Aller au contenu












28 Février 2018 : Gourdasse à l'appel !


  • Ce sujet est fermé Ce sujet est fermé
6 réponses à ce sujet

#1 Posté 01 November 2017 - 10:56 PM Par Yüki

  • Yüki
  • Maître du jeu
  • La plume

  • 601 messages
  • LocationQuelque part

Image IPB



La pratique m'épuise mentalement, en ce jour-ci je n'ai pas arrêté de gaffer sur tout et n'importe quoi… Rien qu'il y a une demi-heure j'ai confondu une de mes cartes, ce qui en a values ma défaite. Mes nuits sont de plus en plus mouvementées et je n'arrive plus à trouver le sommeil… Ces cauchemars, tous plus horribles les uns que les autres s'immisce chaque nuit à l'instar où je ferme les yeux. C'est comme si qu'une fois renfermé sur moi-même, la dure vérité se dévoilait dans ce monde noir qu'est le sommeil. Lena… Sans toi, je n'arrive plus à surmonter ma solitude dans ce dortoir… Ces moments passés ensemble… Ces rires, ces engueulades. Plus rien ne sera comme avant. Depuis ton départ… Tout s'est amplifié. Je ne compte même plus le nombre de fois où je me suis réveillée en sursaut, ni le nombre de fois où j'ai réveillé Zhu. Le pauvre, il doit m'en vouloir, même s'il ne le dira jamais, je sais qu'au fond de lui… Il me hait sur ce point. Ce n'est pas pour ça que je baisse ma motivation et ma concentration en cours… Mais je fais moins attention aux petits détails.

Certain me disent que je me suis adoucie depuis peu, que je suis moins… folle. En soit, j'ai écouté Zhu… A être moins Chaotique et un peu plus ouverts… Du moins j'essayais. Il en fallait peu pour m'énerver, une moquerie, une remarque déplacée, un regard bien trop insistant. Et pourtant, je fais encore ces cauchemars… 'Un châtiment' dirait Zhu. Moi je pense plus à un combat acharné entre moi-même… A la question : Qui est Yüki ? Je ne pourrais répondre par un le simple mot 'moi'. Non je dirais 'nous'. Nous sommes deux, nous sommes différentes, nous sommes la fin de l'autre… Nous sommes Yüki Onna. Et si on me pose : Qui est l'autre Yüki… Je dirais Un monstre et l'autre Une peste. Un jour viendra où l'une des deux aura le dessus… Et ce jour-là... J'espère de tout mon cœur que jamais, au grand jamais que ce soit ce monstre, cette peste, qui gagne. Je suis Yüki Onna… Je suis une âme déchirée… Et j'ai pas besoin d'aide !

Image IPB


Yüki Onna. Une fille sans histoire, une fille normale ? Détrompez-vous… Elle n'est pas comme vous, elle ne sera jamais comme vous, car vous… Misérable humain, vous n'êtes que des sacrifices pour le grand voyage… Vous êtes l'essence même du cercle magique… Vous n'êtes rien. L'essence du Chaos est engendrée par la mort d'une multitude de personne. Vous, malheureuse petite chose, vous serez mon carburant… Vos cris seront l'appel du Chaos, vos pleures seront les ruisseaux amenant à la fin de tout, votre chair sera la matérialisation d'un être suprême, votre sang… Sera mon immortalité. Je me délecterais de ce spectacle tandis que vous aboierez vos amis, vos amours, votre famille… Mais n'ayez crainte, ils sont les prochains… Le Chaos est gourmand et ne demande que ça !

Alors… Pourquoi ? Hein dit moi pourquoi le Chaos ne pourrait pas faire le bien ? Peut-on utiliser le mal pour faire le bien ? La réponse à cette question sera indécise… La réponse est simple… Jamais je n'utiliserais le Chaos pour faire le bien, plutôt crever. Alors crève, moi je veux que cette utopie soit possible ! Je veux, comme avant, redevenir ce que j'étais ! La gentille petite fille, celle qui était aimée, celle qui était serviable, celle qui… Avait des parents ? Avait un sensei… Tu as tout perdu… Car tu es faible et tu perdras encore plus… Laisse-moi te montrer Yüki, laisse-moi quelque seconde pour te faire comprendre qu'ensemble… Nous... Allons tout détruire ? C'est ça que tu veux de toute façon ! Ecraser tes ennemis, annihiler les puissants et régner sur le ce monde pourri jusqu'à la moelle ! Moi je ne veux pas d'une vie comme ça je veux une vie de faible. Non. Une vie normale, reprendre là où tout a disparu et continuer d'avancer peu importe les difficultés.

Elle est une fille qui au début de l'année, ne savait pas quoi faire. Elle est une fille qui voulait plus de puissance pour faire montrer sa grandeur au monde. Elle est devenue à la suite de la rencontre d'Aigami… Un monstre. Un monstre traité de folle, un monstre repoussé de tous… Elle est devenue ce qu'elle ne voulait jamais devenir. Et pourtant, des mains se sont tendues. Ses amis, son amour sont la seule barrière qui empêche à Yüki se sombrer… Depuis elle se bat, jour et nuit à rester dans la même ambition… Redevenir ce qu'elle était auparavant.

Je regardais les gens partir de l'arène de duel, tandis que je me centrais sur moi-même… Personne ne m'attend au réfectoire, plus personne… Lena est partie depuis peu et je ressens ce vide en moi… Nayel ? A mes souvenirs, il ne mange pas au réfectoire ce jour-ci et ayant pris l'habitude de trainer avec Lena, je n'ai même pas pensé à lui demander de manger avec moi… J'oublie vraiment beaucoup de détails aujourd'hui. Je ne fus pas surprise à être la dernière dans l'arène, ayant remarqué ma non présence ici, Iwasawa s'approchait de moi, l'air inquiète tandis que Gin, lui, nous regardait d'un œil avisé. "Quelque chose ne va pas Yüki ?" Elle était à mon niveau maintenant, je rassemblais mes affaires sans rien dire. "Tout va bien… J'étais juste perdue dans mes pensées" Je commençais à partir mais elle s'est mise devant moi. "Ce n'est pas ce que dit ton visage… Tu veux en parler ?" Elle va morfler… "Si je dis que tout va bien, c'est que tout va bien !" Ma voix faisait écho dans l'arène vide. Je venais de me rendre compte de ce que j'avais dit à l'enseignante, elle semblait choquée… Merde… Sans rien dire de plus je me précipitais au loin… Je ne veux pas lui parler… Non… Je ne veux pas qu'elle m'analyse comme elle a fait avec les autres ! Qu'elle conne, je me suis emportée ! Manquant une marche, je me rattrapais à un des sièges, sans écouter les inquiétudes de l'enseignante, je me hâtais vers la sortie. Je n'ai rien à leur dire.

Arrivé dans le réfectoire la plupart des personnes s'étaient déjà installées, la bonne odeur de poisson me fit frémir de plaisir. Au moins je pense à autre chose quand je mange… Une fois mon plateau prit, je contemplais la salle entièrement, je ne sais même pas avec qui je vais me mettre aujourd'hui. J'avançais sans réel but, à ressasser chaque détail que j'avais oublié aujourd'hui, je cherchais une table sans trop regarder où je mettais les pieds… Grosse erreur. Les autres laissaient leur sac partout et mon pied s'emmêla dans une des bandoulières ce qui me fit tomber en avant… Renversant le contenu de mon plateau en avant et… Arrosant un jaune sur le passage. "Il y a des jours comme ça..." Dit la personne avec une voix à peine grave. Au moins… Il ne s'énerve pas pour si peu. Je regardais le contenue de mon plateau qui n'était que bon à jeter… Tout en soupirant, je rassemblais le tout. Quelques rires me firent stopper net sur mon action… Mon poing se serrait mais je continuais à finir de ramasser. "Excuse-moi j'étais ailleurs...". Il va falloir que je reprenne un plateau… Je me levais et posais le regard sur celui qui, il y a quelque instant, j'ai trempée avec mon verre. Il devait avoir à peu près mon âge, brun, des yeux aussi verts que ceux de Lena mais surtout, un regard froid. Si j'arrive à être moins tyrannique avec Zhu le peux le faire avec tout le monde… Zhu. Là tu ne m'aides pas. "Tu es qui ? Ton visage me dit quelque chose." J'arquais un sourcil à l'inconnue son regard restait étonnamment glacial… Il a quoi ? Il finit par sourire.



#2 Posté 17 November 2017 - 06:34 PM Par Kyle

  • Kyle
  • Joueur
  • Souffleur de mots

  • 25 messages
PDV Kyle

Cette journée avait… vraiment mal commencé. Je ne savais pourquoi, mais j’étais de mauvaise humeur. Comme toujours en ce moment. Cet endroit devenait de plus en néfaste pour moi. Il était temps de mettre en place mon plan. Plus grand-chose ne me retenait ici. Mon désir de vengeance refaisait surface à chaque fois que je m’écarter du chemin. Et j’avais de quoi l’assouvir avec ce qui se trouvait sous le double fond de ma valise… L’ultime héritage de la communauté des voleurs. Celui qui me permettrait de leur faire honneur.

Mon esprit me torturait à ce sujet. Qui serait ma victime ? Lui ! Oui. Ça ne pouvait être que lui. Le responsable de mes malheurs, il en payerait le prix. Même si je devais en mourir moi-même. Et…


Toute sa clique suivrait.


J’avais récupéré un plateau et me servait de la nourriture quand la cuisinière me tendit une serviette en soie blanc :

- Attention à ta serviette, me dit-elle avec un petit sourire entendu.

J’observais le tissu d’un œil rapide. Je lus le petit message écrit élégamment. « Infos obtenues. A »

Intéressant. Qu’avait-il appris ? Probablement rien qui ne me soit utile. Mais bon. Je m’amusais plus qu’autre chose avec lui. Le laissant croire qu’il allait vraiment obtenir ce qu’il voulait.

Je marchais dans le réfectoire quand, tout à coup, une fille aux cheveux rose trébuchait sur un sac posé là et renversait le contenu de son plateau sur…
Bah sur moi, évidemment. De mieux en mieux. Enfin… ce n’était pas réellement sa faute. Si les autres rangeaient leurs affaires, ça ne serait pas arrivé. Et puis, ce n’était que de l’eau.
Démontrant tout le self contrôle dont j’étais capable, je me baissais pour l’aider à ramasser en soupirant :

- Il y a des jours comme ça…

- Excuse-moi, j’étais ailleurs, me dit-elle.

Je ne l’avais entendu que d’une oreille. Je réfléchissais à comment cette journée pourrait empirer encore plus :

- T’inquiète pas. Au pire, ce n’est que de l’eau.

Finalement, après avoir tout ramassé, elle se releva et nos regards se croisèrent. Je l’avais déjà vu dans mon dortoir :

- T’es qui ? Ton visage me dit quelque chose.

Au moins, elle n’y allait pas par quatre chemins. Enfin quelqu’un de direct. J’affichais un léger sourire et répondis :

- Je m’appelle Kyle.

Elle posa un doigt sur sa bouche et sembla réfléchir :

- Hmmm… ça ne me dit rien du tout. Je suis Yüki…

Elle observa son plateau d’un air triste quand son ventre se mit à gargouiller. Mon petit sourire s’agrandit. Je lui tendis mon plateau :

- Tiens, tu as l’air d’avoir faim.

De toute façon, je n’avais plus envie de manger. Elle me fit un rapide non des deux mains avant de se rendre compte qu’elle avait à nouveau lâché son plateau. Ce dernier tomba comme au ralenti, les objets posés dessus firent un léger bond. Elle prit un air gênée et mit sa main derrière sa tête en lâchant un petit rire :

- Ce n’est pas ta journée non plus, apparemment, rigolais-je.

- Alala je n’arrête pas de faire ma gourde aujourd’hui.

Elle ramassa son plateau une nouvelle fois et, pointant le mien du regard, elle demanda :

- Eeeee, ça ne te dérange pas ?

- Non non aucun soucis. Je n’ai plus faim.

Je lui tendis mon plateau qu’elle posa avec le sien sur une table. Elle ferma les yeux et pointa un doigt au ciel :


- Eee… sache que c’est un privilège ! Mais veux-tu que l’on fasse un peu connaissance ? Demanda-t-elle en montrant la table.

J’observais autour de moi. Un garçon qui se servait allégrement. Une fille qui trébuchait à son tour, mais sur une banane qui se trouvait par terre. Les jeunes parlaient à voix hautes, avec animation. De duels ? Peut-être. Finalement, mon regard se posa à nouveau sur Yüki et je répondis :

- Moui pourquoi pas.

Nous nous assîmes à la table, l’un face à l’autre.

- Je te remercie. Bon appétit !

Elle prit ses baguettes et commença à manger avec avidité. Elle était morte de faim visiblement ! J’en profitais pour l’observer un peu plus discrètement. C’était une très jolie fille et qui semblait avoir son caractère. Ses cheveux roses n’enlevaient rien à son charme. Elle avait à la fois un air d’enfant mais une certaine maturité dans les yeux.

- Comment trouves-tu l’académie ?

- Mmm plutôt intéressante, même si je n’ai pas vraiment l’intention de m’éterniser. Certaines personnes sont assez particulières. Et toi, qu’en penses-tu ?

- Je me fais une nouvelle vie plus tumultueuse. Je n’ai pas à me plaindre. Surtout qu’on apprend beaucoup de choses sur le Duel de Monstres, son histoire, les esprits…

Ça y est. Je me souvenais d’elle. Je l’avais entendu parler des esprits en cours. Elle ne semblait pas gênée. Intéressant. Voyons ce qu’elle savait.

- J’ai effectivement remarqué que tu n’avais aucun problème à parler des esprits, sujet habituellement très sensible avec la plupart des non-croyants. Dis-moi… que sais-tu d’eux ?

Elle s’arrêta de manger :

- Tu as déjà parlé à Aschérit ?

- Effectivement.

- Alors nous savons la même chose. Mais la vraie question est : En as-tu déjà vu un ?

Ce qu’elle ignorait, c’est que le surveillant ne m’avait strictement rien dit. Mais j’en conclus qu’il en savait donc beaucoup sur eux. Celui-là aussi m’avait énervé. Se faire battre par un nouvel élève avait dû l’atteindre dans sa fierté… Je ne m’en étais pas vraiment vanté auprès des autres parce que je trouvais cela futile, mais il l’aurait mérité. Encore un qui ne supportait pas de perdre…


Me traiter de cupide ? Il ne me connaissait pas, ne savait rien de moi mais se permettait de porter un jugement. Encore un qui devait apprécier le pouvoir qu’il possédait. Je m’en moquais. Il n’était pas la personne que je m’étais imaginé à mon arrivée. Depuis, je me contentais de l’ignorer. Après tout… je n’avais pas besoin de lui pour réussir à comprendre mes Néos-Spaciaux. Toute ma vie, j’avais vécu dans la solitude. Ce n’était certainement pas aujourd’hui que je me mettrais à genoux devant quelqu’un pour obtenir des informations.

- Je n’en ai pas vu un à proprement parler. Mais… j’ai senti ses capacités. Il… m’a brûlé, à plusieurs reprises.

Elle soupira :

- Donc tu t’en limites qu’à ça… C’est pas plus mal.

- Pour l’instant, je pense que c’est déjà suffisant. Et toi ? Tu en as déjà vu un ?

Elle semble plus réticente. J’ai comme le sentiment qu’elle n’a pas fait qu’en ressentir la présence :

- Cela serait bizarre que je te pose la question sans en avoir vécue l’expérience…

- Je suppose oui… Serait-ce trop indiscret de te demander des détails ?

- Hmmm… Je préfère ne plus en parler, excuse-moi.

Elle sembla tout à coup se fermer. Je sentis immédiatement qu’elle ne voulait pas en parler. Un point sensible ? Probablement. Je l’aimais bien. Je n’avais pas envie de lui rappeler de mauvais souvenirs, même si cela titillait ma curiosité. Immédiatement, je levais les mains en signe de paix :

- Aucun problème. Dis-moi plutôt, que cherches-tu ici ? Le savoir ? L’entrée dans la ligue professionnelle ?

