"Et donc, la vraie question est ! T'ennuis-tu de notre discussion ?" Nozomi ressort son sourire charmeur, de quoi ensorceler n'importer quel homme. Cependant Arthur n'est pas n'importe quel homme, il est autre chose.

L'horloge s'est arrêtée… Personne ne sait pourquoi mais elle ne semble plus émettre un son. Le silence prend place dans la cafétéria illuminée par la lumière factice des lustres victoriens. Cela perturbe légèrement nos deux pantins qui par réflexe regarde l'horloge. Elle s'est arrêtée sans prévenir. Encore un coup du destin ? Ou alors le marionnettiste se joue encore de magie et de subterfuge ?



#9 Posté 03 March 2018 - 12:42 AM Par Arcturus

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La patience du slifer n'était pas la première cible de la jeune secrétaire de l'académie mais plus son intérêt mourrant pour cette conversation. Il avait besoin d'être seul, réfléchir à comment sauver Jeremiah des griffes de Crash Town...Mais le problème était que cette situation n'était profitable pour personne, ni pour le Mécène, ni pour le Nuage et certainement pas pour Crash Town, comme allaient l'apprendre très rapidement à ses dépends, les demeurés qui y vivaient. Bientôt arrivera le coup de semonce...

Plus de tic-tac...L'horloge, tel un coeur qui a cessé de battre, semble s'être stoppée...les piles ont dû lacher...Ô hasard, tu es à la fois cruel et poétique...

Mais un problème à la fois, la secrétaire était encore là et la reflexion devait attendre...l'esprit retors du français avait laissé place à une parodie maîtrisée d'un jeune homme légèrement alcoolisé. C'était un de ses petits jeux. Une fois de plus, il laissait son talent pour l'adaptation, le spectacle, l'art du faux, agir à sa place. Le petit numéro devait mener quelque part, autant laisser l'alcool guider la barque sur ce coup. Le français porta son verre à ses lèvres et bût son verre de moitié en une fois.

- A votre avis ?

La réponse fût immédiate, sans même un seul instant de pause.

- Non évidemment ! Sinon... Tu n'aurais pas remplis ce verre vide.

Le regard de la jeune femme se veut enjôleur, charmeur, joueur...mais Arcturus n'y voit que vice et tentative de jouer avec lui...Pauvre petite marchande d'illusion, tu penses pouvoir battre Judas au jeu de la trahison ? Ou Bacchus au jeu de la boisson ?

- Première chose à savoir avec moi et le vin... Si la personne avec qui je le partage ne m'intéresse pas.. Je ne ressers pas...

C'est une vérité à demi-mot mais une fois encore, il joue sur la situation et les évènements, il choisit la vérité qu'il veut transmettre, il a toujours agi ainsi...

- Ohoooohh... Je me sens honorée de ton geste ! Lui répondit la jeune femme en posant sa main sur sa poitrine, comme touchée par une telle démonstration de savoir-vivre.

- Pff, il ne faut pas me prendre pour un gars de la haute, non plus.

Les mots sont comme bavés, comme si Arthur avait la bouche pâteuse et que l'alcool venait bel et bien de parler pour lui...L'illusion est parfaite, la réaction de la jeune femme et ses prochaines phrases peuvent en dire long sur son cas, c'est donc avec une attention redoublée et un renouveau dans sa petite comédie que le français reprend la conversation.

- Tout geste est honorable, je n'ai en aucun cas pris une différence à cause de ta classe sociale, nous sommes tous pareil, fait de chair et de sang... A moins que tu sois un automate mais ça me surprendrait vraiment !

La dernière remarque le fait rire, il faut reconnaître que celle-çi est drôle et cela lui sert même de tramplin à sa nouvelle petite défense momentanée.

- Observation sarcastique : Vous raisonnez mieux que la plupart des morceaux de viande. Dit-il en imitant le ton froid, détaché et monotone d'un robot avant de rire à nouveau en portant son verre à ses lèvres.

Sans surprise, l'alcool devant pas mal aider, Nozomi rit à gorge déployée et finit par avoir les larmes aux yeux tant la situation est comique pour elle, le vin a dû atteindre une sérieuse zone sensible du cerveau. Arthur continue son petit jeu, il continue tant que ça l'amuse mais dans le fond, veut-il encore jouer ? Il a beaucoup d'affaires à régler...tant de jeux qu'il doit jouer, tant d'actions à organiser...



