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#1080 19 Février 2018 : Humour tranchant

Posté Yüki - 25 March 2018 - 12:34 AM

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Tuer ? Est-ce que j'ai déjà… Tuée ? Moi ? Yüki Onna, j'ai déjà tuée ? Non… Non. Je n'ai tuée personne. Oh non, bien sûr que non. Je ne les ai pas tuées eux… Je les ai massacrées… Oui… J'ai massacré ces traitres avec mon seul et dernier ami ce jour-là. Combien ? Je ne sais plus, je ne les comptes plus ces voix, ces plaintes, ces cris, ces demandes de pardon… Je crois que c'était la meilleure chose que j'ai entendu ce jour fatidique. "Non… Ne me tue pas… Je t'en supplie, épargne-moi" Disaient-ils en sanglotant… Et on parle de samurai aguerri ? Je leur avais tous tranché le seul lien qui les liait à la vie… Sans aucun remord… Sans aucune once de mansuétude, j'en n'avais plus ce jour-là… De la pitié. Donc à la question : As-tu déjà tué, auparavant ? Je répondrais simplement…

"Peut-être que oui... Peut-être que non..." Je ne devais pas être franche face à ce taré de premier ordre… Si je l'étais, il m'aurait fait je ne sais quoi pour en savoir plus sur moi. Par précaution je mémorisais chaque recoin, chaque emplacement d'arme. A ce moment-là j'étais prête à faire encore une fois face à la mort elle-même… Non… J'étais prête à prendre sa faux pour trancher tous les liens de vie de ce pantin moqueur qui se trouvait en face de moi. Enfin… En face de moi… Il était partout, autour. Son aura déglutinait de malveillance et de monstruosité. Je le sentais, ça m'oppressait. Pourtant, je ne prêtais plus attention à cette puanteur abjecte. Pas parce que je n'avais pas envie de la sentir… Bien au contraire, j'étais totalement habituée à cette odeur de mort et de cruauté. Celui qui se trouvait dans ma boite pouvait en témoigner. Il se redressa… Les ficelles qui lui sont attachées étaient tendues, le marionnettiste allait enfin conclure sa pièce horrifique. Pourtant, les yeux inanimés de la chose qui me faisait face reflétait une envie terrible de faire plus mais quelque chose le bloquait dans ses pensées aussi morbides que ces corps boursouflés de vers dévorant le peu de tissus restant du cadavre inerte. Un peu comme son sourire en fait, il dévore le peu de bonheur qu'il vous reste réduisant à néant… L'espoir.

"Je n'en attendais pas moins de toi. Tu peux disposer. Que je ne t'y reprenne plus, Yuki." Un autre fil se tend, l'index du pantin se lève dans ma direction. Dans des cas normaux on pourrait dire que c'est juste une personne qui pointe du doigt… Sauf que lui était tout sauf normal, ce signe, même infime et ridicule, accentuait ce sourire perfide. Ce petit geste voulait forcément dire quelque chose, il ne faisait pas de mouvement inutile… Il y avait quelque chose qui cloche, mais quoi ? Devrais-je… Mettre un terme à tout ça ? Maintenant ? Ça serait trop risqué… Et… Non… non, non, non, non ! Je ne tuerais plus jamais personne… A moins… D'y être forcé. "Il n'y aura pas de prochaine fois... Je lui parlerai avant, nous avons une discussion importante à avoir entre... Adulte." Je le fusillais du regard la marionnette, à quoi bon ? Il ne ressent rien ? C'est un cœur vide dans un corps de bois. J'étais sûre que même le tuer mettrait son plaisir infect à son paroxysme… Je n'allais pas lui offrir un tel cadeau… S'il veut jouer, il n'a qu'à trouver d'autre pantin à manipuler, je ne suis pas une poupée et encore loin manipulable par de simple humain médiocre tel que lui… Saleté d'humain… Je contenais une certaine colère envers cet énergumène, je ne voulais pas d'un autre bain de sang… C'était dans un mouvement décidé mais aussi calme que je rangeais mon sarcophage dans mon sac tout en mettant celui-ci à mon bras. Le clown continuait à regarder le couteau qui se trouve sur la table, pensant sûrement que le marteau entre ses mains n'était pas assez… Dangereux ou coupant… Dans un soupir j'attachais mon katana à sa place vérifiant à petite couture l'intégralité de mes affaires… Je n'avais pas envie d'oublier un de mes objets ici car pour rien au monde je reviendrais parler avec ce monstre. "Pouvez-vous ouvrir la porte, vu qu'elle est fermée à clef ?" J'étais maintenant debout à côté du sofa, seul les dents blanches de ce cinglé brillaient à l'unique lueur laiteuse qui perçait le feuillage des arbres.