- La plupart des étudiants ici dirait cela… Quand je suis arrivée ici, je ne m’attendais pas, mais du tout à ça… J’étais venue, à la base, pour en apprendre plus, puis Nayel s’est mis sur mon chemin, des amies et lui…

Elle rigola :

- Je te dis que je ne veux plus en parler mais c’est plus fort que moi !

Nayel ? Un garçon ? Mmm… Intéressant. La demoiselle avait donc quelqu’un derrière elle.

- Nayel ? Qui est-ce ?

Son regard changea. Quelque chose apparut en elle. Tait-ce… de l’amour ? Quand elle me répondit, je sus tout de suite que j’avais vu juste. Elle en était éperdument amoureuse, semblait-il. Qu’en pensais-je ? Aucune idée. J’étais dubitatif. Je ne savais pas vraiment ce qu’était l’amour. Il y avait bien Marine mais… était-ce vraiment cela que je ressentais pour elle ?

- C’est une personne formidable ! Il appartient au dortoir des cadets, me coupa-t-elle dans mes pensées.

Je souriais d’un air légèrement détaché :

- Tu sembles… très éprise de lui.

- Te dire non serait te mentir, te dire oui serait insuffisant… Il est tout pour moi. Enfin bref ! Assez parlé de moi. Et toi, que voulais-tu dire par « ne pas m’éterniser ici » ?

Détournement de la conversation ? Elle devait estimer en avoir suffisamment dit. C’était à mon tour de me rappeler de mauvais souvenirs.


Cette fameuse promesse. Celle que j’avais faite à ma pauvre mère, juste avant qu’elle ne trépasse dans mes bras. Je le lui avais juré. J’allais le faire. Je savais comment. Je n’avais toujours pas de preuve que ce soit bien lui, mais intérieurement… Je le savais. Je le détruirais. Je le détruirais même si je devais en mourir. Pour ma mère. Pour mon père… que je n’avais pas connu. Pour mon frère… que je n’avais pas connu non plus. Pour les voleurs. Ils m’avaient donné le pouvoir d’exaucer leur souhait juste avant de partir vers un monde soit disant meilleur. Ces minéraux… je les avais examinés, étudiés des centaines de fois. J’avais fait de nombreux tests, avec des dosages différents jusqu’à trouver le meilleur. Je n’avais pas prévu de détruire tout Crash Town ! Non… seulement mes cibles. J’avais également mis en place un système suffisamment ingénieux pour éviter d’être pris dans la déflagration. L’amener ici aurait été dangereux. Non. Savoir le construire était suffisant. Je n’avais besoin que de quelques heures. Et quand je l’activerai, ils seront tous anéantis. Ces…


Monstres.



- Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Je suis venu pour une raison bien particulière qui finalement s’est montrée inutile. Je pense partir bientôt. Je n’ai plus grand-chose à faire ici.

Elle croisa les bras, perplexe :

- Si il n’y a vraiment rien qui te retient, pourquoi n’es-tu pas encore parti ?

Bien visé. Pourquoi étais-je encore ici ?

Pour Kawaki ? Il était devenu distant avec le temps, et semblait s’être trouvé un nouveau meilleur ami en la personne de son coloc. Il n’avait pas besoin de moi pour lui rappeler ce qu’il avait vécu à Crash Town. Ce n’était pas pour rien qu’il était parti sans même prendre la peine de me prévenir.

Pour Aigami ? C’était probablement l’une de mes deux raisons d’être encore ici. Qu’avais-je vu en lui ? Un ami… Non. Un frère ? Un père ? Je ne savais pas vraiment. Ce dont j’étais sûr, c’est qu’il était important. C’est la plus proche figure familiale que j’ai eu depuis ma naissance… en dehors du gardien de l’internat.

Pour Marine ? Elle était la deuxième raison. Je comprenais maintenant comment Kawaki avait pu devenir aussi faible. Je ressentais quelque chose de fort pour elle. Je ne savais pas trop comment ni pourquoi… mais j’en étais sûr. Cependant, malgré leur présence et ce qu’ils m’inspiraient… mon désir de vengeance reprenait constamment le dessus et me faisait revenir à la réalité. Aigami était quelqu’un qui n’avait probablement jamais réellement ressenti de la fraternité pour moi. Il avait suffisamment à gérer avec ses problèmes personnels. Et Marine… ne voyait très certainement en moi qu’un ami.
Alors, je pris une grand inspiration et répondis :

- Mmm bonne question. Je suis resté pour trois personnes. Mais… les choses changent. Et puis, je dois mettre en place un plan avant. Il ne faut pas agir sur un coup de tête. Cependant, l’heure approche.

Elle sembla comprendre :

- Effectivement… Cela explique que tu sois discret. Excuse-moi d’être indiscrète, qu’es-tu venu chercher ?

Vérité ? Mensonge ? Il n’y a qu’un pas entre les deux. Qu’allais-je lui répondre ? Je ne le savais pas jusqu’à ce que j’entende ma proche bouche prononcer ces mots :

- Je cherchais le nom de la personne que je dois détruire.

Perspicace, elle comprit qu’il s’agissait d’une histoire de vengeance, cette déesse dévorante qui, lorsqu’elle nous tient, fait de nous ses pantins. Je ne devais pas céder à son appel. Trop tard. J’étais décidé. Elle tenta de m’en dissuader.

- Il faut parfois adopter les ténèbres… pour faire régner la lumière.

Nous continuâmes à parler encore un petit moment. Le sujet dériva jusqu’au club où elle me fit remarquer que je n’étais pas très actif. En même temps, je n’avais pas du tout envie de communiquer avec Aschérit ou avec les autres élèves. Des enfants qui n’avaient aucune idée de ce qu’était la vraie vie à l’extérieur.

- Il faudra que l’on fasse un duel à l’occasion.

Je voulais voir ce dont elle était capable. Je me doutais qu’elle devait être redoutable.

- Moui. Tâche de ne pas m’énerver avant, me dit-elle avec un clin d’oeil.

J’affichais mon sourire satanique.

- De même pour toi. Mes cartes ne pourront pas toujours contrôler mon coté obscure, rigolais-je.

Elle proposa qu’on le fasse le soir, après les cours. J’acceptais. Je n’avais de toute façon rien de prévu. D’ailleurs, il serait temps que je me décide à prévoir. Comme j’avais prévu pour mon attaque au Mont de l’Enfer, quelques mois auparavant. Il fallait que j’y retourne. Que je les observe. C’était le seul moyen pour savoir quand, comment, et où agir.
Quand elle eut fini de manger, elle se leva et me dit au revoir. Je l’observais partir. Une rencontre intéressante.

Je me levais à mon tour et me dirigeais vers mon prochain cours avec ce cher Aigami. En marchant, je continuais à réfléchir. Il fallait que j’entre discrètement dans la ville. Après ce que j’avais fait à Chris et Greiger, je savais que si j’étais repéré, s’en serait fini de Kyle… et accessoirement, du dernier des voleurs. Je devais me montrer à la hauteur de ma famille. Malin. Intelligent. Rusé. L’art martial dont j’avais connaissance me permettrait de m’en sortir face à trois ou quatre ennemis. Mais si je venais à me retrouver face à toute l’armée de calibres-rouges à la botte de Letton… Non. Je devais me montrer aussi discret que le loup.

J’entrai dans la salle que je survolais du regard. Je repérais une place libre à coté de Marine. Ne voyant pas Kawaki, je me dirigeais vers elle et m’asseyais. Je lui souriais :


- Salut !

Elle écarta, d’un geste de la main, une mèche de sa magnifique mais sauvage crinière et me répondit :

- Hey salut !

La « partie », comme Kawaki appelait ce moment, allait pouvoir débuter. J’inspirai un grand coup. Rester moi-même était encore ce qu'il y avait de mieux.

Modifié par Kyle, 17 November 2017 - 07:00 PM.




#3 Posté 17 November 2017 - 11:31 PM Par Yüki

  • Yüki
  • Maître du jeu
  • La plume

  • 601 messages
  • LocationQuelque part

Image IPB


Kyle venait d'arriver dans les gradins de l'arène. Je m'étais mise seule afin d'avoir la paix car mes copines parlent… Trop. Beaucoup trop ! Je n'ai pas envie de louper mon année juste pour rigoler avec eux, ça ne fait pas de moi une asociale attardée mais une élève disciplinée… Comparé aux jugements qu'on porte sur moi à la hâte. Il s'était installé à côté de moi… Cela fait depuis plus de deux semaines qu'on parle et qu'on traine ensemble, c'est un type bien… Vraiment. Il m'écoute et rigole à mes blagues… Plutôt… Bancale à vrai dire, je ne me le cache pas. "Parée pour un petit cours avec notre cher professeur ?" Ma réponse se traduisit par un soupir… Je ne comprends absolument rien aux baratins de notre pseudo magicien loufoque. "Il faut bien... Et toi ?"

"Ça peut aller. Le professeur Aigami est quelqu'un... que j'apprécie" J'ai eu l'impression qu'à la fin de sa phrase, il s'assombrissait… Mes oreilles et mes yeux me jouent des tours… Ou alors ma tignasse blonde qui sait ? Mais qui peut bien aimer un individu comme lui "Ah Bon ?"

Il rigolait légèrement. "Et pourquoi pas ? C'est quelqu'un d'intéressant. Il suffit de prendre le temps d'aller lui parler" J-je rêve ou il vient de me faire un clin d'œil ? Je sais qu'il aime bien ma présence mais de là… Bon baste ce n'est qu'amical. "Je t'avoue qu'il est vraiment bizarre avec ces histoires d'esprit et d'immortalité... Pour moi il est cinglé" Et cela m'amusais que quelqu'un se prétendent immortel… Il souriait "Crois moi, tu n'as même pas idée. Néanmoins, c'est un bon professeur et il ne souhaite que nous transmettre son savoir." Il laissa planer quelque seconde de silence "Sinon comment ça va avec les gens de ton dortoir ?"

"Comme d'habitude ! Toujours un peu le bazar chez les cadets... Mais sinon je m'entends bien avec ceux de ma chambre."

"Et il y a qui dans ta chambre ?" Il s'intéresse encore à mon entourage ? "Hmmmm, Todo, Arthur et Kogami. Pourquoi ?" Mentais-je, je pense savoir. Je plaçais une jambe sur l'autre et me mettais à mon aise, le cours d'Aigami avait commencé et la pratique est en action… Il va nous montrer son incroyable pourvoir grâce à ses cartes Ironisais-je intérieurement. "Mmm non pour savoir. Alors chez les cadets, ils mélangent garçons et filles ? Étrange…"

"Chez les intermédiaires aussi, j'ai une amie qui est avec un mec... Mais bon, c'est étrange comme tu dis. J'aurais préférée être avec mes copines"

"Oh vraiment ?" Kyle semblait surpris "Je trouve cela assez étonnant sachant que beaucoup d'étudiants ne sont même pas majeurs. Enfin, je suppose que les garçons savent se tenir" finit-il sur le ton de la plaisanterie. C'est vrai… que c'est la seule école que je connais qui fait ce genre de pratique… Ils n'ont pas peur qu'il se passe des choses pour le moins chaude entre des étudiants sous leur nez. "Ouai... Les blagues de mecs ça va deux secondes aussi. Ils sont lourds" Cela m'agaçait en fait, il me soule ! Je croisais les bras par réflexe, dès qu'on me soule c'est automatique. "Tu sembles contrariée. L'un d'eux t'a-t-il posé des problèmes ?" Toujours le même, celui affalé sur son lit à meugler comme un dératé sur ses jeux en ligne… "Non mais le geek lance des vannes mysogine en continue, il me gave."

"Tu veux que je m'occupe de son cas ?" Il pouffa de rire, cela me fit sourire... Il est cra- Qu'est-ce que je dis, tu dérailles totalement ma petite ! Je finis par me recentrer voyant que Kyle me regarde d'un air interrogateur. "Tout ne se règle pas par les poings"

"Qui te dit que je parlais de poings ?"

"Excuse-moi mais quand on dit. M'occupez de son cas, c'est pour le tabasser" Je mimais les guillemets sur ses propres paroles. Il en rigola…  "Dans cet endroit, je pense qu'une large victoire lors d'un duel est bien suffisante pour qu'il apprenne à respecter les autres." Il finit par me chuchotter à l'oreille. "Mais si tu veux que je le tabasse, il suffit de demander." J'ai eu un frisson… Pourquoi ? Et par la suite, je me suis mise à rire à plein poumon. "Tu en as d'autre comme ça ? Rhalalala.... Mais si tu peux le remettre en place... Ça m'aiderait bien"

"J'en ai plein d'autres en réserve ! Tu as dit qu'il s'appelait comment déjà ?"

"Todo... Mais... son deck est puissant. Fais gaffe." Ses Dragons Blancs… Personne n'a réussi à le battre réellement mise à part l'autre prétentieux de service.

"Ne t'en fais pas pour moi" Encore un clin d'œil… Allez, fini de me mettre mal à l'aise, c'est à mon tour ! "Si son deck est vraiment puissant... alors la défaite n'en sera que plus amère !"

"Et tu sais..." Je le regardais tout en ayant un regard embellit par la moquerie. "Les clins d'œil ça fait ridicule" Nan mais sérieux, qui fait des clins d'œil aujourd'hui ! J'en rigolais comme pas permis, il est vraiment drôle et étrange ce garçon ! Il fut mine d'être choqué "Ohhhh tu me vexes !"

"Il en faut peu dit donc !"

"Effectivement. Et sinon... est-ce que tu t'intéresses plus aux garçons ou aux filles ?" Avec une fille ou un gars ? c'est débile comme demande "La question ne se pose même pas."

"Garçon donc..." Et il en doute en plus ! "C'est bien ! Tu as un bel esprit de déduction ma parole !" Il me fait autant rire qu'un clown, il devrait se lancer dans l'humour… Ouai, non… Mauvaise idée. "Merci, merci" Il leva la main au ciel qui accompagné ses paroles, pittoresque ! "Et... as-tu trouvé quelqu'un ?" Ici ? Blague, avec le nombre d'énergumène qu'on a dans cette académie qui ont l'âge mental d'un poisson rouge c'est même pas en rêve ! "La plupart des mecs sont des gamins dans leurs têtes, donc non." Un léger cri, Aigami venait de terrasser… A tien en parlant de lui ! Il s'est fait botter le cul ce petit con de geek !

"Il a perdu parce qu'il est juif !" Lança le groupe d'en bas avant de se moquer de Todo… Il mérite que ça. Kyle reprit la parole, faisant abstraction des imbéciles du bas "Je vois..."

"Et toi ?" Question rhétorique, pourtant il semblait gêné… "Euh... et bien... je ne sais pas vraiment." Non… Ne me dit pas que… Le drame !  "Hein, tu es gay ?" Voyant que je rigolais à ma propre blague et que son visage se décomposait je lâchais avec l'accent le plus ciselé du monde. "It's joke !"

"Mais non ! Je parlais de la deuxième question. Bien sûr que je ne suis pas gay !" Ceux du dessous nous regardaient, et les sifflements de la moquerie reprenait succinctement son cours. "Voilà, c'est ce genre de réaction qui m'exaspère" Je soupirais… Ils me gonflent tous. "Bon, sinon, comment ça tu ne sais pas ? Tu as quelqu'un en vue ?" Je lui mettais un coup de coude amical, il ferma les yeux. "Je me moque de ce qu'ils pensent. Et il est possible que j'aie quelqu'un en tête oui." O-Oh ! Je me demande bien qui. "Ah Bonnn" Je le taquinais de plus en plus et mon sourire en disait long sur mes pensées moqueuses "Qui çaaaa ?" Il réouvrit les yeux et remarqua que j'étais à côté de lui, bien plus proche ce qu'il pensait. Ses yeux se détourna un instant "Je préfère... ne rien dire pour l'instant."

"Quoi c'est une de mes copines ? Je peux t'arranger un rencard si tu veux !"

"Non merci..." Il se referme encore sur lui-même… Ce comportement me fera toujours rire. "Tes vraiment bizarre"

Il resta un moment à fixer Aigami et surement en lui faisant des éloges, contournant la conversation… Hmmmmm, il cache quelque chose. Je finis par le taquiner sur son orientation sexuelle, il le prenait encore une fois mal mais cette fois-ci il veut me montrer une preuve. "Une preuve ?"