#10 Posté 03 March 2018 - 01:03 PM Par Yüki

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L'écho de la gaieté s'écrase sur les murs de la cafétéria mais le retour est glaçant, froid, ignoble… Le jeune Arthur joue un jeu mais Arcturus en a marre de ce jeu. La solitude recherchée par le jeune français n'était que de courte durée avec la secrétaire en quête de savoir. Et si ne tournais pas autour d'une même chose : le vin qui se trouve au centre de la table. Il est le mur entre les deux classes sociales et un tranquillisant pour ceux qui n'ont pas l'habitude de le toucher. La secrétaire… Ne tiens que peu l'alcool mais elle adore cette sensation d'ouvrir son chakra aussi facilement envers les autres. Mais était-ce une bonne idée d'en consommer à cette heure ? Ici ? Dans la cafétéria de l'académie ? Seule avec un étudiant ? Elle se pose encore ces questions mais tout ceci se fait vite refourguer car Arthur lève son verre en direction de Nozomi, élégamment mais avec une touche d'alcool dans le sang important. "A ma thérapeute gratuite." Dit-il du cœur. Enfin si on pouvait dire encore aujourd'hui que le milliardaire avait un cœur à ce moment-là ? Cette blessure reste béante dans celui-ci, il lui est donc impossible même inconcevable de la combler par des sentiments qui lui sont futiles car pour lui le seul moyen de recoudre la plaie… Est la vengeance. Aussi froide soit-elle. La secrétaire est loin de se douter de cette haine qui l'anime comme un pantin contrôlé par un marionnettiste aux doigts semi-articulé.

Le rire s'estompe et Nozomi fait la même chose que le jeune français, le sourire qui devenait que beaucoup trop séducteur. Futile envers le sans cœur. "A mon charmant partenaire de discussion !" Les deux pantins trinquent et boivent en même temps, un regard de braise pour la secrétaire et deux soleils mourants pour le jeune étudiant. Voilà comment sont caractérisés les deux personnages de la pièce principale.

La scène est silencieuse. Le Tic-Tac n'est plu. C'est une ambiance pesante mais tout aussi reposante qui s'installe doucement entre les deux pantins du centre. "Un voyage entre deux mondes". Voilà comment s'appelle cette pièce loufoque. Le temps ne passe plus, il stagne comme le regard de la jeune femme qui semble petit à petit se perdre dans les prunelles bleues du jeune français. De l'amour ? Non pas du tout. Mais un blocage du cerveau. Ces yeux lui rappellent des souvenirs, bons comme mauvais. Ce regard vide, elle l'avait déjà vu… Il y a une décennie de cela.

Comment j'oublierais ce regard ? Le destin me réserve vraiment des choses pour le moins étrange… A cet instant, pendant ce cours moment, cette petite durée qui ne perpétue qu'une micro seconde. Je crus voir le regard vide de mon père. J'en étais terrifiée de ce regard, il me faisait froid dans le dos et pourtant il signifiait une perte de soi, un abandon… Une bifurcation violente du destin. Le réconfort et les larmes ne peuvent toucher ce genre de faciès… A mon grand désarroi je ne pouvais rien faire pour consoler l'une des personnes que je chéris le plus dans ce monde car j'en étais tout simplement incapable à cet âge… Mais maintenant tout change…

La balance tourne entre les souvenirs de Nozomi et la réalité d'aujourd'hui. Elle est décidée de ne plus voir ce regard dans sa vie, elle veut le changer par tous les moyens, ne serait-ce qu'une petite seconde. Ce n'est pas qu'elle est tourmentée par celui-ci car son père va pour le mieux maintenant mais dans le passé se trouvent certaines choses qui restent ancrés irrémédiablement dans le présent. Pour le meilleur et pour le pire. Peut-être que c'est l'une des raisons pour Nozomi de ne voir que de l'avant et plus de l'arrière ? La jeune femme se le demande rarement car c'est le destin qui choisit quand le passé vous rattrape. Nozomi fit tournoyer le liquide rougeâtre qui se trouve dans son verre, ne regardant que ça pendant peut-être une minute ou deux. "Dit moi partenaire... As-tu un rêve ?" Son regard se pose sur celui du jeune français. "Un rêve ?" Elle a réussi. Son objectif est atteint et c'est le sourire aux lèvres que la cartomancienne peut constater que le regard du milliardaire a changé. Il est vraisemblablement surpris… Lui… Tout comme Arcturus.

Elle ne tarde pas à répondre dans un ton des plus espiègle qui la caractérise tant. "Ouiiiiiii~"

"Je ne pense pas... En soi... J'ai déjà tout ce qu'on peut espérer." Ment le français. Il a un rêve enfoui en lui… Celui de détruire une académie fautive de la disparition de son unique sœur et manipuler les moindres parcelles de ce monde pourri jusqu'à la moelle. Mais la jeune femme n'en démord pas et continue dans sa lancée. Elle est prête à mettre sa main à couper que ce jeune homme lui cache encore beaucoup de secrets qui lui seront dévoilés tôt ou tard… C'est les lames qu'elle a tirés tout à l'heure qui l'ont fait réfléchir sur cette conversation bénigne. "Oohh il y a bien quelque chose qui te fait envie non ? L'argent ne peut tout payer !"