Il prenait son temps pendant qu'il sifflait gaiement une mélodie loin d'être harmonieuse, un supplice de plus à endurer. Plusieurs petits bruits métallisés accompagnaient le mauvais rythme de sa musique puis, les longs doigts farouches me tendaient plusieurs paires de clef fraichement sorties de la longue poche de sa tenue atypique. "Tiens, tu seras bien plus rapide. Laisse la clé sur la porte, j'irai la chercher en temps voulu" Même encore maintenant, je ne savais pas si ses mots étaient vrais ou un mensonge de plus… Je prenais le trousseau et m'inclinait envers cet homme, ce pantin, cette abomination du démon. Ce n'était qu'un signe de respect… Mais pour moi cela voulait dire autre chose, comme pour mes entraînements au sabre, je m'inclinais pour mettre fin le combat. Dans le cas actuel, c'était une bataille de terminé mais la guerre risquait encore de durer plusieurs années. "Passez une bonne soirée Monsieur Nagezaka" Je tournais les talons à mon adversaire, pourtant je gardais toujours cette impression qu'il me regardait de toute pars… Comme si ses yeux et son sourire se dessinaient perfidement dans les ombres de la pièce, guettant à chaque instant mes moments de faiblesse.

"Maman est en haut qui fait du gâteau… Papa est en bas qui fait du chocolat, Ton Sensei est en haut qui fait des chapeaux Les fidèles sont en bas qui font des nougats..."

Qu'est-ce que c'est que ce bordel… J'étais sur le point de tourner la clef mais ma main était comme figée sur celle-ci. Un frisson me parcourait le dos… Il savait qui j'étais ? Non ce n'était pas possible… Il avait fait exprès de chanter cette contine revisitée ? Je ne crois pas aux coïncidences… C'est forcément lié… Il savait, comment ?!

"Faites dodo mes frères, faites dodo je veille au tombeau..." Le temps d'un instant il se coupa. Mon cœur se serra... As-tu déjà tuée auparavant ? La phrase me revenait… Il savait surement qui j'étais. Qu'est-ce que je devais faire ?

"Tu ne t'en vas pas ?"


Un sursaut imperceptible, les frissons s'accentuaient, ils étaient froids, épineux et terriblement terrifiants.

"Je voulais juste écouter la fin de votre chanson... Cela m'intriguait à vrai dire" Je tournais la clef pendant que mon mensonge arrivait à l'oreille indiscrète du clown diabolique. Comme pour une réponse à une question non posée, le pantin articula sa longue mâchoire pour sortir des mots presque moqueur et sale. "C'était un prisonnier qui me l'avait chanté. Il a été condamné pour massacre."

Massacre… Un prisonnier ?! Il en restait un en vie ? Non… Pas possible… Je les ai tous tuées, il n'y avait aucun survivant… De mon côté comme de leurs côtés. S'il en restait un… Ma main serra la poignée avec une telle force que j'eue cru entendre le métal se disloquer… Non, c'était mon imagination, je m'imaginais de sortir une nouvelle fois mon ami pour massacrer le dernier traite. Le doute ne devait pas m'envahir… Sinon cela voulait dire qu'il aurait gagné et jamais il ne gagnera contre moi, la déesse du Chaos… J'inspirais une fois, évacuant ainsi toutes ces pensées absurdes. Il n'y avait aucun survivant et aucun fuyard, je m'en étais assuré à deux fois avant de tomber à mon tour. "Je vois... Ne restez pas trop dans les ténèbres, vous risquerez de chuter si vous ne voyez pas où vous marchez et je n'aimerais pas que vous vous blessiez…" Cela serait dommage d'abimer ce jouet avant même de l'avoir essayé… Ma phrase n'était en aucun cas sincère. "J'aime marcher dans l'obscurité. Elle est pleine de surprises et de chimères avec lesquelles on se familiarise vite. On ne sait jamais où est-ce qu'on va avec elles et c'est ça qui est excitant." Un autre frisson me parcourait la colonne vertébrale, il était plus intense… Je pouvais sentir un agacement ou alors un rictus nerveux sur le visage du pantin. Le marionnettiste a changé sa tête en quelque chose de plus affreux. "Par contre, nous n'avons jamais réussi à attraper le deuxième tueur de ce massacre... Il se sentait seul dans cette cellule... Le pauvre"

Un sourire arborait mon visage, il dessinait une sorte de contentement mais aussi une panique. Si jamais il apprenait que c'était moi, qui sait ce que j'adviendrais après sa découverte ? Et puis… Pourquoi je panique ? Il était aussi menteur que moi en ce moment, il bluff… C'est un jeu comme il avait dit. Et il n'avait pas dit une seule fois quand celui-ci s'arrêterait. La traque du chat à la souris continuera, jusqu'à qu'il y en ai un des deux qui réussisse son objectif : Attrapé ou fuir. Je ne comptais pas fuir, ce n'était pas mon genre… Mais qui avait dit qu'une petite souris ne pouvait pas battre le gros matou ? "Vous êtes bien étrange..."

Non le jeu n'est pas terminé Monsieur Nagezaka… Nous nous reverrons, j'en suis sûre et certaine… Et la prochaine fois l'humour utilisé par votre fine bouche sera aussi tranchant que ma lame qui ouvrira votre cou en sang. C'était plus qu'une bataille prof – élève. C'était une boucherie entre deux monstres de très haut niveau, dépassant peut-être celui des dieux eux-mêmes. Je lui ai fait voir mon monstre, ce que j'étais partiellement. Qu'en dites-vous Monsieur Nagezaka de ce meurtrier sans âme ? C'est dans les couloirs éclairés de l'académie que je prenais le chemin de la cafétéria… Un sourire peut-être plus grand que ce taré, ce jeu m'amusait ! Je veux connaitre la suite des évènements… Peut-importe s'il y a des morts pendant la session… Je gagnerais quoi qu'il en coûte.