"Apparemment... Puisque tu n'as pas l'air de me croire."

"Je me demande bien comment tu vas t'y prendre pour me fournir une telle preuve" Je finis par pouffer de rire, j'en pleurais de rire même, ne regardant plus Kyle, une fois calmée, je le vis… Mon cœur à loupé un battement… Tr-tr-trop… Trop Proche ! Il était vraiment trop proche là ! Je me reculais légèrement surprise, mon cœur battait
à la chamade. "Tu fais quoi là ?"

"Je te montrais que je ne suis pas gay." Il s'écarta et semblait amusé de cette situation… Gênante… Merde, merde, merde. "Ouai... Bah, refait plus ça."

"Au moins, tu ne remettras plus mon orientation sexuelle en cause" A là c'est clair… Plus jamais, j-je ne le regardais même plus. J'ai du mal à m'en remettre, moi Marine… J'ai failli me faire embrasser par Kyle. C-ce n'est pas le moment… Enfin je ne sais pas, je sais plus ! Voilà ! Le silence qui s'en suivait devenait beaucoup trop pesant, je finis par le couper par un long soupir "Dit... La personne dont tu parlais... C'était moi ?" Je le regardais, il souriait un peu jaune. "Qu'est-ce qui te fait dire ça ?"

"Ce que tu as essayé de faire tout à l'heure... Ça m'a suffi pour en déduire ça..." J'ai fini par regarder ailleurs… "Donc je te repose la question, c'est de moi dont tu parlais ?"

"Probablement..." Oh… Merde "Je... Eeeee..." Je dois faire quoi là ?! Enfin, je dois réagir comment… J-je ne m'attendais pas à ça aussi vite… "Etonnant ?"

"C'est le mot... Je pensais que tu me voyais comme une amie..." J'ai encore menti, il est vrai qu'il est le seul à s'occuper de moi dans cette académie, il est mature et be… Je raconte quoi ! Ressaisit toi Marine ! "Peut-être parce que je suis froid et distant avec les autres... Est-ce que... cela te pose problème ?" Je l'écoutais à peine, trop plongée dans le pour et le contre. "Hein ? Eeee... Ne parlons plus de ça, d'accord ?"

"A ta guise..." Faut que je décompresse là, et que je réfléchisse un peu. "Je reviens, j'en ai pour quelques minutes" Une fois dans les toilettes devant le miroir, je voyais l'autre blonde, moi. Je ne souriais plus et j'avais extrêmement chaud… Je me débarbouillais le visage plusieurs fois en repensant à ce moment si gênant. Si je n'avais pas remarqué, il aurait été au bout de son action ?! Aurais-je eu peur ? Moi ! La grande Blondasse à peur d'un homme !  "Bon ! Marine ! Ce n'est pas la peine de se mettre dans tous ces états ! Allez… On se remet la pêche d'enfer !" Je me coachais quelques minutes et je finissais par être totalement enthousiaste. Avec Kyle nous avons parlé de sujet lambda et j'essayais au maximum de ne pas revenir sur ce sujet.

La sonnerie retentissait l'heure de la fin des cours… Enfin, la délivrance ! Je me levais et me stoppais quelque instant… Kyle est déçue… Mais je veux voir ou cette situation peut mener… Je veux voir si y'a un avenir ou alors Kyle voulait simplement me smacker juste pour un défi idiot… Comme font tous les mecs. Je lui offrais mon plus beau sourire "Tu veux qu'on mange ensemble ce soir ?" Il me rendit mon sourire "Avec plaisir."

"Super !" Je lui lançais avec une voix et un regard inquisiteur tout en le pointant du doigt. "Et pas de plan foireux"

Il prit un air enfantin… Il est vraiment bizarre. "Quel genre de plan foireux ?"

"As toi de réfléchir sur la question ! Bon sur ce, à ce soir !" Je le saluais de la main et il fit de même avec un grand sourire… Qui sait… Peut-être que je ferais un pas ce soir ? Oserais-je ? Ou alors aurais-je encore cette boule au ventre comme à tous mes rencards ?




#4 Posté 23 November 2017 - 02:36 PM Par Kyle

  • Kyle
  • Joueur
  • Souffleur de mots

  • 25 messages
PDV Kyle


Je marchais en direction du dortoir jaune tout en réfléchissant à ce cours, riche en rebondissements. Cette fois, j’avais vraiment failli l’embrasser. Aurais-je été au bout si elle n’avait pas reculé ? Je lui aurais laissé le choix. A ce moment, mon cœur battait à cent à l’heure. Je n’avais que rarement été aussi proche d’une fille… et aucune d’une beauté aussi grande que celle de Marine. Néanmoins, ça l’avait choqué. Je m’en voulais. J’espérais qu’elle ne l’avais pas trop mal pris. Elle avait compris que je m’intéressais à elle. Je le lui avais avoué… implicitement. Ça l’avait perturbé mais je ne savais pas si ça lui faisait plaisir ou pas… elle ne laissait rien paraître. Elle était finalement partie quelques minutes aux toilettes avant de revenir, un grand sourire aux lèvres. On avait continué à jacasser avant que le cours ne se termine. Elle avait peut-être décidé de nous laisser une chance car avant de partir, elle me proposa de manger avec elle, ce que je m’empressais d’accepter. Aurai-je le courage de lui demander de sortir avec moi ? Je ne le savais pas encore… Mais j’étais sûr d’une chose : je ne voulais pas la voir avec un autre mec que moi.

Tout à coup, mon téléphone vibra. Un nouveau message ? Mais de qui ? Mmm… Mon regard se posa sur l’écran.
Lorsque je lus le nom de l’expéditeur, je sus immédiatement que les événements se précipitaient. Le message était clair :



Il est sur la fin. Si vous voulez lui dire adieu, vous devriez vous presser. Les médecins ne lui donnent pas jusqu’à la fin de semaine prochaine.

La directrice




Je m’en doutais. Cela faisait depuis quelques mois déjà que la santé de Toshen s’aggravait. Il n’y avait rien à faire. La vieillesse aurait raison de lui. Je me remis en route sans prendre le temps de répondre, elle savait que je viendrais. Je le savais aussi. Il fallait que je me prépare. Un plan se forma dans ma tête en quelques secondes. Avant de m’approcher de l’internat, je devais être sûr qu’il n’était pas surveillé par les calibres-rouges. Pour cela, il fallait que je… prenne de la distance. La caverne secrète serait l’endroit idéal pour me poser quelques heures le temps d’observer. Il fallait juste que Toshen tienne encore quelques jours. Il le ferait. Il ne partirait pas sans me laisser le temps de lui dire…



Image IPB





Adieu.


Je continuais à avancer. Il ne fallait pas s’arrêter. Je vis Yüki au terrain de duel. Je laissais mon sourire se peindre sur mon visage. Personne ne devait savoir que… je pleurais intérieurement. PERSONNE.

- J’espère que tu es prête ! Car je ne te ferai aucun cadeau.

Ce furent mes premiers mots à l’encontre de Yüki. Elle sembla réfléchir :

- Je… Comment dire ? Je vais utiliser mon autre jeu.

De quel jeu parlait-elle ? Peu importe. Je ne pouvais pas utiliser Néos. Pas en ce moment. Mon corps s’y refusait. Pourquoi ? Pourquoi ? Je n’y arrivais tout simplement pas. Était-ce de la peur ? La peur de ne pas le comprendre, de ne pas faire ce qu’il faudrait pour lui ? Je ne me préoccupais plus de mon adversaire, trop concentré sur Néos. Non… Je ne pouvais pas !
Mes Protecteurs du Tombeau feraient parfaitement l’affaire. Et tant pis si je devais perdre. Néos, je ne devais pas avoir peur de lui et pourtant…
Je repensais aux mots d’Aschérit. Si c’était vrai, Néos devait percevoir la haine en moi. Peut-être que cela… l’influait.
Le duel débuta. Je pris la main. Je tentais d’effacer de mon esprit le visage de Toshen et me concentrais :

- J’active de ma main l’effet de mon Commandant des Protecteurs du Tombeau. En le défaussant, je peux tirer ma Vallée Mortuaire depuis mon deck et que je joue immédiatement.


Venue des profondeurs de l’Egypte,
Toi qui est le divin terrain antique,
J’en appelle à ton pouvoir afin de vaincre dans ce combat,
Apporte moi justice et victoire dans ce duel des ténèbres…
Vallée Mortuaire !


Le sable chaud apparut sur le terrain. Je me trouvais devant l’ancien temple qui renfermait bien des secrets. Et lorsque je les révélerai, elle ne pourrait plus rien.
Je posais ensuite une carte face cachée et invoquais mon Lancier des Protecteurs du Tombeau.
Ce fut ensuite au tour de Yüki.

- J’invoque La Vierge Macabre en mode attaque ! Je l’équipe avec Puissance du Mage ce qui élève sa puissance de frappe à deux mille sept cent. Allez, à l’attaque !

Lancier se retrouva fauché en deux.

- Quand ma vierge détruit un monstre, elle se régale de son sang et augmente son attaque de deux cent ! A toi de jouer, monsieur le protecteur, rigola-t-elle d’un ton ironique.

Vraiment ? Mmm… Il était temps de passer à la vitesse supérieure. Je regardais ma main. J’avais tout ce qu’il fallait pour lui clouer le bec pendant quelques tours. Ma manœuvre risquerait de me laisser sans défense mais peu importe… la beauté du geste primait !

- Mmm… Pas mal, pas mal. Voyons ce que je peux répondre.

Je tirais une nouvelle carte et affichais un petit sourire :

- Bien. J’invoque un monstre en mode défense. Puis je place une autre carte face cachée avant de finir mon tour.

Elle piocha à son tour.

- Ne reste pas caché, Kyle ! Prépare-toi ! Apparaît, Valkyrie de Magicien et attaque ce couard qui se cache derrière ses monstres.

Elle sourit. Peu importe. Elle se croyait maligne sur ce coup. Elle se trompait :

- Ma chère… il ne faut pas se précipiter tête baissée dans les pièges de tes adversaires. Tu es tombée sur mon Espion des Protecteurs du Tombeau. Et grâce à ma redoutable carte magique, sa défense s’élève à… 2500. Ce qui signifie que tu vas perdre 900 points de vie !

Je lui laissais quelques instants de répit avant de reprendre :

- De plus, lorsqu’il est ainsi joué, je peux invoquer sur le terrain un autre monstre, j’ai nommé… Héritier des Protecteurs du Tombeau ! En mode attaque, bien évidemment.

- Rigole toujours, on verra qui sera debout en dernier.

Elle sembla tout à coup beaucoup plus sérieuse :

- Soit. Garde ta défense. Au prochain tour, elle saute. Maca, tranche son Héritier !

Mon sourire s’agrandit. Trop pressée, pas assez réfléchie.

- Je crains… que tu ne sois à nouveau tombée dans l’un de mes pièges. Regarde. Je révèle ma carte face cachée. Dimension Magique. Toi qui utilises des montres magiciens, tu dois en connaître l’effet. Mais je vais quand même te l’expliquer. Je peux sacrifier mon Espion des Protecteurs du Tombeau et invoquer depuis ma main un monstre magicien. J’invoque donc mon Recruteur des Protecteurs du Tombeau en mode défense. De plus, ta Maca est automatiquement détruire par l’effet de Dimension Magique. Tu peux lui dire au revoir, terminais-je avec un signe de la main.

Elle envoya ses deux cartes au cimetière, me jetant un regard… énervé. Je l’avais mise en colère, on dirait. Je rigolais :

- Ne me regarde pas comme ça, enfin, !

Elle posa finalement une carte et me laissa la main. Ce duel était trop facile… je me doutais qu’elle devait préparer quelque chose. Peu importe. Gagner ou perdre ce duel n’était pas vraiment important, ce n’était qu’un combat amical. Au moins, cela me permettait de me distraire après… la mauvaise nouvelle.

- Je continue ! Tout d'abord, je sacrifie mon Recruteur afin d'invoquer... Chef des Protecteurs du Tombeau. Grâce à l'effet de Recruteur, je peux ajouter un monstre Protecteurs du Tombeau de mon deck à ma main. Ensuite, comme j'ai sacrifié un Protecteurs pour invoquer mon Chef, je peux invoquer à nouveau depuis mon cimetière... Recruteur des Protecteurs du Tombeau ! A présent, j'active l'effet de mon Héritier. En sacrifiant mon Recruteur, je peux détruire ta carte face cachée.
De plus, à nouveau grâce à l'effet de mon Recruteur, je peux ajouter un autre monstre à ma main. Ensuite... Mon Héritier va attaquer ta Valkyrie !

Elle marmonna quelque chose et continua à me fixer d’un regard noir. Elle n’aimait clairement pas perdre !
J’enchaînais par une attaque directe de mon Chef. Je lui laissais ensuite la main quand la voix d’Aschérit se fit entendre :

- Le perdant de ce duel aura une sanction.


Je marmonnais pour moi même :

- Il n’a vraiment rien d’autre à faire celui-là.

Pfff. Ridicule. Si il croyait me faire peur avec ses sanctions idiotes… Je me moquais bien de ce qu’il pourrait me faire. J’allais partir d’ici quelques jours.

- Continuons. C’est à toi de jouer.

Elle afficha un sourire plutôt effrayant :

- Oui… enfin te voilà.

Elle me lança :

- Prêt ?

Je haussais les épaules et répliquais :

- Fais toi plaisir.

Et elle se lança dans une très longue manœuvre aboutissant à la destruction totale de mon terrain grâce à sa Magie Brûlante des Ténèbres, et à l’apparition de sa Magicienne des Ténèbres et de son Magicien Sombre. Je me retrouvais sans défense. Mon terrain était vide. Tout à coup, mon regard fut attiré ailleurs.

Néos recommençait encore à s’illuminer dans ma poche. Ça va ! J’avais compris que j’allais le perdre ce duel ! Je n’avais pas besoin qu’il me fasse de grand signe comme ça !

Malgré tout, je n’allais pas perdre sans me battre. J’avais activé mon piège juste avant qu’il ne soit détruit. Elle ne le savait pas encore, mais ce duel était loin d’être fini. Je gardais donc le sourire ce qui l’étonna mais ne l’empêcha de m’attaquer avec ses deux magiciens, réduisant sérieusement mes points de vie. Je tirai ma prochaine carte. Je poussais un long soupir. Je m’apprêtais à envoyer au cimetière ses deux monstres adorés :

- Je place deux cartes face cachées. Ensuite, je sacrifie tes deux magiciens afin d’invoquer… Golem des Laves !

Un gigantesque Golem apparut, enfermant Yüki dans sa cage. Elle m’observa d’un air haineux. Je continuais à la titiller :

- T’ai-je dis que mon Golem te soufflerait 1000 points de vie à chacun de tes tours ?

Elle lâcha un petit « Kisama... » que j’ignorais :

- Je mets fin à mon tour. A toi.

Au moment où elle piocha une carte, une goutte de lave vint la brûler. Un petit gémissement de douleur s’échappa de sa bouche :

- J’espère que tu vas supporter jusqu’à la fin duel, me moquais-je gentiment.

- Tu sacrifies mes magiciens, et en plus… tu oses te moquer !

Elle pointa du doigt mon Golem et ordonna :

- Toi… disparaît pour laisser place à ma magicienne.

Elle me sourit :


- Tu n’arriveras jamais à briser mes magiciens. J’active L’Appel de l’Être Hanté et fais revenir mon Magicien Sombre. Mais il ne restera pas bien longtemps. En retirant mes deux magiciens, j’invoque spécialement celui qui fut autrefois un grand mage reconnu mais banni par les siens car trop puissant. Apparaît, Sorcier de la Magie des Ténèbres !
Sorcier ! Réduit-le en poussière arcanique ! Dark Distorsion !

- Je révèle ma carte face cachée. Ma carte magique Rébellion me permet de prendre le contrôle de magicien pour la durée de cet assaut. Je suis désolé, mais ta victoire va devoir attendre.

- Un tour… murmura-t-elle. A toi !