"Mais ça aide." Conclu Arthur en mouvant légèrement ses mains tout en haussant les épaules en signe de désaccord avec la secrétaire qui ne lâche toujours pas le morceau. "Donc il y a bien quelque chose" Confirme-t-elle avec conviction. Peut-être que le vin lui est vraiment monté à la tête et que sa persévérance sur une question anodine est multipliée par le nombre de sourire charmeur qu'elle a fait depuis son entrée dans la cafétéria. Ou alors elle aussi. Joue le jeu de la secrétaire alcoolisée ? Personne ne sait qui est réellement derrière ses lames ou derrières ses masques. Seul le marionnettiste… le sait.



#11 Posté 03 March 2018 - 04:05 PM Par Arcturus

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La jeune femme insiste, elle veut tirer les vers du nez d'Arthur, il faut saluer sa ténacité, c'en est presque attachant. Mais le pire, c'est qu'elle parvient à toucher du doigt l'esprit d'Arcturus en lui demandant ce qu'il voudrait le plus, ce qu'il voudrait faire, si lui avait un souhait...Reflechissons-y une minute...Arthur a passé sa vie à travailler pour d'autres personnes, certes pour son profit, mais au final, à part un carnet d'actions garni, des tentatives de meurtres ratées, des centaines de morts sur la conscience et une fortune personnelle qui se chiffre avec plusieurs zéros...Qu'as-t-il gagné ? Est-il le fruit d'un choix ou de ce que d'autres ont fait de lui ? Sa vie entière est un mensonge, chaque mot qu'il prononce, chaque pensée est faussée, tout est illusion, tout est faux...Rien n'est vrai...

Vrai...

Peut-être rêve-t-il d'une vie normale...Se lever le matin, embrasser la personne qui partage sa vie, lui offrir son petit-déjeuner au lit, aller travailler à faire fructifier sa fortune...Peut-être veut-il sortir de tout ça, arrêter d'être le Mécène, agir pour le bien commun...plus seulement pour lui-même...Se sentir heureux...

Heureux...

La joie a toujours manqué à Arcturus, ce qui l'a poussé à trouver du réconfort dans la destruction, dans la débauche et l'oppression...il n'est heureux qu'en regardant le reste de l'humanité souffrir...Des sentiments comme l'empathie, le respect, l'honnêteté, la compassion ou même le simple désir charnel sont absents de sa psyché...Tout ça, c'est pour les faibles, pense-t-il...Mais sous ce masque nihiliste et misanthrope se cache un manque réel de relations sociales simples, banales et festives...Les mauvaises langues pourraient se dire qu'il joue son rôle d'étudiant à merveille, se liant avec les élèves et les professeurs...mais la différence est de taille...Arthur n'existe pas...Ce n'est qu'un énième masque, un énième visage qu'Arcturus utilise et emploie pour entrer et jouer avec les coeurs et les pensées...Tous pensent pouvoir jouer avec lui, tous pensent pouvoir l'abuser...Ils ignorent simplement qu'ils sont les pions d'un échiquier bien plus vaste opposant le Mécène au reste du monde...Pour cette simple raison...Arcturus ne peut pas avoir d'amis..

Amis...

Jeremiah...Jeremiah...Jeremiah...le nom lui revient en tête sans cesse depuis qu'il a appris la nouvelle, il devrait le laisser, l'oublier, recruter un élément aussi performant mais la vérité ne peut pas être abritée plus longtemps dans le cœur du français : Jeremiah lui manque, il est son pilier, son seul ami, la seule personne à qui il peut confier des missions...Mais il a été négligeant, il n'a pas tenu compte de son avertissement et malheureusement...Le Nuage n'est pas quelqu'un qui se plie aux lois des autres, même si c'est à son avantage. Bien sûr après il y a Alésia...Fidèle, loyale, efficace...sa main armée, son exécutrice, elle était là au début et elle sera là à la fin...Mais les relations du Mécène ne sont pas saines, il le sait mais comment vivre quand toute autre relation ne mène qu'à un gouffre de vide. Les relations normales sont si peu intéressantes, si dénuées d'intérêt...Pourtant...Il ne peut pas supporter la paranoïa qui l'a envahie...