J’observais au dessus de mon deck. C’était elle. La carte que j’avais jouée tout à l’heure secrètement allait faire son apparition. Mais en l’observant, je me rappelais certains souvenirs. Cette carte… Toshen l’avait déjà jouée. Je m’en souvenais. Lors d’un duel contre moi. Je secouais la tête. Il fallait… que je reste concentré !
Je montrais mon disque de duel à Yüki qui sembla surprise de voir une carte piège face recto, placée sur le dessus.

- C’est la carte que j’ai activée juste avant que tu ne joues ta Magie Brûlante. Et… je m’apprête à la piocher.

Je la tirais :

- Lorsque je pioche cette carte retournée, le Trésor du Pharaon me permet de récupérer une carte de mon cimetière. Je vais donc récupérer mon Commandant des Protecteurs du Tombeau et j’active son effet afin de jouer sur le terrain ma redoutable… Vallée Mortuaire ! De ma main, j’active ensuite ma magie Stèle des Protecteurs du Tombeau. Je vais maintenant pouvoir récupérer deux monstres de mon cimetière, malgré la présence de ma Vallée Mortuaire. J’invoque ensuite un monstre en mode défense…


Qu’avais-je fait ? J’aurais dû… jouer mon Noble des Protecteurs du Tombeau. Pas Espion ! La voix de Yüki me fit revenir à la réalité et je vis qu’elle avait invoqué Fracas, le Guerrier Magique.

- Je détruis ta magie en retirant le compteur magique sur Fracas. Puis j’attaque avec mon Sorcier !

- Mon Espion ira peut-être au cimetière, mais ainsi je peux jouer… Assaillant des Protecteurs du Tombeau.

Je perdais ma concentration. Elle le détruisit immédiatement.

J’avais mal joué. Sa victoire était méritée.
Je tirais ma prochaine carte :

- C’était un très beau duel. Je… te laisse la main.

Elle parut étonnée :


- Tu te laisses abattre sans te défendre ?

Mon sourire s’agrandit. C’était fini. Peu importe que je jouais ou pas.

- Je n’ai plus rien, ma chère. Tu as remporté ce duel avec brio. Mets-y fin. Je termine mon tour.

Elle répondit d’un ton nonchalant :

- Magiciens… détruisez-le.

Elle avait gagné. Tant mieux pour elle, elle n’aurait pas à subir les foudres du tuteur. Moi, je n’en avais cure.

- Merci pour ce duel, s’inclina-t-elle.

- De même. J’espère pouvoir à nouveau t’affronter à l’occasion mais… avec mon vrai jeu la prochaine fois.

- Et tu perdras une nouvelle fois, rigola-t-elle.

- Mmm… Nous verrons.

Étonnamment, Néos avait cessé d’émettre cette maudite lumière qui commençait à prendre une part beaucoup trop importante dans ma vie !


Je me tournais sur le coté. Mon regard croisa celui d’Aschérit. Est-ce que j’étais en train de le défier ? Je ne saurais le dire. J’attendais de voir ce qu’il ferait. Finalement, un léger sourire au lèvre, il me fit un petit signe de la main. Me félicitait-il pour le duel ? Mmm... peut-être... l'avais-je mal jugé. Nous verrons par la suite. Je répondis d'un hochement de la tête et tournais les talons.
Je devais rejoindre Marine. Peut-être… que je me sentirais mieux.




Et je ne m’étais pas trompé. Lorsque nos regards se croisèrent, elle afficha un grand sourire. j’en fis de même. Des types beaucoup plus grands se trouvaient devant alors elle se mit à sautiller sur place en me faisant de grands signes de la main. Tout à coup, je la perdis de vue. Je m’approchai et la vis, par terre. Elle avait dû tomber :

- Tu ne t’es pas fais mal ?

Je lui tendis la main qu’elle prit en grognant :

- Merci.

Elle me refit son jolie sourire et je me sentis partir. NON ! Hors de question que je la laisse me mener à la baguette. Je fis le vide dans mon esprit, tâchant d’ignorer l’image de Toshen qui revenait sans cesse, et lui fit à un mon tour un sourire charmeur.





Image IPB


Modifié par Kyle, 23 November 2017 - 11:17 PM.




#5 Posté 24 November 2017 - 03:25 AM Par Yüki

  • Yüki
  • Maître du jeu
  • La plume

  • 601 messages
  • LocationQuelque part

Image IPB




J'ai perdu mon premier et mon second duel contre Aschérit… Pas par défaite mais par, faiblesse, retenue… Je ne veux pas. J-Je ne veux pas lui faire du mal… Je serrais les poings… Je suis encore trop faible, tu es impuissante. Mais je ne veux pas accepter une telle puissance avec autant de haine que ce monstre. Alors reste faible sale peste. Quelques rires s'en suivaient. "Elle perd deux duels d'affilé…" Je suis sûre qu'ils se disent tous ça… La tête baissée, la honte se lisait dans ma posture. J'ai honte de ma faiblesse en tant qu'humaine… "Assez plaisanté pour aujourd'hui, merci de bien vouloir quitter le terrain de duel. Vous avez vos examens à préparer, et vos notes d’écrits ne sont pas fameuses, alors travaillez dur !". C'est Aschérit qui avait ordonné à tout le monde de partir, je contemplais une nouvelle fois mon tuteur qui semblait être égayé de la situation. Moi je ne l'étais plus… Je souffre tant, ce jeu… Même sans les idées les plus sombres, il me fait encore souffrir. J'en peux plus de me battre… C'est ça… Laisse-moi te dévoiler qui est Yüki Onna. Je ne laisserais au grand jamais ce monstre avoir le dessus, pas tant que je suis encore en vie. Tu mourras comme tes parents sont morts… ARRÊTE ! Mon visage se crispait dans la douleur… Les cernes, dévoilaient un combat acharné avec ce monstre, et la froideur de ma peau affirmait mon extinction en tant que peste.

L'arène s'est vidée petit à petit. Il ne restait que quelques personnes qui rangeaient leurs affaires. Ils finissaient par courir dans le couloir. Aschérit suivait du regard les derniers élèves… La salle était vide. Personne. Il ne restait qu'Aschérit et… moi. Seule dans un grand théâtre, seule dans un monde aussi ténébreux que mon cœur. Cet endroit sera… Et je ne l'espère jamais. Le théâtre du Chaos. "Viens Yüki, je pense que... Marcher te remontera le morale en quelque sorte." Nous marchions pendant un long moment sans rien dire passant de couloir en couloir et par la suite... Sans m'en rendre compte... Dans une plaine immense, au loin se trouvait un entrepôt abandonné à son sort, l'herbe qui entourait celui-ci était mi-longue et de couleur jaunâtre, sous l'effet des derniers rayons de soleil qui caressait timidement notre peau, les brins d'herbes était aussi dorée que de l'or pur... "Je vois bien que tu t’es améliorée, Yüki, mais on dirait bien que lui et toi n'êtes pas encore de très bons partenaires." Aschérit avait repris la parole pendant ce long moment de silence qui parlait de lui même.

"J'essaye simplement de ne faire aucun mal avec celui-ci..." Je finis par sourire légèrement, non pas que je sois contente, non… Je me cache, je ne veux pas qu'il voit. Ce que nous sommes, ce que nous avons fait. Ce que tu as commis. Aschérit ne souriait plus, il s'avançait vers le monstre, il s'avançait doucement… Les secondes étaient des minutes, ses pas résonnaient dans le théâtre de mon tourment. Il arrivait à mon niveau, je levais ma tête vers celui à qui je dois énormément de respect. Vers celui qui est quelqu'un d'important pour moi. Vers celui qui ne m'a pas jugée du départ… Il est pour moi… ma nouvelle famille. Un père… Son regard devenait très sérieux, et dans la suite il lâcha ces paroles. "Ah oui ? Peut-être… Je suppose que tu devrais garder ceci avec toi un moment, alors."  Il me tendit quelque chose. Mes yeux se posaient sur une carte et s'écarquillaient en même temps que je voyais ce petit bout de rectangle.



Image IPB


"Les ténèbres ne sont pas toujours synonymes de chaos. Les anges, mêmes une fois déchus et oubliés, restent purs." Je ne savais que dire, ma bouche était grande ouverte… Sa carte… Sa propre carte, celle qui chérie tant. Il me la tend ! Je la prenais en main, stupéfaite de cet honneur. Je regardais une nouvelle fois mon tuteur et mes yeux me jouaient des tours… Dans son dos, se dessinait une forme. Une silhouette, non, c'est distinct… Je la vois aussi bien que mon magicien… Marie.

Elle regardait une dernière fois Aschérit avant de prendre son envol au-dessus de lui. Je la regardais, je la contemplais, je l'admirais. Elle volait élégamment vers moi… Elle s'approchait doucement et c'est là que j'ai compris… qu'elle fût réellement là, sa respiration, le bruit de ses ailes, tout était réel ! Je ne bougeais plus, ébahie de la scène qu'on me produit. Elle finit par m'entourer les épaules avec ses bras, son souffle chaud caressait mon cou et dans un geste que je ne connais que trop bien elle posa ses mains sur ma poitrine, là où est mon cœur… Cette sensation, ce geste… Non… Ce n'est pas Possible ! Non, non, non, non. Comment… Pourquoi… Qui est-elle… Ma… Man. Elle s'évapora juste après ça… Mais, son geste était toujours là… Celui que ma mère me faisait autrefois. Je reculais… C'est quoi ce bordel… Tout me remontait d'un coup, tout le chagrin. Celui qui me tourmente depuis tant d'année. "C'est quoi... Pourquoi je ressens ça... Je ne comprends plus !" Je ne retiens plus rien, une pluie torrentielle venait de taper aux portes de ma vue. "Maman..." Je suis accablée par ce moment si court mais si intense. En l'espace d'une seconde, j'ai redécouvert l'amour maternel.



Image IPB


Maman… Maman… Mes parents, ma famille… Tout me revenait, absolument tout. Les bons moments comme les mauvais. Pourquoi ça me revient maintenant ! Aschérit s'avançait vers moi, je tenais à peine sur mes jambes et mes cris d'accablement éclataient dans le Théâtre du Chagrin.

"C'en est terminé avec les fantômes du passé, Yüki. Que te donnent-ils en échange de toutes ces larmes ? Que te rendent-ils tandis que toi, c’est un morceau de ton âme que tu leur offres en sacrifice ? Ils ne te rendent rien, rien d'autre que de la peine… qu’est-ce que tu vas faire de toute cette peine Yüki ? Cette même peine qui alimente ton mal, ronge ton être et te fait chavirer vers la voie du Chaos. Écoute-moi bien, ces spectres te suivent comme des ombres et te collent à la peau… mais à quel moment se sont-ils montrés bons pour toi ? A aucun moment… et ils ne le seront jamais, non, ils sont infâmes et sournois, ils guettent dans l’ombre le moment où tu montreras un instant de faiblesse pour t’étouffer avec le Chaos. Je sais que le Chaos t’attire Yüki… mais réfléchis-y. Même si l’on considère que tu parviennes à marcher côte à côte avec le Chaos, penses-tu que ton existence aura un sens ? Ta vision du monde sera brouillée par un voile de ténèbres. L’amour sera haine, la joie deviendra colère et la tendresse sera violence. Seule et corrompue, tu détruiras tout autour de toi et les gens que tu chérissais seront les premières victimes de tes ténèbres. Est-ce ainsi que tu veux vivre… ? Ce n’est pas une vie, Yüki.  Rends-toi à l’évidence, avec le Chaos tu ne vivras pas, car, pour eux, la corruption et la désolation sont les pièces d’un grand jeu. C'est avec ta vie et avec ton existence-même qu'ils jouent. Ils se fichent bien de ce que tu peux devenir ensuite… et à ce moment-là, tu n’y pourras plus rien. Alors écoute-moi… je te parle avec toute mon expérience, lorsque tu laisses ton cœur se vêtir du voile noir du chaos.... C'est comme si tu demeurais ce familier des ténèbres enfermé dans sa cage pour ses maîtres."

Je tombais sur les fesses, mes jambes me tenaient plus… Les dires d'Aschérit sont ce que je désirais entendre depuis le début… Le Chaos ne m'attire plus... Il me détruit et je me détruis en lui barrant le passage. Je ne sais plus !!!

"Cependant, Yüki, ils ne sont pas encore maîtres. Il n’y a qu’un seul maître de toi-même ici… C’est toi." Il me comprenait, il partageait ce moment difficile avec moi. Il me comprend, il est… Le seul à me comprendre totalement. Il est ma famille. Je ne dois pas lui dire… Je--- JE DIRAIS TOUT ! Peu importe les conséquences ! Toutes ma vie j'ai gardé ce lourd fardeau, pendant toute ma médiocre vie j'ai accumulé le poids du chagrin sur moi… Et aujourd'hui je vais tout faire éclater. Entre le cri du désespoir et la voix tremblotante, je sortis la vérité. "Ce monstre... Il est là tous les soirs ! Il me hante ! Je n'arrive même plus à dormir... Il me chuchote tous mes péchés sans relâche ! Je suis un monstre ! Oui, je suis celle qui a mis fin à de nombreuses vies, je suis celle qui a fait couler le sang à flot... Ahhhhh !!!!" Yüki arrête… Mais ferme ta gueule pour une fois ! Laisse-moi tranquille ! Je me battais une nouvelle fois avec moi-même, je ne la laisserais pas gagner pour autant… Je tirais mes cheveux… SORT DE MA TETE !  "Et je suis la seule survivante de ce village maudit ! Et maintenant, Et maintenant ! Tous les soirs, tous les soirs mes cauchemars sont peints de Chaos, ils sont peints du sang de mes victimes... Je souffre tellement, j'ai mal... J'ai tellement mal Aschérit, j'en peu plus de me battre !" Hurlais-je dans le théâtre de l'horreur. Je suis déchirée, je ne suis plus Yüki Onna la gentille fille… Je suis celle qui a dévoilée tous ses pécher, celle qui est prisonnière d'un tourment sans fin, celle qui n'arrive plus à avancer. Je me sentais partir… J-Je dois résister. Je posais une main sur le sol afin de me soutenir et lâcha d'une voix étranglée. "Aidez-moi..."
  
"Sois plus forte que le Chaos. Si nous nous retrouvons ensemble aujourd’hui, c’est que tu es bien plus forte que ça. Tu n’es pas une damnée, tu n'es pas destinée à devenir une damnée et tu n'en feras jamais partie… tu sais pourquoi ? Parce que, moi, Aschérit Hoshido, je ne me pardonnerai jamais de laisser le Chaos refroidir ton cœur en t’entraînant dans les abysses, m'entends-tu !?" Il hurlait. Ses mots me pénétraient au plus profond de mon âme et mes yeux se sont grands ouverts… Je comprenais enfin… Autour d'Aschérit apparaissent Zerato, Asmodée, Désir, Superbia, Krystia et Marie. Le temps d'une seconde je ne comprenais pas… Ces Esprits… Sont… Ses cartes… Ça veut dire que… Ils me regardaient tous, le regard empli de compassion avant de disparaître sous le feu des projecteurs de la lune laiteuse. Je baissais la tête, le silence qui s'en suivit me fit interpréter… Que je ne suis pas la seule. Je ne suis pas seule dans ce monde horrible. Je pense, non, je peux et je dois combattre ce monstre !  

"Yüki… ne reste pas par terre." Je relevais ma tête, mes larmes avaient cessées de couler mais le liquide ne s'était pas évaporé pour autant. Il me tendait sa main, la main du salut. Il me tendait l'utopie que je souhaitais tant, il se pencha légèrement afin que je puisse agripper l'espoir.  

Image IPB


Je ne savais que dire, mais mon sourire en disait long… Pour une fois dans ma vie, on me tendait la main. Quelqu'un m'a aidée, je suis si heureuse. La joie écrasait le chagrin effaçant tous ces mauvais souvenirs qui se dessinait par un torrent de bonheur salé. Je prenais fermement la porte du salue et dans une même lancée, il me releva. Je sentais que sa chair était dure et d'un froid mordant… Mais l'aura qu'il en dégageait est d'une chaleur incomparable. Sur le moment… Ça ne m'importait peu… Il était un tuteur dur et strict… Mais maintenant, il est devenu… Le centre de mon monde… L'un parmi tant d'autre. Et pourtant, et pourtant ! Il est l'un des plus grands centre… Aschérit… Je crois en toi comme j'ai cru en mon père… Car… Tu es sa réincarnation… "Il est grand temps de laisser s’extirper ton âme des ténèbres." Il relâcha ma main délicatement tout en reculant… Ce moment restera gravé en moi éternellement. Son disque de duel s'activa "Écrase-les." Voici la dernière étape avant ma libération… Je dois la vaincre.

Je dégainais mon katana fièrement. Il est temps de mettre fin aux massacres. "DUEL !!!"



#6 Posté 08 March 2018 - 09:03 PM Par Kalin

  • Kalin
  • Maître du jeu
  • Aussi doux qu'un câlin

  • 185 messages

Je ne pouvais que me mettre à genoux et me taire devant ce portrait aux si belles couleurs. Cette fois-là, ce qui me bouleversa le plus, et c'est d'ailleurs ce qui m'avait toujours marqué chez lui, c'était son regard, et j'avais beau en connaître les tréfonds depuis si longtemps, m'être perdue et être tombée plus de mille fois dans ces crevasses rouges et  ambrées, cette fois-là, c'est comme si je le découvrais pour la première fois. Dans son œil droit, c'était les déchirures du passé qui se noyaient dans l'écoulement tranquille d'une mer de sang, dont les ondulations des vagues aux reflets sombres laissent s'endormir paisiblement les marins échoués qu'elles ont entraînés. Teintées de pourpre comme elles l'étaient, respirant la douleur, la souffrance, ces vagues-là lui donnaient pourtant un air si tendre, comme si cette douloureuse couleur était l'empreinte d'une identité du passée, qui, autrefois, renfermait toute l'humanité d'un être aimant et sensible. Cette même sensibilité si chaleureuse qui m’avait charmée il y a des années. Cette partie de lui qui se savait aimante, ce petit grain de rouge qui observait, rêveur, tomber du ciel les plumes blanches des anges.
Mais toute cette émotion, toute cette sensibilité se brisait soudainement lorsque l’on passait à gauche. Car au loin, à l'horizon, dans son œil gauche brillait l'espoir apporté par des idéaux nouveaux d'une lumière presque divine, précisément comme celle du phare qui surplombe la mer devenue houleuse dans l'obscurité, lui qui guide les navires perdus à travers les dents de la mer, leur assurant un avenir sain. Paradoxalement, cet éclat doré, cette lumière venue du ciel rendait son visage si dur, si sévère, si bien que cela faisait aujourd'hui de cette lumière le symbole d'une volonté de fer, celle qu'il avait lui-même choisi pour enterrer son passé et entreprendre son futur. Il était à la fois le phare et le navire, sa lumière le guidant lui-même. Il avait toujours eu cet éclat dans le regard, mais il ne fut jamais aussi intense que depuis sa sortie de l’Ecole Tragique. Comme l'ombre et la lumière, depuis qu'elles cohabitaient ensemble, je n'avais jamais pu imaginer l'une de ces deux orbes sans sa voisine, et ce jour-là… je les redécouvrais, ces deux magnifiques orbes de rubis et d'ambre.


Jamais de sa vie durant il fut animé d'une expression aussi paradoxale. Mais cette fois-ci, je sentais au plus profond de moi qu'il en était totalement maître : l'ombre et la lumière n'étaient plus deux choses séparées en tous sens mais bien une seule et même entité unique, imperturbable, comme une balance parfaitement équilibrée qui ne peut plus pencher. Cette fois-là, c'est ce que signifiait son regard : l’équilibre. Quelque part, aujourd’hui, à travers ce portrait, je retrouvais les marques d’un visage que j’avais depuis longtemps oubliées... Oh, ces si belles couleurs, comme elles m’avaient manquées. En y réfléchissant, je me dis que peut-être que ce qu’il lui manquait depuis tout ce temps, et qui rendait son regard incolore, était de la tendresse venue d’une autre femme que moi... Ou peut-être que la tendresse lui manquait tout simplement.

Cette fois-là, la lumière du jour s'était évaporée depuis plusieurs heures, laissant alors la place à l'obscurité veloutée d'une fraîche soirée d'hiver. Là-haut, une première étoile apparut au milieu des ténèbres du mois de février, j’aimais bien ça, lorsque les nuages sombres se collent au ciel nocturne. Seule au milieu du néant, elle avait l'air d'illuminer le manteau céleste tout entier. Elle se laissait tranquillement porter par le vent alors que l'air devenait encore plus frais, et qui, passant plus bas, juste au-dessus de la tête de mon ami, faisait virevolter en l'air ses mèches de cheveux rouges. Il se tenait droit comme à son habitude, silencieux comme un déchu, la mine aussi dure qu'un roc et le regard inquisiteur. Il faisait toujours ça. Je n'ai jamais bien su pourquoi.
Cela faisait quelques minutes maintenant qu'il l'écoutait parler. Je ne suis pas certaine qu'il la comprenait vraiment, mais ce qui me semblait sûr, c'est qu'il reconnaissait en elle une douleur qu'il lui avait lui-même apportée. Il l'avait logée en elle. Un peu comme lorsque l'on plante une graine et qu'on l'arrose, puis on retourne ensuite la voir, quelques années après, et on contemple alors les belles fleurs de la grande plante qu'elle est devenue. Des graines comme celle-ci, il en avait semé partout. Mais les siennes ne donnaient pas de belles fleurs ni de grandes plantes… juste de la ronce qui s'enroule autour des arbres pour les étouffer. Des fois, lorsqu’il y pensait, cela le rendait bien triste. Mais il se taisait toujours. La jeune fille parla longtemps. Et soudainement, elle se tut. Lorsqu'il la vit s’affaisser dans l'herbe jaune, un frisson d'une compassion infinie lui parcourut le corps.


«Yüki, ne reste pas par terre…»

Il lui tendit la main pour la relever comme tout le monde aurait pu le faire. Pourtant ce n'était pas un geste ordinaire, car pour la deuxième fois, il tendait sa main vers un de ceux qu’il appelait depuis peu «ses anges», exactement comme un père relève son petit bout de fille après une mauvaise chute. Vous comprenez ? En cet instant-là, je crus voir en lui un père. C’était bien différent de tout ce qu'il avait pu incarner pour quiconque par le passé, y compris pour moi. Ce jour-là, cette main qu’il lui tendit était différente. Sa peau était pâle, ornée d'ombres et dure au toucher comme l'écorce d'un arbre mort, exactement comme la nôtre. Il reçut d'elle un peu de sa chaleur lorsque les doigts de la jeune fille enlacèrent les siens. Les ombres sur ses phalanges semblèrent se disperser à ce moment-là. Lui, il ne lui rendit que le toucher d’un froid glacial, accumulé pendant toutes ces années à mourir en tant que déchu, planté au milieu de la neige. C'est ainsi que demeure un arbre mort. C’était d'ailleurs tout ce qu’il pouvait lui donner. Cette froideur que je connaissais bien, cette froideur qui, étrangement, nous avait réunis à nouveau, nous-autres  et lui, il y a longtemps. La chaleur et le froid, l'ombre et la lumière... cela va si bien ensemble. Enfin je trouve. Aschérit avait le don d'attirer et de marier ensemble les paradoxes. Enfin, passons. A ce moment-là pendant cette poignée de main, ce fut comme si l'étoile qui brillait au-dessus de leurs têtes dans le ciel nocturne s'était recouverte de nuages, et qu'Aschérit y avait tracé un chemin pour permettre à Yüki de l'atteindre. Il n’avait plus qu’à se pousser du chemin pour qu’elle puisse l'emprunter. Fallait-il encore qu'il se pousse.

«Yüki, écoute-moi. Finis-en avec le Chaos. L'heure est venue de disperser la brume noire qui enveloppe ton cœur, tu ne crois pas ? J'en suis persuadé : aujourd'hui tout se terminera. Tu n'as pas d'autre choix que  d'y arriver, cette fois. Il ne te reste qu'un dernier obstacle à franchir sur le chemin qui te mènera vers la lumière… juste un dernier. (Je remarquai l’esquisse d'un sourire se dessiner sur le coin de ses lèvres) Cet obstacle, c'est moi. Yüki ! Prépare-toi à affronter le véritable Chaos.»

J'ai toujours aimé sa manière d'amener les choses. Ses paroles avaient toujours tendance à se couvrir de brume... mais pour moi, elles n'étaient plus que des anecdotes. Il disait toujours la même chose… mais formulé différemment. Avec lui, nous étions sûrs de ne pas oublier. Depuis qu'il avait vécu ses jours sombres, Aschérit a toujours vécu dans le passé. Je crois qu’il s’agissait de son plus grand défaut. Son disque de duel se mit en route. Je savais ce que cela voulait dire. Il était très sérieux, encore plus qu'à son habitude et ses paroles n'étaient pas de simples consolations. L'autre soir, il avait pris la décision d'éradiquer le Chaos... et cette décision ne se résumait pas qu’à Yüki. Nous autres aussi, nous avions besoin de recolorer nos plumes… même si cela devait passer par une séance de torture.


«Duel !»


«Je prends la main. Je commence directement en plaçant une carte magie de terrain. Le règne divin tombera lorsque l'annonciateur des ténèbres désignera le dernier ange du paradis, car celui-ci sera marqué du Sceau d'Orichalque ! Admire !»

Le Sceau d’Orichalque, quelque chose d'introuvable autre part que chez Aschérit. Dans ses pouvoirs et ses créatures il y en avait un bon nombre d’uniques, mais celle chose-là était différente. Il ne s'agissait pas simplement d'une arme pour le duel de monstres. C'était la sienne, sa propre création. Paradoxalement, il la haïssait pour ce qu’elle représentait mais il ne s'en était jamais privé...  et, de toute manière, même s’il avait voulu s’en séparer, cela aurait été impossible. En vérité, il en était enchaîné. Mais, je continue à penser que, quelque part, il s'y était attaché, par nostalgie, assurément. Enfin, l’utilisation de cet atout était toujours aussi spectaculaire. La jeune fille contemplait avec admiration la métamorphose du terrain. Sous ses pieds, le sol s’était tapissé d’ombres tandis qu’une violente secousse avait dispersé dans l'air plusieurs nuages de poussière. Puis, de grands tracés lumineux apparurent sur le sol. Quand on les assemblait, on pouvait lire le Sceau d’Orichalque.

«J'invoque ensuite le Démon au Miroir.»

«Grâce au Sceau d’Orichalque, il gagne cinq cent points d’attaque, n’est-ce pas… ?» à force d'expérience, elle connaissait les stratégies de son adversaire sur le bout des doigts. Cela fit sourire Aschérit. Cependant, son monstre ne lui servait pas pour l’attaque. En terminant son tour, il pouvait utiliser les capacités de sa créature. C’est ce qu’il fit. Le démon commença à agiter le miroir qu’il tenait entre ses mains griffues. L'objet se mit à briller et alors au milieu de la surface réfléchissante apparurent cinq monstres et sorts. Le démon devait en choisir une pour son maître avant de disparaître. Son regard s'arrêta sur la Pioche Evoluée, un sort magique. Les autres s’anéantirent au cimetière.

Yüki ne perdit pas de temps. De son côté du terrain, elle fit appel à Fracas, le chevalier magique. Fracas était un chevalier de la famille des magiciens. Grâce à ses talents, il pouvait augmenter tout seul sa puissance. Il n'était pas un adversaire à prendre à la légère. Sous les ordres de sa maîtresse, il passa à l’attaque. Le guerrier s’élança vers Aschérit pour abattre sur lui sa lame insufflée de magie... qui prit le coup de plein fouet. Je sentis mon être tout entier se comprimer. Le souffle me manqua. Bien que j’en avais pris l’habitude, ce n'était jamais agréable... mais... cette fois-ci était différente... Cette fois-ci, c'était la première fois qu’Aschérit souffrait avec moi. C’est à ce moment que je compris le véritable enjeu de ce duel.

Déséquilibré, Aschérit tomba à genoux dans l'herbe jaune. Sa cage thoracique était serrée sur ses poumons et rendait sa respiration haletante. Yüki écarquilla les yeux. Son visage se couvrit d'horreur. C'était compréhensible. Depuis qu'elle se trouvait dans cette école elle n'avait jamais vu son tuteur fléchir pendant un duel, aussi intense soit-il. Quelle naïveté. Vaincre le chaos n'est pas une chose que l'on peut régler à travers un duel traditionnel. Vous souvenez-vous ? Je vous disais que mon ami s’était promis d’éradiquer les démons de Yüki, ce jour-là. Eh bien, en vérité, il n’avait qu’un seul moyen de le faire : disputer son premier duel en tant que Damné. C’est précisément ce qu’il était en train de faire. Ce duel n'était plus une question de monstres, c'était une question d'âme. Dans cet affrontement, chacun confrontait son esprit à l'autre... jusqu’à que l’un d’entre eux se retrouve trop affaibli pour demeurer.

«Bordel ! Qu’est-ce que… ?» tout à coup, la jeune fille sembla perdre toute sa confiance.

«Je te l’ai dit Yüki, ce duel est un affrontement contre les vraies ténèbres.»

«Mais... mais... qu'est-ce que vous...»

«Ce n'est pas un jeu ! Si tu veux véritablement te débarrasser du Chaos, il va falloir te battre ! (Il se releva lentement) Je ne suis pas n'importe quel obstacle.»

Elle se tut. Pendant de longs instants de silence, elle le regarda les yeux grands ouverts. Il semblait qu’elle aussi, elle commençait à entrevoir la véritable face du duel qu’elle était en train de disputer. Elle leva la tête. Une lueur anima ses yeux, et elle lui répondit qu’elle était prête, qu’elle détruirait ses propres démons.

«Ce n'est pas avec un monstre comme celui-ci que tu feras quelque chose contre le chaos... si tu te laisses aller, tu y perdras ton âme. C'est à mon tour. J’utilise une magie permanente ! Berceau de la lumière, marteau des châtiments, je t'appelle, Walhalha, Sanctuaire du Déchu ! Laisse s'envoler Parshat, le Chevalier des Ténèbres !»

Walhalha, le sanctuaire du Déchu. Son entrée m'avait toujours été interdite... mais à chaque fois que le sanctuaire faisait son apparition, je ne pouvais que contempler sa splendeur. Le sol du terrain se mit de nouveau à trembler. Tout autour d'Aschérit, de majestueuses colonnes de marbre s'élevèrent des entrailles de la terre dans un nuage de poussière, et alors, bloc par bloc, une structure gigantesque prit forme à l'intérieur de laquelle mon ami, le damné, se retrouva. Stoïque, l'espace de quelques instants, il contempla depuis son trône de marbre l'intérieur du sanctuaire avec ses joyaux clair-obscur, ne faisant plus qu'un avec les ténèbres, ces rais de lumière noire générés par le Sceau d'Orichalque qui passaient par l'ouverture du toit et teintaient en noir les pierres pures de la structure. Le roi -comme j'aimais bien le nommer dans ces moments là- se leva tranquillement de son trône et s'avança au milieu des ombres. Sa peau, qui brillait presque tout à l'heure d'une lumière purificatrice, prête à éradiquer le chaos, semblait s'être teinte dans l’obscurité. Le bruit de ses pas fut accompagné par des claquements de sabots. S’en suivit un cri millénaire... presque aussi vieux que le sanctuaire qui venait de se substituer au terrain de duel. Surgit alors du vide le centaure. Parshath souleva son épée en même temps qu'il déployait ses ailes en bombant impérieusement le torse. Comme toujours la créature était d'une beauté mystique. Aschérit et Parshat se trouvaient désormais à l'entrée du Walhalha. Qu'ils soient vêtus d'ombre ou de lumière, au final, je les aimais de toute façon.