Un rêve : Vivre...Vivre pour de vrai, avoir des amis, ne plus avoir à se cacher ou à mentir...Une autre vie, une vraie vie...mais en attendant...

- Vraiment... J'ai rien qui me vient...

- Il t'en faut un ! C'est dommage de ne pas en avoir, c'est ce qui permet à nous, humains, de garder l'espoir d'accomplir celui-ci, qu'il soit de porté ou non. Réfléchis-y !

Arcturus écoute, observe, réfléchit à l'aide de la cafetière ébréchée qui lui sert de cerveau, Tout abandonner une fois encore ? Mourir pour la seconde fois ? Disparaître et tout recommencer...Cela reviendrait à user des mêmes stratégèmes, à mentir et à tromper...Peut-être que c'est là l'avenir d'Arcturus, vouer sa vie entière à la regarder de loin, à voir la vie normale qu'il méprise mais qu'il convoite, loin des complots, des mises à mort et des tortures...Quelque part, si il devait se faire une promesse, c'était de mettre un terme à cette vie, une fois que les dernières dettes seront reglées...mais Arcturus reste un homme lucide...Il ne fait pas de promesses qu'il ne peut pas tenir...

- M'enfin, m'enfin ne me tire pas cette tête ! Ca te viendras tout seul. Regarde, moi mon rêve actuel est de continuer la conversation, c'est simple et possible... Mais bon ce n'est pas le seul évidemment.

Silence introspectif du français...

- Du coup, du coup.... Qu'est ce qui t'attires dans le duel de monstre, toi qui est un homme multifonction ?

Ne pas mentir, ne pas mentir...

- J'ai toujours aimé ce jeu, quand ça a commencé à prendre de l'ampleur quand j'étais jeune, je voulais toutes les cartes qui soient et puis j'ai grandi et le monde du travail m'a rattrapé... Mais maintenant que les affaires tournent toutes seules, j'ai tout le temps qu'il me faut pour apprendre comme il faut.

Miracle ! Un seul de ses propos sur trois est faux, il y a un vrai progrès !

- Pourquoi tu as fait le choix d'apprendre dans cette académie alors que tu peux te permettre de prendre des cours particuliers avec l'élite des duellistes ?

Eeeeeet merde...

- C'est une question qu'on me pose tout le temps, je préfère partir de la base.

- C'est peut-être aussi parce que tu veux avoir un contact humain différent de ce que tu connais ?

C'est...étonnamment exact...

- Peut-être.. Dit-il l’œil douteux.

- Mystère et boule de gomme ! Lui répondit la jeune femme, le doigt levé vers le plafond, regardant sa montre à son poignet, une moue triste se faisant présente sur son visage.

- Je ne cache pas que ta compagnie n'était en aucun cas déplaisante, je me réjouis par avance de reparler avec un homme aussi charmant.

Ironiquement...Au terme de la conversation, le ressenti était réciproque..Elle s'était accrochée, désireuse d'en savoir plus sur lui...Mais même si il ne pouvait pas se résoudre à en parler en profondeur...Comment ignorer une tentative de l'arracher à un réel cauchemar vivant ? Nozomi avait un petit quelque chose de spécial et qu'il lui faudrait approfondir si la chance lui en était donnée mais Arcturus savait manier les événements à son avantage alors il y a fort à parier que son habilité à déclencher des situations particulières pourra malgré tout lui servir à prendre un peu de temps de la secrétaire pour discuter...

- Cependant ! Si tu ne veux pas te faire chopper, concernant ceci...

Oh oui, la bouteille...

- Tu devrais vite déguerpir avant l'arrivée des élèves et du corps enseignant qui va être imminente !

La réponse d'Arcturus est plate mais logique.

- Mmmm... Pourquoi pas ? Je pense avoir fait le tour de toute manière...

- De ton côté peut-être mais pas du miens ! En tout cas ça serait parfais que tu poses à ton tour des questions, les personnes sont replis de mystère tu sais !

Invitation à une étude approfondie du comportement du français et de la japonaise ou proposition amicale sans arrière-pensée ? Difficile pour le Mécène d'avoir les idées claires à ce sujet...

- Je te remercie de ta compagnie et... De ce petit extra, comme promis je n'en parlerais pas !

- De rien. Dit-il en vidant son verre, se levant, alla jeter les glaçons dans le lavabo, boucha la bouteille et se dirigea vers la sortie, retournant à ses travaux, ses réflexions et à ses observations.

Il songea longtemps à cette conversation, même à l'heure du repas qui sonna une demi-heure plus tard, ramenant le slifer dans la même salle, regardant si Nozomi serait là pour venir prolonger cette conversation mais non, il ne restait rien de cette discussion, si ce n'est un rêve...






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