Parshat brandit son épée et soudain…. un éclair venu du ciel vint foudroyer la créature. Dans le même moment, une masse sombre déploya à son tour ses ailes ténébreuses au-dessus du sanctuaire. Zerato... comme nous tous, ses ailes autrefois pures s'étaient recouvertes d'un voile sombre. Mais malgré l'opacité de cette couleur, nous avions tous conservés l'éclat pur de nos âmes. Zerato était certainement le plus puissant d'entre nous. Il pouvait réduire à néant une colonie de monstres d'un seul coup de son sabre. C'était un des plus précieux atouts d'Aschérit... mais il semblait que Yüki en avait décidé autrement, parce qu’à peine l’Ange Déchu était descendu du ciel qu’elle lança sur lui un sort de magie.

«J'active Dimension Magique ! J'enferme Fracas dans le sarcophage pour faire apparaître le plus puissant de tous ! Montre l'étendue de ton pouvoir, oui, toi, mon partenaire... sors de ton monde de silence pour faire courber l'échine de mon adversaire ! Le Magicien des Ténèbres !»

Un rayon de lumière fut projeté sur Zerato par l’œil central du sarcophage qui venait tout juste d’enfermer le magicien. Zerato disparu dans un nuage de fumée. Quelle peine. Lorsque le sarcophage s'ouvrit à nouveau, c'est le Magicien des Ténèbres qui en sorti. Aschérit est resté muet. Si peu de choses venaient juste de lui prendre beaucoup... beaucoup trop de souvenirs.

«Ne vous relâchez pas non plus, reprit Yüki, c’est à mon tour et j'invoque Valkyrie de Magicien et je passe à l'attaque ! Magicien des Ténèbres, Dark Magic !»

Malgré sa récente peine, l'esquisse d'un sourire se dessina sur le visage d'Aschérit. C'était de l'orgueil. Malgré la position dans laquelle il se trouvait et les conséquences dramatiques que la défaite pouvait entraîner, il avait pleinement confiance en lui. C’est simple, il n’avait pas envisagé qu’il puisse perdre. Comment aurait-il pu douter ? Il savait. Il savait qu'elle était là, juste au-dessus de son deck.

«Carte piège... Portail du Contre. Lorsque je reçois une attaque directe, je termine la Battle Phase et je peux piocher une carte... si c'est un monstre, je l'invoque immédiatement en position d'attaque. Je m'amusai à l’observer fixer la carte face cachée au-dessus de son deck. Allait-il tirer un monstre ? La question ne se posait pas. Il pouvait sentir sa présence, il imaginait déjà ses ailes déployer de grandes plumes écarlates, les drapés de sa tunique danser au suit le vent... Il tira lentement la carte du dessus de son deck et sans même la regarder, il la plaça dans la zone carte monstre de son disque de duel. Je pioche l’Archange Kristya !!!»



Image IPB



Derrière lui,  Kristya prit son envol depuis le sanctuaire, dégageant avec elle une puissante onde dorée qui dispersa, le temps d'un instant, les ténèbres du Sceau d'Orichalque. Depuis le ciel elle gardait en œil Aschérit. Nous gardions tous un œil sur lui, mais en vérité, elle était beaucoup plus attentive que nous tous. Son regard n’avait pas le même impact que le nôtre. Elle était la seule à avoir conservé ses belles plumes dorées. Peut-être parce qu’elle était seule à vivre encore, contrairement à nous-autres, qui depuis longtemps et encore aujourd’hui ne sommes que l’ombre de nous-mêmes.
Mais ce qu’il se passa ensuite réveilla en moi une profonde tristesse. L’écorce de marbre qui couvrait la peau de Kristya se fissura lentement. Des craquelures s’échappaient une vive lumière blanche, qui l’entoura bientôt complètement avant de disparaître. Comme dernier vestige d’elle-même, Kistya laissa derrière elle deux plumes, qui tombèrent en voletant dans la main d’Aschérit. Même si, sans aucun doute, il savait qu’il retrouverait Kristya plus tard, la voir utilisée ainsi faisait resurgir en moi de douloureux souvenirs.


«Vous avez sacrifié Kristya pour piocher ?»

«Cette idée te gêne ? Tu penses qu’il faudrait apporter un peu plus de considération… ou peut-être même d’affection pour ses esprits ? Yüki ne lui répondit pas. As-tu oublié… ? Les cœurs ténébreux se fichent bien d'aimer... l'amour attendrit notre jugement et n'apporte que la faiblesse. Que représentent les esprits pour le chaos ? Qu'importe les sacrifices, tant que la victoire est assurée, le chaos est satisfait... Tu comprends ? Il n'est satisfait qu'après avoir éliminé tous les autres. Tous les êtres, quels qu'ils soient, sont des armes à utiliser pour la destruction. L'amour n'a pas de place dans le chaos.»

«Détruire signifie ne plus… ne plus aimer ? Comment peut-on ne plus aimer ?»

«Tout ce qui fait que tu te sens attendrie, tout ça disparaîtra. Même pire, tu verras ces choses, ces êtres que tu chérissais tant comme des ennemis à éliminer. Tu serais alors prête à sacrifier les esprits de tes propres cartes pour conserver ce que tu chéris par-dessus tout… et je suis même certain, qu'une fois corrompue, que tu pourrais aller au-delà de ça.»

Je trouvais ses paroles remplies d’ironie, car en sacrifiant Kristya, il venait juste d’appliquer à la lettre ce qu’il prévenait à Yüki. Et j’étais persuadée qu’il n’aurait aucun scrupule à recommencer. Pour atteindre ses objectifs, il était prêt à beaucoup de choses. Peut-être même tout.

«Cela n'a rien à voir avec le fait d'aimer ! C’est… c’est justement parce qu’il y a quelque chose que j’aime par-dessus tout que je souhaite le protéger.»

«Tu te trompes. Le sacrifice remplace l'amour par la haine et la soif de destruction. La perversité commence déjà là... Réfléchis-y, n’est-ce pas ce que tu as fait lors du massacre de ton village ? Sacrifier des vies pour espérer en sauver d'autres. Pourquoi cela te hante alors ? Détruire, qu’importe pour quoi que ce soit, c'est devenir un chien du Chaos, et en suivant cette voie, tu ne seras rien d’autre qu’une machine de destruction.»

Elle n’y trouvait pas de réponse. Du moins, elle ne parvint pas à l’exprimer.

«Tu dois savoir que les machines n’ont pas d’âme ni cœur. C’est ce que tu désires ?»

Elle recula de trois pas en arrière. Elle prit peur.

«Je... Je ne suis pas comme ça !!! Je ne voudrais jamais être comme ça ! Je veux simplement redevenir... redevenir ce que j'étais auparavant,  sans lui, sans le Chaos… Je... je... je ne veux pas une chose d’aussi négative, aussi puissante soit-elle. Alors... alors non, je n'ai pas oublié. Le Chaos n'est là pour tout détruire et ça… ÇA ! Je le vis, je le ressens… Tout ça me persécute, tout ça me conduit vers un chemin parsemé d'horreur et de tristesse. Mais je... je... (Elle se tut un moment) Vous avez raison Aschérit, ce n'est pas ce que je désire…»

Avec froideur, il lui demanda ce qu’elle désirait.

«Je ne veux plus être tiraillée entre deux mondes. Vivre... Oui je veux vivre, vivre avec ceux que j'aime, avec ceux que j'apprécie. Je ne veux plus jamais avoir à survivre ! Je ne veux plus être tourmentée par le passé... Je veux... aller de l'avant... pour vivre une vie meilleure.»

«Tu viens de trouver la solution à tous tes problèmes Yüki. L’unique faiblesse du Chaos… Qu’est-ce donc ?»

«Quand… quand je suis en présence de ceux que j’aime, je ne pense plus à tout ça… Est-ce que c’est… ?»

Non, ce à quoi elle pensait n’était pas la solution. Nous aussi, nous nous aimions. Mais là-bas cela ne veut plus rien dire.

«L’amour ?… Il est vrai qu'on n’aime guère de cœur ce qu’on n’estime pas. Pour pouvoir porter de l'estime aux choses, il faut reconnaître en elles une forme de valeur, une forme d'émerveillement... que le chaos ne reconnaît pas, parce que le chaos considère son environnement comme un outil à exploiter pour répandre la destruction. Alors... la solution serait de savoir aimer ? Tu penses qu'on pourrait dire que pour ceux qui s'aiment réellement, pour ceux qui n'ont qu'une âme et qu'un cœur, pour ceux dont toutes les pensées résonnent à l'unisson comme les cordes d'une lyre, pour ceux qui n'ont qu'un rêve, pour ceux qui sont animés du même souffle de vie que lorsqu'ils s'émerveillent devant le monde, pour tous ceux-là, le chaos ne serait qu'un vague mirage qui ne se présente pas dans leur horizon de vie... ?»

Les choses étaient toujours trop compliquées avec lui. On avait toujours du mal à comprendre où est-ce qu’il voulait en venir. Même moi. Mais c’était ce que j’aimais bien chez lui.

«Mais ce n'est pas ça. As-tu oublié ce que je viens juste de dire ? Même ceux qui aiment du plus profond de leur âme finissent par se laisser noircir. Parce que... une fois aveuglés par les ténèbres, on finit par haïr ceux qu'on aime... et alors, il ne reste que le désespoir auquel s'accrocher. C'est le désespoir qui alimente le Chaos Yüki ! Le désespoir d'avoir perdu un proche, de se sentir impuissant, ne plus croire en soi... ne plus croire à rien... le désespoir d'avoir massacré ceux que l'on chérissait... Lorsque l'on a plus rien à perdre, pourquoi vouloir bien faire ? Nous n'avons plus de reconnaissance aux yeux de personne. Il n'y a plus personne pour nous pleurer. Tu es toi-même désespérée. Jusqu'à maintenant, tu vis dans la crainte de te faire absorber par le vice, tu ne vois même pas comment tu peux t'en sortir... personne ne pouvait t'aider pour ça. Même ceux que tu aimes. Alors... avant de te répondre... dis-moi pourquoi aujourd'hui, tu as cru que tu pouvais te débarrasser de tout ça ?»

«Je... Vous... Vous... vous m'avez aidée, et... ceux que j'aime m'ont...»

Elle n'arrivait pas à réfléchir correctement. Dans son esprit, tout se mélangeait. Quand j’y repense aujourd’hui, je me dis que c’était exactement ce que voulait Aschérit : lui apporter le doute.

«Et tu t'es dit que tu pouvais finalement l'emporter. Seule dans l'ombre, une petite lucarne s'est ouverte. En regardant à travers, tu as vu la lumière, et tu t'es dit... qu'il y avait encore un espoir de s'en sortir. Yüki ! La faiblesse du Chaos, c'est l'Espoir ! Il est synonyme de vie ! Celui qui espère toujours ne meurt jamais...»

Le silence s'installa longuement entre eux. Les paroles de son tuteur, qui était pour elle un être unique, que ce soit pour ce qu’il représentait ou par sa nature même de monstre, elles résonnaient dans sa tête et y faisaient surgir une multitude d'images. Elle tendit le bras et en prit une au hasard.

«Je détruirais le Chaos, quoi qu'il m'en coûte.»

«Vraiment... ? Es-tu prête, maintenant ?»

Elle lui répondit qu’elle l’était. Pourtant, au fond d'elle, elle doutait encore.

Aschérit n’était pas là pour l’attendre. Un halo de lumière apparut dans son dos. Au même moment que l’acier d’une épée pourfendit l’air, un cri guerrier d'une pureté divine s'éleva dans les hauteurs du Walhalla. Les claquements des sabots de Parshat le lumineux traduisaient  l’impatience de la bête à combattre. A ses côtés apparut Freya qui fit danser ses bras et les drapés dont elle était vêtue se mirent à danser avec elle dans les airs. Ses gestes transformaient les auréoles qui entouraient ses membres en une énergie lumineuse qui nourrissait Parshat. Je l'enviais d'être entouré par autant de clarté. Le centaure tapa trois fois son bouclier avec son épée. Il était à présent plus puissant que le Magicien Sombre qui lui faisait face. Il s'élança au galop vers son adversaire.
Le bout de la baguette du sorcier se mit à briller d'une lumière violette, et alors que le cavalier n'était plus qu'à quelques mètres de lui, un rayon ténébreux fut projeté de la baguette vers le centaure. Parshat leva son bras et le tir glissa sur son bouclier pour venir se perdre dans le décor... puis le rayon dessina une courbe et fit demi-tour vers son expéditeur. Le magicien n'eut pas le temps de s'étonner que son propre sort le frappa de plein fouet. Une explosion. Le paladin se cabra en hennissant. Alors, son arme s’insuffla d'une énergie électrique lorsqu'il la fit glisser le long de ses doigts. Sous le regard terrifié du sorcier, Parshat brandit son épée vers le ciel... avant de la rabattre dans le vide. Un rayon lumineux traversa les ombres. Mais il n’atteignit pas sa cible. Car derrière le magicien, le piège dissimulé dans les ténèbres se leva comme par miracle. Le rayon fut absorbé par le premier cylindre, et, dans un tourbillon d'éclairs, le second renvoya directement l’attaque...  tout droit sur Aschérit. Il poussa un hurlement de douleur.


«Huuuuuuuaaa....»

J’assistais impuissante à la souffrance de mon ami. Son visage s'était  fermé. Sa mâchoire était serrée. Les pierres précieuses de ses yeux ne brillaient plus. Est-ce qu'il était en train de douter ? Était-il possible qu'il puisse perdre, lui ? Un frisson d'horreur me parcourut le dos... puis il se releva.

«Je vous retourne la question, êtes-vous prêt ?» s'adressa la jeune fille à lui, en piochant sa prochaine carte.




Image IPB





Tu ne peux pas imaginer à quel point je suis prêt. A quel point toute la rage que transpire mon cœur est transportée dans mes veines jusque dans le bout de mes doigts et fait frissonner mon corps tout entier. Tu ne peux pas savoir à quel point l'armure dont je me suis vêtu est solide. Personne, jamais rien ne pourra la transpercer. Tout est trop dur en moi pour plier. Ma détermination n’a plus de failles, car depuis ce jour où je me suis allié à Lucifer, j’ai décidé de détruire le Diable... et je suis persuadé qu'un jour, le Monde du Silence cessera de régner sur celui des hommes. Lorsque ce jour arrivera, les hommes n'auront plus besoin des dieux, car, capables de faire face au sort d'eux-mêmes, la pitié et la charité des dieux leur deviendront inutiles. Ce futur-là n'est pas un mirage, il a seulement besoin de quelqu'un, d'un messie pour lui ouvrir ses portes. C'est pour cette raison que j’ai décidé de vivre dans ce monde, qui malgré ce que l'on peut dire n'est pas si triste, bien plus beau que celui qui nous enchaîne, et de me battre. Je me suis juré de détruire tout ce qui, venant de là-haut, tenterait d'assombrir les belles couleurs de cette Terre. Est-ce que tu comprends, désormais ? Tu ne peux pas me faire perdre, Yüki. Le chaos n'a pas d'autre choix que de se plier devant moi. Même en dehors de nos convictions personnelles, tu ne pourrais pas gagner, tout simplement parce que ce duel oppose nos deux esprits, nos deux âmes, et que, contrairement à la tienne, mon âme ne s'est jamais écroulée sur elle-même. Depuis que je suis ici, je n'ai jamais été affaibli par le désespoir. Je ne suis pas qu'un simple tuteur et tu le sais... alors tu n'as aucune chance de me vaincre. Je ne dis pas tout ça par orgueil, au contraire. C'est bien parce que je suis certain de les écraser, elle et son chaos, que je les affronte aujourd'hui. C'est parce que je m'y suis longuement préparé. Je n'ai pas l'habitude de faire des promesses pour ne pas les tenir.

Alors, pour te répondre, oui, je suis prêt. Tu n'as pas idée de la  véritable face de ce duel. Comment penses-tu que l'on écrase le chaos ? Ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire comme ça. Il faut l'affronter et le détruire. Yüki... ce n'est pas toi que je veux combattre. C'est elle. Détrompe-toi si tu pensais que ce duel avait quelque chose d'hasardeux, que je n'ai fait que d'être là au bon endroit au bon moment, pour te repêcher juste à temps dans ta détresse. J’ai réfléchi longtemps à cet affrontement, cet ultime affrontement. Il ne faut cependant pas tout confondre. Yüki, tout à l’heure, je t'ai parlé sincèrement, avec le cœur, pour rallumer en toi un phare capable de te guider à travers les ténèbres. Il fallait que tu croies en toi. Il fallait aussi que tu croies en moi... pourquoi m’aurais-tu écouté sinon ? Mais maintenant, je dois éteindre ce phare. Rappelle-toi, j'ai promis de détruire tes démons. Et les démons ne se montrent que dans l'obscurité. Je te l’assure, c’est un mal pour un bien.

«Ne me fais pas rire, Yüki... Je n'ai jamais craint les ténèbres.»


«Pourquoi devrai-je craindre le désespoir ? Je ne l’ai jamais connu. Ou peut-être... mais c'était il y a longtemps. Si longtemps que je ne m'en souviens pas.»



«Dans ce cas... En sacrifiant mon monstre, j'invoque par sacrifice la Magicienne des ténèbres ! Elle vient rejoindre le Magicien des Ténèbres sur le terrain ! Mais ce n'est pas fini... Mes chers magiciens, unissez-vous pour ne former qu'un ! En retirant de la partie mes deux sorciers, j'invoque spécialement celui qui autrefois était un grand magicien reconnu, mais qui a été banni par les siens, jugé trop puissant. Créature ultime, apparais ! Sorcier de la Magie des Ténèbres !»


Un portail se forme au-dessus de nos têtes. Une silhouette ressemblant à celui du Magicien Sombre descend lentement depuis son embouchure. Les habits du sorcier ne reflètent aucune lumière. Des éclairs violets parcourent son bâton serti d'une pierre magique. La carrure de ce monstre en dit long sur sa puissance. Il écrase sous son regard Parshat et Freya. Le visage de mes monstres s'est décomposé. Le monstre passe à l’attaque. Une multitude d'éclairs transpercent Parshat de part en part. Lorsque la fumée se dissipe, le centaure a disparu. Il n'a même pas eu le temps de pousser le moindre cri pour son agonie. Un silence s’installe. Freya ne chante plus. Elle sait qu'elle sera la prochaine victime de ce titan après Parshat. Et comme attendu, le tour suivant, elle vole en poussière. Est-ce que je suis en train de perdre ? Bien sûr que non.
Il y a cet air de défi, presque hautain, sur la figure de Yüki. Elle a confiance. Elle croît qu’elle tient le duel en main. Un sourire vient presque s'arracher de ses lèvres sur son visage victorieux. C’est facile. La confiance mène à l’orgueil, et sous l’orgueil naît la haine. Nous haïssons lorsque nous avons peur. De la haine et la peur s’arrache le chaos. C’est juste ce qu’il faut. Mes doigts se posent sur la carte au-dessus de mon deck puis je l'ajoute à ma main sans vraiment y prêter attention. Je n’en ai pas besoin. Je ne comptais pas sur un coup de chance pour poursuivre la partie. J'ai déjà mon atout en main, et il ne me reste plus qu'à l'utiliser.


«Observe bien Yüki... En détruisant Freya, tu as ajouté un dixième monstre à mon cimetière… et dix monstres, c’est exactement le nombre de sacrifices nécessaires pour faire appel au plus puissant des Seigneurs du temps ! Viens à moi, Ultime Seigneur du Temps Sephylon !!!»





«Savez-vous ce qu'il y a de plus terrible avec le temps ? C'est que, parfois, nos reflets ne parviennent pas à nous convaincre du changement qui s’est opéré en nous. Au fond, nous restons les mêmes, inchangés. J’en ai vu beaucoup, qui, nostalgiques et refusant les obligations du présent, sont restés prisonniers du temps passé.»


«Il y a dix ans, j’avais ton âge.»



«En remontant le temps... Sephylon va faire revenir Krystia, là où elle se trouvait quatre tours précédemment... mais ce n'est pas tout, car sa valeur d'attaque monte jusqu'à 4 000 points ! Sephylon, détruis le Sorcier de la Magie des Ténèbres ! Ultimate Time Crush ! Son monstre, si puissant il y a quelques instants, part en fumée. L'attaque de Kristya, qu'elle reçoit juste derrière, ne lui laisse qu'une poignée de points de vie. Elle plie les genoux. Sa cage thoracique lui serre la poitrine. Ses membres sont piqués par une douleur invisible alors que son esprit se couvre d'un voile sombre qui obscurcit ses pensées. Mais ce n'est qu'un avant-gout de ce que l'on peut ressentir lorsque l'on se bat contre un Damné. Yüki... il n'y a qu'une carte dans ton jeu qui puisse rivaliser avec mon monstre. Pioche-la. Délivre-le. De ton côté, tu devrais à présent commencer à t’apercevoir qu'il ne reste plus que cette solution pour me vaincre. Tu ne veux pas perdre maintenant, n'est-ce pas ? Alors accroche-toi à la dernière chose qu'il te reste : le chaos. Je t'ai connue beaucoup plus forte que ça... Je finis mon tour en posant une carte avant d'utiliser un sort de magie : Carte d'Inviolabilité. Nous tirons chacun une carte jusqu'à en avoir six en main. C'est ta dernière chance, Yüki... montre-moi ce dont tu es réellement capable.»

«C'est ma dernière chance... hein ? Très bien... Vous l'aurez voulu. J'active cette carte... vous la reconnaissez n'est-ce-pas... ? Vous me l'avez offerte. L’Enterrement du Damné ? Bien sûr que je la reconnais... elle était la première pièce de mon premier puzzle... et Gandora était la deuxième. C'est ironique, car aujourd'hui je vais tout détruire. Je bannis Parshat ainsi que Fracas depuis nos cimetières respectifs... Des ténèbres naquit le chaos, reviens des temps ancestraux et fais couler le sang à flot. Sors-nous de ce rêve illusoire et réduit à néant l'espoir. Apparaît Magicien du Sombre du Chaos !»

Il ne se passe rien. «Qu'est-ce que... ?» Yüki vient de poser son monstre dans son disque de duel, mais il ne se passe rien. Son magicien ne lui répond déjà plus ? Je n'avais pas prévu qu'elle se renforcerait si vite contre le chaos... il fallait au moins qu'elle soit en mesure de l'invoquer. J'ai peut-être été un peu trop avenant avec elle... et ça l'a rendue plus forte, trop forte. J'ai peut-être fait une erreur en lui apportent trop de lumière... Mais cela n'a pas d'importance, car ça ne m'empêchera pas de tout éteindre. Yüki. Après t'avoir côtoyée et mieux connue, j'ai longuement réfléchit à ce qui pourrait te faire sombrer dans n'importe quelle situation. Je me suis posé beaucoup de questions. Jusqu’à présent, qu'est-ce qui te maintenait en vie ? Qu'est-ce qui te permettait de ne pas sombrer complètement dans la folie ? Les émotions... les sentiments... Nos amis... nos amours... c'est notre faiblesse à tous, mais plus particulièrement la tienne. Nayel Reiuji... tes quelques amis... et moi, nous sommes comme une colonne de marbre soutenant une structure instable. Si on la détruit, tout s'écroule. Et cela tombe bien, car il faut que tout s'écroule. Juste un instant. Juste le temps que les démons qui t'habitent n’apparaissent. Juste le temps de les détruire. Ce n'est pas une trahison. En te tendant la main, j'ai promis d’éradiquer ton chaos. Je ne fais que respecter ma promesse, voilà tout.

«Que cherches-tu à faire ? C'est inutile de l'invoquer. Il ne t’obéira plus.»




«Plus personne ne veux te suivre. Maintenant que tu as trahi tout le monde, c'est normal que les autres te trahissent.»



«Qu'est-ce que... qu'est-ce que vous... voulez dire ? Pourquoi... il ne répond plus à mes ordres !?»

«Tu es devenue trop faible pour le Chaos. Maintenant qu'il s'est servi de toi, qu'il a tout détruit autour de toi, il n'a plus besoin de rester à tes côtés. Il faut te rendre à l'évidence... regarde ce que tu es devenue. Tu es assaillie par la peur comme un petit animal faible se terre pour tenter d'échapper à son prédateur. Oui, tu es faible, Yüki. Que se passera-t-il si tu perds contre moi ? Tu y perdras ton âme, comme je te l'ai dit. Et tu ne pourras demeurer auprès de personne... ni tes amis et pas même Nayel.»




«Qu'est-ce que tu as fait... ? Je ne te reconnais plus... Tu es... tu es un monstre !»



D'abord le silence... puis un rire. Le phare s'est éteint. Les ailes de Marie disparaissent dans l'obscurité. Kristya baisse la tête.

«Faible... ? Un souffle s'échappe des lèvres de Yüki, puis un gloussement assourdi résonne dans sa gorge. Elle relève la tête et ses yeux se posent alors dans les miens pour me regarder avec mépris. Une courbe dédaigneuse se dessine sur le bord de sa joue. Quel triste spectacle. Moi, j'ai peur de perdre ? Ce sont... les enfants qui ont peur, Aschérit. Je n'ai plus peur des monstres qui se terrent en moi, je n'ai non plus peur du monstre que vous êtes... car... car... Je suis bien plus forte que vous le croyez Aschérit ! Premier étage vers le sommet du phare : la Confiance. Vous allez comprendre la vraie définition du... de... Mais elle s’arrête de marcher, se tenant à la rampe. Dans un spasme soudain Yüki plaque ses mains sur ses tempes. Au sommet du Phare, une faible lueur se met à briller dans l'obscurité. NON ! Jamais.. je... jamais... je ne réutiliserais... le chaos... quitte à perdre mon âme... je la perdrai avec honneur ! Le Chaos ne résout rien... Il détruit plus qu'il construit et je ne veux plus d'un monde en ruines Aschérit ! La seule personne qui perdra son âme ici... C'est... c'est elle.»

Yüki... c'était prévisible que tu te montres aussi forte après ce que je viens de voir. Malheureusement... juste cette fois, juste pour cette fois, il faut que t'abandonnes au chaos. Ce ne sera pas long… les premières marches ne sont que les plus difficiles. Ne t’inquiète pas, je vais t’aider à les franchir.

«Tout ça n'aura servi à rien si tu perds maintenant, Yüki ! Cela n'a rien à voir avec l'honneur, si tu perds aujourd’hui, tu perdras tout ! Qu'importe la manière, qu'importent les sacrifices, aujourd'hui, il faut que tu sois victorieuse ! Si je te détruis maintenant... je détruirai tout autour de moi ensuite... je les écraserai tous, les uns après les autres, dans cette école ou ailleurs... y compris ceux qui te sont les plus chers ! Yûki ! Bats-moi, le dernier obstacle, ce n'est pas elle, c'est moi !!!»




«Aschérit... pourquoi as-tu menti... ? Si tu nous avait dit la vérité... tout... tout se serait déroulé autrement.»



«Que... ? Je ne comprends pas... Elle reste un moment perdue dans le silence. Puis, comme un déclic, elle relève la tête et porte sur moi un regard inquisiteur. J'en oublie que vous êtes l'un d'eux... C'est vrai... Finalement, vous n'avez rien à faire dans ce foutu monde... Les morts ne reviennent pas à la vie... et je vais faire en sorte de rétablir l'ordre des choses par mes propres moyens, quitte à y perdre ma volonté... Elle pense à redescendre. Elle hésite… puis elle s’accroche finalement à la rampe et se hisse vers le haut. Le bruit de ses pas résonne dans la cage d’escalier. Ce bruit devient doux comme une mélodie, comme une petite berceuse. Le Phare s'endort profondément. Elle arrive au deuxième étage : la Peur et la Haine. Vous ne toucherez jamais... Hahahaha... Mais JAMAIS à Nayel, ni à personne d'autre !!!»





«Faut-il toujours dire la  vérité ? Dans bien des cas... l'illusion nous préserve bien plus que si on avait observé de nos yeux, ne serait-ce qu'un instant, la véritable face des choses.»



«C'est entre monstres que ça va se finir Aschérit ! Et je vais vous écraser comme un chien rampant sous la pluie... Car c'est ce que vous êtes, vous les damnés... Des chiens sortis de l'enfer !»

Les dernières marches de la Haine mènent à la salle de veille, là où est emprisonné le chaos. La cage s'ouvre. Le monstre s'évade. La mer s’agite. Les nuages noirs du ciel obscur laissent déverser leur colère... Une empreinte bleutée se forme à chaque fois qu'une goutte s'éclate contre sa peau. Elle est bientôt couverte de milliers de tâches bleues... et alors il ne reste plus une seule parcelle pure à la surface de son corps. Ses cheveux se racornissent sous la pluie, les gouttes qui perlent le long de son dos ont emporté leur teinture de lilas pour ne laisser sur son crâne qu'une couche épaisse et sale de charbon brut. Les vaisseaux sanguins de ses yeux éclatent sous sa rage, et ils ternissent alors leur couleur auparavant pure d'écarlate. Son âme, dont il reste quelques fragments, s’imprègne de lui si bien qu'elle devient lui, et qu’il devient elle. Le monstre s'est levé. Alors il ouvre les phalanges, son sceptre se pose dans sa main... et avec un seul sort, il pulvérise Sephylon, l'Ultime Seigneur du Temps. La déflagration est si puissante qu'elle souffle avec elle l'Archange Kistya. Brûlée au troisième degré, elle est immobile dans sa tombe. Lui, depuis son sommet, il rit.

«Magicien du Chaos Sombre... serais-tu capable de le détruire toi-même ? Surgissant de la terre, la capsule d'une autre dimension s'ouvre lentement, libérant la carte qui était enfermée à l'intérieur. Dans chaque démon sommeille un ange déchu et l'obscurité n'existe pas sans lumière... Lorsque sur les branches des ronces fleuriront des roses, le dernier ange du silence descendra sur terre pour y apporter sa lumière... Tout est terminé, Yüki, j'utilise le sort de magie, Changement de Cœur !»

Une ouverture se forme dans les nuages noirs, laissant passer les rayons du soleil. Quelque chose en descend, et, légèrement, vient se poser au sommet du phare, juste devant le monstre. Son rire se tait. Il se débat vainement. Il pousse un cri. Un trou béant ouvre sa poitrine. La pompe froide qui nourrissait ses veines explose. Ses yeux s'éteignent subitement. Il s'affaisse sur lui-même, les membres désarticulés comme une marionnette retenue par aucun fil. Alors, comme possédé par une puissance venue d'ailleurs, il fait un pas en avant. Puis un second... et il passe comme ceci tout près de moi, avant de se retourner, pour lui faire face, à elle... qui est à la fois sa cage et sa clé.

«Je te l'avais dit, Yüki... les êtres corrompus par le chaos finissent par se détruire eux-mêmes. Magician du chaos Sombre, finis-en !»

«Non... Non, vous n'avez pas le droit... Vous qui ne valez rien... Vous n'êtes qu'une pauvre coquille vide sans aucune âme... Vous ne devriez même pas fouler notre terre... Je vais vous détruire, vous et vos foutus esprits de pacotille... Je... Je vais exterminer votre race de chien comme vous l'êtes... ! Je vais vous tuer et vous renvoyer dans votre tombe comme le mort que vous êtes !!!  J'active ma carte ! Force de miroir ! Il n'y a que moi qui puisse le contrôler, pour qui vous prenez vous !? Et s'il se retourne contre moi alors qu'il se fasse détruire par sa maîtresse !»




«N’essaie pas de tourner le dos aux choses qui te font de la peine. Regarde-les dans les yeux. Car ces choses-là, il y a des fois où c’est tout ce qu'il te reste au monde. Il faut apprendre à vivre avec et à s'en bien servir. Pourquoi est-ce que la souffrance serait quelque chose de mal ? Pourquoi devrions-nous l'éviter ? J’ai vu des gens se torturer horriblement, connaître les pires tourments, et mourir, parce qu’ils avaient peur de ressentir de la souffrance.»



Il se fige. Le Magicien du Chaos Sombre regarde avec horreur son reflet, ou du moins l'image déformée de lui-même, dans la Force de miroir. Pour la première fois il aperçoit la laideur qu'il incarne. Son reflet vient de lui dévoiler un monde qu'il ne connaissait pas, un monde qui lui semble faux, inventé, irréel. C'est pourtant le sien. N'avons-nous pas bien du mal à nous regarder nous-mêmes ? Nous qui nous croyons si beaux, si lisses, une fois en face de nous-mêmes, nous constatons avec horreur l'imperfection des crevasses qui nous sillonnent. Il suit du regard avec épouvante le sort qu'il vient de lancer se diriger vers lui-même. Tout se brise. De grandes fissures parcourent d'abord ses membres, puis, il fait un mouvement et éclate en des milliers de cristaux de verre qui sont projetés en l'air avant de se perde dans les ténèbres du Sceau d'Orichalque. Sans une parole. Sans un cri. Sans un râle.

«Mon... Ma... Magicien... Elle regarde avec horreur les morceaux de verre éparpillés sur le sol. Comment... Comment avez-vous... C'était mon piège ! Pourquoi est-ce que je ne ressens plus sa présence ?!»

«Pour les hommes, les Esprits sont des êtres immortels... Mais qu'en est-il d'un Esprit... pour un Esprit ?»

«Vous... êtes... Vous avez... Aschérit... Je vais vous buter, VOUS et VOS esprits.... Je vais vous écraser comme vous venez de le faire pour mon magicien... La vengeance va être épineuse... Elle va vous torturer comme dans ces visions... vous allez brûler aussi vif que sur cette croix... pendu et écorché vif... monstre que vous êtes... vous m'entendez ?! Je n'ai plus mon magicien et alors ?! Je n'ai pas perdu ce duel ! C'est à mon tour maintenant...»

«Qu’est-ce que tu espères faire ? Yüki, je te l’ai déjà dit : je ne perdrai jamais. Ni face aux hommes, ni face au chaos... et pas même face aux dieux. Tant que j’existerai, je gagnerai, et pour cause, j'aurais toujours raison. Alors... lorsque je te tends la main pour te lever et marcher sur le chaos, rien ne sera jamais assez fort pour t'arracher d'elle. Regarde, je suis sur le point de tenir ma promesse ! Je n'ai pas terminé mon tour !» le piège posé sur mon terrain se dévoile. Descente de l’Ange Déchu. Après avoir déclaré une attaque, qu’elle est aboutie ou non, il me permet de sélectionner un monstre depuis mon cimetière du même niveau, et de l’invoquer. Superbia s’envole et entraîne avec elle Zerato.

Je suis un Damné. Mais mon cœur ne s'est jamais laissé corrompre par les ténèbres.

«C’est terminé.»

Ma peau est rugueuse comme l'écorce d'un arbre mort. Sur mes épaules et mes avant-bras se forment les coquilles de l'armure de l'Archange.

«Co-Comment ?!»

Dans mon dos s'épanouissent les plumes écarlates de l'Archange.

«Tu as perdu. Tu es une erreur... et maintenant, il est temps que le monde te vomisse.»

Mon œil droit déverse tout le sang qu'il a vu couler. Sa cascade me couvre du drapé rouge de l'Archange.

«Non... Non... Non ! C'est n'est pas possible !»

Mon œil gauche s'illumine d'un éclat doré comme l'aura que dégage l'Archange.

«Est-ce que tu as peur, maintenant ?»

Est-ce que je ressemble encore à Aschérit Hoshido ?

«Qu’est-ce que vous racontez… Ce sont les enfants qui ont peur... Je ne vous crains pas... monstre...»

Quel est mon nom ?

«A quel moment as-tu pensé que tu n'en étais pas un ? Tu es un enfant gâté qui a cassé ses jouets. Mais maintenant tu n'as plus rien, et plus personne ne viendra pour toi.»

l'Archange Kristya.

«Ferme-là ! Qui t'as autorisé à parler !? Tu n'es qu'un pantin et tu dois rester à ta  place de pantin ! Je suis la déesse du chaos ! Tu n'as pas le droit de te retourner contre ta maîtresse ! Reste dans ton panier et écoute sagement mes…»









Image IPB

«Un pantin ? Ne me fais pas rire, si tu es une déesse du chaos alors tu es la première sur la liste, après toi viendront les autres, jusqu’à ce que le règne des démons ne s’éteigne à tout jamais ! MEURS !!!»



Un éclair noir jaillit du sabre de Zerato. Il fuse dans les ténèbres... avant de retomber sur elle. D'abord elle ne sent rien. Puis elle perd l'équilibre. Elle veut faire un geste mais elle ne fait que de se rouler par terre, recroquevillée sur elle-même comme un insecte mort. Sa bouche s'entrouvre. Elle pousse des gémissements, des plaintes... puis des hurlements atroces déchirent sa poitrine. La douleur pénètre dans son abdomen comme un fer rouge. Elle fait bouillir ses organes de l'intérieur. Chaque respiration lui incendie la gorge et les poumons. Les larmes qui inondent ses joues lui creusent la peau comme de l'acide. Ses doigts s’agrippent à sa peau comme si elle voulait l’arracher... elle se tire les cheveux... elle bouge les jambes avec de grands spasmes... et sa cage thoracique se soulève avec de grands bonds. Elle tousse à s'en étrangler. Ses mains agrippent autour de sa gorge. Dans toute sa douleur, elle sent quelque chose monter à l'intérieur d'elle. Petit à petit, sa peau bleue se ternit d'une couleur plus pâle. Les larmes qu'elle verse nettoient les déchets qui encombraient ses yeux. Les cris qui sortent de sa gorge épuisent son timbre monstrueux, le rendant plus clair. La chose prend plus de place dans son corps. Ses cheveux retrouvent leur couleur... et alors... son cœur se met à battre.
Tout autour de nous, les murs de marbre blanc du Walhalha s’écroulent silencieusement. Les ombres qui couvraient le sol se dissipent… et les cercles lumineux du Sceau d’Orichalque s’éteignent lentement. Bientôt, il ne reste plus rien. Juste moi... moi et Yüki.


«Yüki... ne reste pas par terre.»





#7 Posté 09 March 2018 - 02:50 AM Par Yüki

  • Yüki
  • Maître du jeu
  • La plume

  • 601 messages
  • LocationQuelque part

Image IPB



La douleur


Elle emplit mon corps entier… Non, c'était pire que ça. On me torturait, on m'arrachait la peau, brûlée vive, étranglée par une corde en nylon… Je suffoquais, je criais, j'hurlais, je me noyais dans mon sang. J'allais mourir… C'était sûr… J'allais les rejoindre pour de bon… J'avais perdu mon humanité, j'étais devenue le monstre qui sommeillait en moi. J'avais bafoué littéralement les textes sacrés en devenant ce monstre, en devenant elle. Ma peau, elle me démangeait, je me grattais, je m'écorchais la moindre parcelle noire qui m'enveloppait. Je retirais avec mes griffes violettes les morceaux du monstre que j'étais devenue, je déchirais comme je le pouvais ces parties qui m'obscurcissaient la vue.



Le froid


J'avais froid, extrêmement froid dans ce corps. C'était vide, glacial. Il m'était incapable de faire un mouvement sans souffrir le martyr. Incapable de parler sans cracher un liquide noirâtre. Incapable de reprendre mon souffle tellement la douleur était atroce. Je suffoquais encore et encore.



La mort


Mes larmes coulaient toutes seules suite au coup violent de cette torture mentale et physique… J'avais envie que d'une chose… C'était de mourir, en finir avec cette souffrance. Je voulais quitter ce monde à ce moment précis, j'aurais tant aimé qu'on me tue pour abréger ce châtiment démoniaque que je recevais à coup de fouets… Un fouet aussi épineux que des roses et aussi tranchant que des lames de rasoir.



La vie


Petit à petit… Je voyais mais avec beaucoup de spasmes… Ma vue n'était plus noircie de Chaos, elle était parfaitement limpide et claire. Ma respiration ? Je n'arrivais toujours pas à réadapter mon souffle à mon corps, c'était comme si… Que pendant quelques minutes j'étais totalement morte et que je revenais à la vie. Que pendant ce petit laps de temps où je m'étais changée en cette chose, on m'avait totalement rayée de la surface de la Terre. Je cherchais l'air afin d'en inspirer un maximum tout en m'agrippant à la terre qui se trouvait devant moi, tel un noyé reprenant son souffle douloureusement après une réanimation. Je crachais plusieurs fois, des crachats cramoisis. J'essayais tant bien que mal à me lever, j'en étais incapable, je retombai sur moi-même. Ma force m'avait totalement quittée tout comme elle. Je n'arrivais qu'à peine à penser de façon raisonnée. J'ai mal…. J'ai mal… J'ai mal… Extrêmement mal… Mon cœur se remettait à battre, je l'entendais taper frénétiquement à ma cage thoracique, il battait à la chamade. Chaque battement était pour moi un nouveau souffle… J'étais encore en vie, mais pour combien de temps ? Ma vision était trouble. Mon gestuel incertain et ma parole inexistante. Je me mettai enfin sur le dos… Je ne savais même pas comment j'avais réussi cette prouesse, je voyais toujours trouble. Impossible de distinguer correctement ce qui se tramait au-dessus de moi. Mes yeux se réimbibaient d'eau, ma vue était devenue humaine. Je soulevai tant bien que mal l'un de mes bras pour voir une chose… Une seule et unique chose. Ma main. Elle n'était plus noire, je n'avais plus ces bagues, ces griffes et ces veinules pourpres qui parcouraient ma peau. Non. Elle était blanche, plus blanche que la normale… Je n'arrivais même pas à voir si mes cinq doigts étaient encore présents sur celle-ci. Je tremblais comme si j'étais atteinte de Parkinson.



La lumière


Une lueur se profilait entre les interstices de mes phalanges. Je ne savais pas si je pouvais croire à ce que je voyais réellement. Je clignais les yeux, une fois, deux fois puis une troisième. Les larmes contenues dans mes pupilles se sont toutes mises à couler en même temps… Elles étaient retenues par ma propre peur de fermer définitivement les yeux. J'avais peur de trépasser au final. Ma vision était aussi cristalline que l'eau des caraïbes. Un autre voile se mettait en place, celui de la rupture. Mon corps ne voulait plus bouger d'un seul pouce, rien ne répondait et je n'arrivais même plus à envoyer une seule information. Seule. Mes yeux étaient encore ouverts avec ma simple volonté… Comme si… Ils cherchaient à vouloir voir quelque chose avant de se reposer pour de bon. Et la dernière chose que j'ai vu… Me réchauffe et me glace le sang… C'était à peine croyable et pourtant… Je ne pouvais que le croire. Sa nature n'était plus secrète pour moi… Non… Mais c'est aujourd'hui même que j'ai compris ce qu'il était vraiment, ce qui le différenciait de nous humains… Qu'est-ce que je pouvais être conne à dire que nous ne sommes pas si différents… Sur l'instant présent… Je me demande vraiment, si ce n'est pas un ange venu nous sauver des monstres qui nous entourent. Ces ailes. Cette armure qui reflète une lumière aussi divine que les paroles de Dieu et ces yeux… qui brillaient tel deux phares qui nous guidaient, nous humains, vers le droit chemin. Sur ce moment précis, on aurait dit un Dieu. Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il disait mais pourtant… Je voyais très clairement ce qu'il sous entendait à travers ses lèvres. Ne reste pas à terre. Je sortais un mot… un seul et unique mot à cet envoyé divin.



Mer…ci


Puis plus rien, Aschérit devenait trouble, ma vision s'assombrissait de nouveau et je tombais une nouvelle fois, dans un sommeil profond. La rupture totale.

Blanc… Tout était blanc autour de moi. Aucune parcelle n'étaient noire. Il n'y avait aucune once de ténèbres dans cette toute nouvelle salle. Je ne me souvenais plus que cet endroit existait encore… Et pourtant je l'avais connue, il y a une décennie. J'étais tout simplement face à une pureté sans nom. Cette salle signifiait le renouveau.



"Yüki qui es-tu ?"


La voix résonne dans ma tête. J'étais incapable de placer un nom sur celle-ci. Qui suis-je ?

Des rires… non pas malsains… Mais enfantins résonnèrent ici même, je tournais la tête. Ces rires… Il appartenait à une petite fille, elle souriait à pleine dents, elle courait sans se soucier de ce qu'il y avait devant… Elle vivait sereinement. Cette fille… C'était moi. Il y avait un poursuivant… Ce n'était pas ces traites, non, non, non. C'était mon père qui lui courait après, aussi souriant que ce petit bout de vie. Les rires étaient tellement poignant que je lâchais des larmes sans retenue, ce n'était pas de la peine… Mais de la joie, un bonheur de revivre ce moment… Juste de le revoir encore une fois dans ma vie. Je pleurais certes mais je ne détournais pas le regard de la scène… J'admirais cette fille qui avait une famille parfaite. Une voix féminine fit tourner les deux têtes et moi de même. Non… Maman… Je m'approchais d'elle en levant mon bras vers la personne à qui je tenais le plus. Je parlais mais aucun son ne sortait de ma bouche, alors j'avançais vers ma mère dans l'espoir de la toucher, dans l'espoir qu'elle me voie, qu'elle me sourie. La petite fille était allée plus vite que moi et elle enlaçait sa mère tandis qu'elle souriait encore. La famille était au complet… Et moi. J'étais seule de mon côté.



"Vie"


Trois voix différentes, trois personnes différentes. Ils m'avaient adressé la parole, juste un mot… Un seul et minuscule mot. Et comment je peux faire sans vous hein ? Comment je peux vivre sans votre amour, votre éducation… votre présence ?! Ils ne me répondaient pas, mais leurs yeux observaient derrière moi. Des silhouettes sombres se dessinent dans le décor blanc comme des petites tâches d'encre qui se forment sur un buvoir, puis petit à petit des formes se créent pour avoir une tête, deux bras, deux jambes puis… Des couleurs, des cheveux, des yeux, des habits et un sourire… Tous ceux en qui je plaçais ce petit grain de confiance dans mon cœur. Ils sont présents, presque en ligne. Nayel, Aschérit, Zhu, Lena, Kawaki et bien d'autres personnes, je ne les comptais plus. Ils étaient tous là…



"Famille"


C'était ma nouvelle famille… Voilà ce qu'ils voulaient me dire à travers ce mot. Non… Non.. Non… Vous n'êtes pas remplaçables ! Je me retournais vers eux mais ils n'étaient plus qu'à une dizaine de mètre mais juste devant ma personne. Je levais la tête, légèrement surprise, vers mes géniteurs puis dans la seconde d'après ils m'enlaçaient… Me faisant fondre en larme sur le coup, je souriais… Heureuse de les avoir revues… Ne serait-ce qu'une dernière fois. Je ne sais combien de temps cela dura, une minute ? Une heure ? Une éternité ? Mais j'étais épanouie, aussi sereine que cette petite fille. Ils se reculaient légèrement, souriant et plaçaient leurs mains vers une chose qui m'avait été prise par un monstre… Mon cœur. Je vais continuer à vivre, je vais continuer à me battre et quand l'heure viendra… Je vous rejoindrais, Papa… Maman. Un dernier sourire avant de me tourner le dos, prenant la petite fille par les mains. Je ne remercierais jamais assez Aschérit… Je lui devais une dette colossale. Je fis volte-face aussi… Ma place n'est pas encore au paradis, j'ai affaire dans les deux mondes. D'un pas assuré je rejoignais le groupe des vivants. Je vais me battre… Pour mon avenir, pour notre futur… Pour notre humanité… Et pas pour le Chaos. Je deviendrais plus forte quitte à devenir aussi forte que cet ange qui m'a sauvé mon âme. Je deviendrais une déesse, non pas du Chaos… Mais celle qui mettra fin à ce Chaos même, j'éradiquerais ce mal qui semble bien plus proche qu'on ne le croit. J'étais vers la ligne de personne, je me retournais une dernière fois vers là où était mes parents… Ils avaient disparu. Je n'avais aucun chagrin. Une dernière personne rentre dans la pièce blanchâtre. Sensei. Je m'inclinais poliment et il faisait de même avant de partir, lui aussi, rejoindre sa place. Je restais incliné le temps qu'il disparaisse de ce monde et que moi… Je revienne dans le vrai monde.



Allez Yüki. Réveille-toi.








0 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 membre(s), 0 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)